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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 20:01

Et c'est reparti. Partenaires sociaux et représentants du patronat sont à nouveau autour de la table. Si les seconds ont fait quelques concessiions, les premiers n'entendent pas céder un pouce de terrain. Deux jours pour mettre à plat les acquis sociaux. C'est bien peu. C'est trop peu. Le patronat, quelle que soit la représentation des différentes organisations , a sans doute fait un effort mais il ne veut surtout pas entendre parler de taxer les emplois précaires. Les premiers concernés (les PME) calent devant cette exigence syndicale. Cela se comprend : elles n'ont pas les reins assez solides pour assumer une charge supplémentaire. Ce qui rend le MEDEF encore plus assuré de ne rien concéder, sans doute au nom de la solidarité de l'esprit d'entreprise. Louable me direz-vous. Certainement pas. Si la taxe sur les emplois flexibles était acceptée, ils renâcleraient bien plus. Car tous les grands patrons verraient leur trésorerie diminuée et en profiteraient pour ne pas embaucher. D'ailleurs, c'est ce qu'avance le Medef qui prétend que cette taxe supplémentaire ne créerait aucun emploi. A voir. Les syndicats ont-ils des arguments de plomb pour imposer ladite taxe ? On n'en sait rien car rien ne filtre.

 

C'est quand même étrange qu'après des décennies de sécurité de l'emploi, on en soit arrivé à parler de flexi-sécurité. D'accord, on est en crise. Mais est-ce pour cela qu'il faut provoquer du chômage en veux-tu, en voilà, au nom sacré de l'entreprise et de ses bénéfices ? On a toujours su que la masse salariale n'avait pas d'existence propre et que si elle a pu année après année gagner en pouvoir d'achat et donc en espérance d'une vie plus confortable, elle reste malléable en fonction des bénéfices. Malléable, donc éjectable. D'une certaine manière, alors que c'est elle qui fait la richesse des entreprises, elle n'a pas de réelle existence. Contre elle, il y a le nombre qu'elle représente. Personne n'en avait conscience et chacun s'était assis sur les acquis. La crise, dont d'aucuns ont prétendu qu'elle n'avait rien en commun avec celle de 29, a tout bouleversé. IL faut dire aujourd'hui que la mondialisation n'est pas innocente dans cette affaire, et les banques encore moins. Le tout argent est devenu l'atout premier. Et que je te boursicote par ci, et que je te boursicote par là. Pas étonnant qu'à tout miser sur les marchés, les individus soient laminés par une crise qui s'éternise et qui laissera des traces encore longtemps. Le tout croissance est impossible. Et pas seulement parce que la crise se poursuit insidieusement. Rêver avec pour seul but le toujours plus est incohérent. C'est faire peu de cas de ceux qui triment toute une vie et doivent se contenter de miettes (en regard de ce dont bénéficient les patrons).

 

Le gouvernement a juré ses grands dieux qu'il en passeerait par la loi si aucun accord n'était trouvé. Il y a de grandes chances pour que les discussions mènent à une impasse, chacun des partenaires ayant bien l'intention de ne pas céder sur leurs revendications ou prétentions. Si tel est le cas, que sera la loi ainsi promulguée ? Bonne question. Une chose est certaine : les gagnants seront les patrons. Devinez qui seront les perdants...

 

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Réformes
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commentaires

sixtine 11/01/2013 17:36


Le texte est en lui-même très actuel, et, en même temps, comme le dit si bien Pat, rien de bien nouveau : la démolition des acquis sociaux chemine lentement, mais sûrement et la crise a bon dos
et permet d'enfoncer le clou un peu plus vite et un peu plus fort ! Pauvre de nous !


Tout est question d'équilibre et de proportions : trop de richesses concentrées dans certains lieux et pour quelques-uns et trop de pauvreté, répartie elle-aussi plus ou moins inégalement dans le
monde... La politique dont c'est le devoir d'assurer à ses peuples des moyens de subsistances dignes reste en marge et ne se préoccupe des populations qu'en période électorale ! Ou face à des
catastrophes ...  Bien peu réjouissant tout ça !


Meilleurs voeux tout de même ainsi qu'à tous tes fidèles lecteurs. Sixtine

Le Mousquetaire des Mots 20/01/2013 16:37



Bonjour Sixtine,


Ils auraient trouvé un accord... Tout en ayant oublié certains points. Sans doute à cause de l'obligation de sortir de l'impasse. Attendons, et on verra
quelle application est faite. sans illusion, évidemment : il y aura des exceptions et nombreuses. Mais c'est déjà mieux que rien. Un premier pas en avant (pourvu qu'ensuite on ne recule pas de
deux pas !)


Bon dimanche à toi et les tiens.



Florentin 11/01/2013 14:09


Flexibilité et sécurité de l'emploi, voilà deux termes antinomiques. Le patronat veur la flexibilité et l'ouvrier la sécurité. Comment les deux parties pourraient-elles s'entendre. Le problème
c'est que Hollande, qui fait dans l'orthodoxie économique actuelle, donnera forcément raison aux patrons. Il lui aurait fallu un autre culot et d'autres épaules pour secouer tout ça. Mais,
bon, compte tenu de l'environnement actuel, tourné vers le mondialisme ultr-libéral, comment pourrait-il faire autrement ? Il essaie d'amortir. Mais, ça tombe à plat. Forcément. Allez, bon
week-end quand même. Florentin.

Le Mousquetaire des Mots 20/01/2013 16:48



Bonjour,


Je crois me souvenir qu'aujourd'hui les tenants de ce mariage contesté ont également défilé. Et le nombre serait égal à celui des anti. Normal : si ls uns
ont le droit de manifester leur réprobations (vive le conformisme et le conservatisme), pourquoi les autres ne feraient-ils pas de même ? Ce cirque risque de durer longtemps : les anti ne veulent
pas accepter de quelque façon que ce soit l'évolution de la société. Quant aux pro, ils soutiennent ce qu'ils considèrent comme juste. Les premiers également.


Bonne fin de dimanche



Pat59 11/01/2013 08:05


Bonjour Fred,


Un commentaire ? Comme tu venais souvent sur mes anciens sites tout a été écrit il y a plusieurs années, ce qui arrive je m'y attendais sans vouloir faire l'oiseau de mauvais augure.


Et ce n'est pas le fait d'avoir voté en mai qui a changé la donne, le fait d'avoir la gauche au pouvoir limite tout au plus la claque qu'on se prend journellement, elle fait moins mal mais on se
la prend quand même en pleine tronche !


Je suis de loin, du fin fond de ma cambrouse