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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 15:48
Deux fois l'an, l'heure varie. A l'automne (c'est l'heure d'hiver), on gagne une heure de sommeil, au printemps (c'est l'heure d'été), on avance la pendule d'une heure et on perd une heure de sommeil. Dégâts assurés sur l'horloge interne de chaque individu. Oui, le plus dur, c'est le passage à l'heure d'été alors qu'on rêve de rester encore un peu sous la couette, bien au chaud dans le petit matin frisquet.
Tout ça, parce que l'Europe a décidé de faire des économies d'énergie. Lesdites économies ne se réduisent-elles pas à zéro ? Certains l'ont susurré, murmuré, psalmodié, mais ont fini par se taire : les directives doivent être suivies et tant pis si l'on en souffre.

Pourquoi économiser seulement l'énergie ? Quand on regarde de près le gaspillage en eau pour nettoyer les villes, remplir les piscines publiques ou privées (et tout ça sur le raccordement de l'eau potable), on se dit que là aussi il faudrait bien envisager des mesures draconiennes. D'ailleurs, à bien y regarder, la fée électricité est assez dépensière, notamment pendant les festivités de fin d'année, en début de règne, aux inter-règnes, et autres manifestations de la gloire nationale. Qui ne se souvient pas de la Tour Eiffel (un monstre sacré) illuminée pour fêter la présidence européenne par notre représentant en chef ? Tout comme il a été frappé une monnaie (très moche) afin de célébrer cet événement. Là encore, était-il besoin de dépenser les deniers publics ? Quant au reste des dépenses : voyages à l'étrangers au moindre prétexte, réceptions somptueuses, vacances aux frais de la princesse.... Il vaut mieux se taire, cela fâcherait le roi.

Bref, on change d'heure depuis des années, invariablement sans que cela nous apporte quelque chose de plus. Sinon des réveils malencontreux qui nous laissent un goût pâteux dans la bouche. Malgré l'habitude vieille désormais de plusieurs années, l'adaptation prend quelques jours, on est grincheux, mal dans sa peau. Jusqu'au moment où notre corps se résoud à l'idée qu'il n'a pas le droit de protester, alors il se plie à cette coutume contre nature et continue de fonctionner vaille que vaille.


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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 19:44
Le Royaume de France se serre la ceinture. Pendant que les serfs cherchent des solutions à la diminution de leur pouvoir d'achat, le palais royal augmente son budget. Normal, le roi se déplace et draine à sa suite ses courtisans. Ses voyages se multiplient, il dépense une énergie admirable pour tout. Il coure à droite, à gauche, s'affaire, se rend intéressant, morigène les autres grands de ce monde, admoneste les usuriers, les somme de redorer leur blason, interdit aux baronnets de s'octroyer des dimes outrées.
Les caisses sont vides entend-on dire par les hérauts du roi. Pour les remplir, il ne manque pas d'imagination et lève de nouveaux impôts. Son ingéniosité est surprenante. Où va-t-il donc chercher ces idées démultipliées ? Il parle d'économies et dépense sans compter. Il régale sa cour, s'invite ailleurs, se répand en bonnes paroles, empreint d'une componction religieuse. Quel homme !  Il est incroyable.

La petite dernière de ses trouvailles et pas des moindres, surtaxer les plus démunis. Plus de niche fiscale a-t-il prôné. Une belle trouvaille ! Ceux qui échappaient à la gabelle télévisuelle  parce que le bailli ne pouvait les imposer, désormais, cette niche fiscale (une grosse part de la population) est enfin dénoncée et remplacée par un impôt de plus en plus direct. Et franchement pas discret. Entre ces deux impôts, c'est, dans le meilleur des cas, le tiers du budget  mensuel d'une famille. Pas mal comme coup ! Ca, c'est vraiment un trait de génie. Eh oui, les coffres doivent se remplir coûte que coûte. Tant pis pour les serfs qui n'ont même plus le droit de se divertir pour oublier leur misère quotidienne.

Le royaume de France n'a pas su se prémunir contre son potentat. D'ailleurs, ils l'ont acclamé lorsqu'il est monté sur le trône. Ils ont cru au mirage de ses promesses, oublieux que les précédents souverains avaient eux aussi promis le Pérou alors qu'ils n'octroyaient que l'enfer. Et cet enfer, aujourd'hui, est pire que les précédents. Et ce n'est que le début des désillusions et de l'amertume. Demain sera pire et après-demain encore davantage.

Bon, il faut se faire une raison : le roi a toujours raison.

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 17:32
Marrant, non, cet affairisme des gouvernants qui s'ingénient à trouver les solutions-miracles ? Apparemment, la remise en question ne réside pas dans le fait qu'on cherche le moyen qui permettrait à la planète financière de ne pas entraîner dans sa chute petits, moyens et gros épargnants. En fait, rien n'est remis en question réellement. En France par exemple, il est question de privatiser la Banque Postale alors qu'ailleurs, on ne fait que nationaliser des banques plus importantes en pleine déconfiture. L'incongruité de la démarche française échappe à ceux qui préconisent la privatisation d'un organe qui gère à la fois des activités bancaires mais aussi assure l'acheminement du courrier.

La poste, une institution déjà démantelée puisqu'elle sous-traite les colis. Ah, ce colissimo qu'on attend pour Noël et qui n'arrive jamais à destination... Encore un effet injustifiable qui prive des enfants de leur cadeau. Ca donne à penser  que la privatisation de cette poste chère à tous les français engendrera d'autres égarements. Et les timbres-poste, ces petites choses qu'on colle sur les enveloppes, privilège de l'état, taxe obligée pour joindre les siens ou régler ses impôts, qui désormais gèrera leur distribution ? Certes, les buralistes sont des relais, mais ne disposent pas de stocks aussi inépuisables....

L'état semble gérer à la petite semaine les problèmes que la crise actuelle jour après jour engendre  ne semble que savoir replâtrer des fissures qui sont davantage des gouffres insondables que de légères cicatrices dans l'édifice savant de notre société. Ce ne sont ni les phrases grandiloquentes, ni les bons sentiments affichés qui permettront de s'en sortir. N'y a-t-il pas déjà eu l'évocation de la fracture sociale, moteur d'une campagne, puis le pouvoir d'achat à sauvegarder,  motif d'une autre campagne ? Qu'en sera-t-il de la prochaine puisque les élites se déchirent pour obtenir le pouvoir, sont incapables de s'unir pour faire front d'une seule voix et répondre aux inquiétudes de la population ? Quelle confiance avoir puisque tout n'est que mensonge et suffisance ?

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 12:04
L’humeur chagrine faisait peser comme une chape sur les journées. Tout allait de mal en pis. Depuis le passage à l’euro, la vie avait augmenté un peu trop. Un peu trop ? Mais Jacques, elle a augmenté – et ce n’est qu’une moyenne – de 30%. Connais-tu ce qu’est le panier de la ménagère ? Avant l’euro, quand elle se rendait au marché, les patates s’achetaient 10 boules par 3 kgs. Avec l’euro, c’est désormais 2 euros les trois kilos. Et pas seulement les patates, n’importe quel légume est désormais à 2 euros en moyenne (il faut savoir à quel étal s’arrêter, choisir méticuleusement ses producteurs. Pas question de se rendre chez les revendeurs !). Sais-tu Jacques à quel prix ils achètent leur marchandise au marché-gare : 30 centimes le kilo. Cela ne les empêche pas de revendre le moindre kilo à …………….. 1,80 euros. T’as vu la culbute ? Ce n’est plus ni trois, ni quatre, mais six fois le prix d’achat. Que crois-tu que pense la ménagère ? Elle râle. A juste titre.

De qui te moques-tu Jacques ? Et toi Nicolas, qu’en penses-tu ? Ta femme ne va pas faire les courses, elle envoie la bonne, ah non, pardon, elle se fait livrer. Et bien contente, parce que pour elle, ça augmente aussi, mais vu ton salaire, elle ne sent pas la différence. D’ailleurs, elle ne tient pas de carnet de comptes, elle n’aligne pas ses achats, n’additionne pas en bas de chaque colonne, ne reporte pas le solde à la page suivante, elle ne compte pas. Avec ton salaire de ministre (un mois de ton salaire représente l’actif annuel du contribuable commun), tu n’as pas de souci financier. A ta table, on se régale sans se soucier de ce que la France d’en bas (tu sais encore qui a créé cette expression méprisante concernant 99 % de la population française ?) ruine son porte-monnaie, passe son temps à se demander si elle prendra des vacances, si elle enverra ses enfants dans des colonies, si elle campera ou ira à l’hôtel, si elle changera la voiture cette année, achètera une nouvelle machine à laver le linge, si elle bouclera son budget mensuel... La France d’en bas, Dominique, transpire à tout va, calcule, espère mais ne peut que constater que tu te moques bien d’elle, que tu n’as cure de ses soucis et que puisque toi, tu t’achètes de beaux costumes, exhibe des cravates hors de prix, arbores des chemises dignes d’un roi, elle n’a plus qu’à se la fermer. Elle subit, Monsieur le Député, Monsieur le Ministre, Monsieur Le Président, elle subit, cette France d’en bas, l’abus de ton pouvoir, ton goût pour la richesse, tes salaires indécents, tes dépenses excessives et ta morgue. Et dire que cette France-là, c’est elle qui a fait 1789. Ah, le son du tambour, le bonnet phrygien, les pantalons à rayures, les piques qui s’ornaient de têtes fraîchement coupées à la guillotine …!!!

La France d’en bas, celle qui fait le sel de vos victoires ou de vos déconfitures politiques, la France d’en bas murmure. La colère est encore sourde mais elle se fait entendre. Elle enfle à mesure que vous abusez de votre pouvoir, elle gronde encore en aparté, hésite encore à se rassembler, mais elle y parviendra : le mécontentement est généré par votre incurie, votre morgue, votre insuffisance et vos échecs. Eh oui, Jacques ! Ou Nicolas ! Ou Dominique, toi, et les autres cristallisez le mal ambiant, demain la guillotine risque de réapparaître sur les places publiques et de donner un spectacle sanglant à la foule déchaînée, ivre de sang parce que souffrant d’appauvrissement. Vous lézardez la République, et Marianne également n’apprécie pas votre conduite. Vous trahissez à qui mieux mieux les traditions républicaines, vous enterrez les uns après les autres les acquis sociaux. C’est un mal très français, paraît-il, cet amour des acquis sociaux, fruits de la lutte acharnée du petit peuple qui crevait de vous voir faire de la graisse sur son dos, pendant qu’il crevait de faim.

Le Panem et Circenses n’est plus de mise. Tout le monde veut son frigo, sa télé, des vacances, des loisirs, moins travailler. Vous réduisez, piétinez le sel de la vie de la France d’en bas. Vous ponctionnez sans vergogne ses économies. Que veux-tu Jacques ? Fallait pas parler de la fracture sociale. T’as été élu parce que tu as brandi le fantôme de Le Pen, prédit le retour en arrière, au fascisme délirant de la belle époque de Vichy. Tu t’es gourré mon gars. La France, la vraie, la seule, elle veut vivre bien. Et si l’Europe lui fait peur, c’est de ta faute. Tu fais des promesses et tu ne tiens jamais tes engagements. La France d’en bas veut bien te pardonner tes frasques, ta gestion désastreuse, mais elle n’accepte pas d’être flouée par tes bons sentiments. T’es un sacré comédien, tu passes du rire aux larmes face aux caméras, sans sourciller. Ce qu’elle veut la France d’en bas, c’est pas un guignol, un pantin désarticulé, ce qu’elle veut c’est vivre décemment et pas voir des pignoufles s’empiffrer sur ses économies. La France d’en bas n’est pas une éternelle vache à traire, elle a besoin de considération, elle veut que tu arpentes les marchés avec son budget rétréci, que tu te demandes jusqu’à quand tu seras pressuré par les impôts directs et indirects, que tu cuisines des binjes à 1,50 euros et non des rattes à 20 euros, que tes pommes soient aussi farineuses que les siennes, que les baguettes à plus de 80 centimes disparaissent de ta table pour faire place à un pain surgelé bon marché qui durcit à peine sorti de son enveloppe plastique. Elle veut que tu t’assoies à sa table, allez Jacques, pour une fois, descends vraiment dans la rue, regarde ce qu’il y a autour de toi, imagine-toi dans la peau misérable de monsieur tout le monde qui compte, recompte, décompte et ne s’en sort pas. Les vaches maigres, tu sais, c’est formateur, t’en oublies presque que tu vis comme un miséreux, tu sais qu’au fond, tu n’es pas aussi malchanceux que ça, que d’autres connaissent des difficultés bien pires. Tiens, les SDF, autrefois, ce n’étaient que des clochards, ils étaient répertoriés facilement, aujourd’hui, ils sont une masse informe, si compacte qu’on ne peut plus les dénombrer. Tu devrais les fréquenter ces sous-hommes sans domicile, sans travail, sans papier souvent, ces exclus qui gênent la circulation sur les trottoirs, qui tendent la main, horrible plaie sociale, et qui gênent le bon cœur des braves gens. Et qui paye au quotidien cette hérésie financière ? Pas toi, bien sûr, à l’abri des hauts murs de ta demeure, mais cette France d’en bas, généreuse et ouverte qui défend le bifteck du voisin comme le sien quand il brandit des pancartes, quand il fait grève et qu’il proteste. Ecoute-le, mon vieux, tu verras, c’est pas aussi simple que tu le crois. Ils sont là les ridiculisés de la politique libérale et leur colère augmente à mesure que tu t’engraisses.

Ce texte a été écrit 15 jours avant le référendum de la Constitution Européenne. Prémonition ? Peut-être. Ces phrases restent d'actualité même si les acteurs de l'époque ont changé de rôle ou ont disparu du devant de la scène politique.


 

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 15:14

Plus beau que le père mais certainement les dents aussi longues.

C’est quoi cette apparition soudaine du fils de… dans le fief du père ? Nouvelle lignée qui a pris goût au Pouvoir ? Vraisemblablement. N’est-ce pas lui déjà dont le scooter avait été volé et pour lequel toutes les polices de France étaient sur les dents à la recherche du voleur ?

Aimerait-il donc qu’on parle de lui ? De quel manque souffre-t-il pour s’afficher aussi facilement ? Cet inconnu d’hier dont le nom est de plus en plus cité, qui mène la fronde contre le dauphin logique du père et qui s’impose effrontément dans les médias.

Un père qui sert d’exemple en la matière et qui a su convaincre le fils que tout passait par l’image.

A quand la succession dans le royaume de N. ? A quand la fronde contre le père ? A quand la prise de pouvoir par destitution ?

Une nouvelle dynastie est née et prend figure de la jeunesse avec toupet.

Tel père, tel fils, dit-on facilement. Ce ne serait donc pas tout à fait une blague ?

Elu dès le berceau sans doute, promis par filiation – dont il sait déjà tirer parti – à un destin national.  A quand la restauration de la monarchie ? Et combien lui faudra-t-il de reines pour laisser un nom dans l’histoire ? Sans doute beaucoup plus que son père qui prend, utilise, puis jette sans complexe l’épouse précédente pour tout aussitôt s’acoquiner avec une autre. Tous les germes de la succession sont sous les yeux de la nation. D’ailleurs, le père redore son blason à la cour d’Angleterre. Pas mal comme coup médiatique ! Tout le monde attendait la bavure, mais rien. Rien que du protocole et de la distinction. Entre gens du monde, vous comprenez…

Ah, le népotisme ! Il a encore de beaux jours devant lui et rien n’arrêtera l’ascension du fils après le père parce que le pays aime le clinquant, vénère ceux qui parlent le plus fort, accepte tout sans comprendre la main mise sur tous les pouvoirs.

En d’autres temps, le père n’aurait pas été couronné et sa tête aurait figuré au palmarès des piques.

La grimpette a commencé très tôt, sur les bancs de l’école où il fallait être le premier pour faire oublier son aspect ingrat, sa petite taille et sa bouille qui, déjà, n’était pas celle d’un enfant. Que de revanches à prendre quand on est difforme et déplaisant !

Le fils présente mieux que le père, les traits sont plus fins et la taille normale. Rien à voir avec le nabot de géniteur. Mais quelle claque pour lui si le fils parvient au sommet en le destituant !

On n’agit que par l’exemple et très tôt, cet enfant a su tirer les leçons de l’ascension paternelle. Pas de doute, il a emprunté le même chemin et ce n’est pas pour rien qu’il use de son nom pour se faire connaître et reconnaître. Pour l’instant, il se contente d’être élu et ne tente pas d’autre aventure. Mais jusqu’à quand ?

Tout cela serait dérisoire si, en filigrane,  on ne devinait pas déjà le danger potentiel d’une prise de pouvoir familiale. Rien n’est jamais anodin, au contraire. Le fils aurait-il pu agir ainsi sans l’aval de son père ? La question reste en suspens. Pour l’instant….

 

 

 

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 15:07

Tout d'abord - mes souvenirs sont flous, mais il me semble qu'il s'agit là de la formule consacrée, et non pas sacré con, pour commencer une discussion - Bonjour très chère mère,

Le travail avance, et je profite de ma pause de midi pour vous écrire quelques (sic) lignes. Comme je vous l'avais dit hier, je me suis penché lors de mes moments libres sur le cas de cette association bien connue de fervents défenseurs de la moralité de notre jeunesse, j'ai nommé famille de France. Leur but avoué : protéger l'esprit fragile des enfants pour en faire des adultes responsables. Pour cela, bien entendu, il faut leur interdire, ou plutôt faire interdire, les jeux vidéos violents, jeux de rôle et autres inventions du diable créés pour pervertir nos petites têtes blondes. Il est certain qu'empêcher la jeunesse de s'amuser et de se défouler - soit dit en passant, mieux vaut sur un ordinateur ou une console que sur ses camarades ou ses parents - fera d'eux des adultes responsable et sérieux, bien qu'ennuyeux (et ennuyés !) au possible. Pauvres esprits fragiles, il est assuré que ce n'est pas de leur faute, s’ils s'inventent des jeux tous plus dangereux les uns que les autres pour se divertir - un certain monsieur foulard est appelé à la barre pour témoigner - mais bien de la faute des jeux vidéos. Et de la télé, bien sûr. Et des jeux de rôles.

Il va sans dire que ce n'est bien entendu pas de la faute de leur parents qui, cela va mieux en le disant ... ou plutôt mal ? - leur ont donné une éducation exemplaire. Ce n'est pas non plus la faute d'une quelconque faiblesse psychologique inhérente à l'enfant, nos petites têtes blondes sont parfaites, les gens influençables, ça n'existe pas en France. La preuve, le peuple français ne regarde pas d'émissions abrutissantes, ne vote pas pour des nabots fous, n'organise pas des parades ridicules qui dérangent tout le monde. Non. En France, les enfants, comme les adultes, sont sains, exempts de tout défaut psychologique. C'est bien de la faute du jeu de rôle, si un enfant se jette par la fenêtre après avoir perdu son personnage. C'est bien les jeux qui sont sournois au point de détourner du droit chemin les enfants contre leur volonté, et non pas ceux-ci qui ont envie de fuir leur vie sordide, de s'évader volontairement un moment de leur existence pour ne plus crouler sous les recommandations bienveillantes des parents et leurs attentes inaccessibles.

Non. C'est de notoriété publique, les jeux vidéos sont une création de Lucifer, ils devraient être tout simplement bannis de notre beau pays qu'ils entachent de leur souillure spirituelle. Je voudrais porter à votre attention que les dits enfants, dont les parents sont membres de cette magnifique association d'utilité publique qu'est FAF (famille de France, dans ses initiales remaniées habilement) ne jouent ni aux jeux de rôles, ni aux jeux vidéos et ne regardent probablement pas la télé. Ainsi, on pourrait croire que cette association a un but purement bénévole, voulant protéger les enfants qui n'ont pas la chance d'avoir des parents aussi parfaits qu'eux. Etrangement, on retrouve parmi les enfants de ces familles certains de ceux qui se livrent aux ci-dessus cités jeux dangereux - Mr foulard est demandé à l'accueil ! - s'achètent diverses substances illicites, merci maman et papa qui ne savent plus quoi faire de leurs revenus, et autres. Ainsi, contrairement à ce que pensent ces esprits éclairés incompris en leur temps - mais que l'on remerciera sûrement plus tard pour leur action ... ou pas - il n'est nul besoin de jeux vidéos ou autres créations tout aussi démoniaques pour qu'un enfant fasse ce qui lui chante. Nul besoin de cette oeuvre de Belzébuth pour entraîner une tête blonde au suicide. Quelques défauts mentaux, des parents trop protecteurs et trop confiants dans la perfection de leur progéniture suffisent à donner ce résultat merveilleux d'un enfant qui saute du troisième étage en imitant la galinette cendrée. Une question, cependant, subsiste que je me permettrai de poser, bien qu'elle puisse choquer les âmes sensibles. Mon âme à ce quelque chose de scientifique qui la pousse à finir son étude, à la mener jusqu'au bout. Dans le cas dudit enfant imitant la galinette, cendrée ou non, quelles sont les chances pour que ses parents soient des gens bien pensants dont notre glorieux pays est rempli ?

Cyniquement,
Votre fils

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Mon bonjour de fin d'après-midi.

Eh oui, cher fils, je suis sortie me promener (enfin, le mot n'est pas tout à fait idoine, mais il me convient tout de même). J'avais commencé à vous rédiger un message quand la sonnerie du téléphone, autre merveilleuse invention âgée de plus d'un siècle désormais, a retenti dans le silence de notre demeure. C'était Brigitte. Nous avons été coupées de notre conversation à plusieurs reprises. Je ne reprends donc que maintenant le fil de ce que je voulais vous exprimer.

Je note que désormais vous ne pouvez vous passer de communiquer avec votre mère qui apprécie ces moments privilégiés en votre compagnie malgré ou grâce à votre absence.

Faut-il vous le dire vraiment ? Votre tournure d'esprit pourrait bien fâcher les "fâcheux", les atrabiles, les maniaques du bien penser. Pourtant, votre critique est la pure démonstration d'un phénomène bien commun : détourner l'objet pour en faire autre chose. C'est si facile, si commode, si factice.... Ah le plaisir de démoniser ce qui ne l'est pas ! La frontière entre la vérité et le faux est bien fragile, c'est donc aisé de procéder ainsi en diabolisant ce qui ne nous convient pas. Que voulez-vous ? il faut bien trouver matière à critiquer ce que l'on ne peut atteindre ou pratiquer. C'est d'un commun, d'un banal ! Et c'est là où l'on sait avec certitude que le genre humain est prêt à tout pour se montrer déliquescent. La mesquinerie n'est pas un vain mot : elle s'applique à tout ce qui semble nous menacer et selon Pascal, le divertissement pratiqué sur une console ou un PC est le mal du siècle. Donc, les gêneurs s'en donnent à cœur joie en présentant tous les aspects soi-disant nocifs sous leur plus mauvais jour. C'est de bonne guerre, surtout quand on n'a rien de constructif à émettre.  Qu'ils éructent donc leurs sottises, cela les soulagera peut-être de leur mal être ou de leur bêtise. Il nous suffit de boucher nos oreilles pour ne plus entendre leurs commentaires imbéciles et qu'ils veulent ravageurs. 

Ne perdez pas trop votre temps à considérer, sous quelque angle que ce soit, les proférations oiseuses d'une poignée d'êtres stupides, si conformes à leur bourgeoise éducation doublée de celle d'une religion obtuse.

Je vous souhaite une fin de journée satisfaisante et vous attends avec impatience.

Votre mère

 

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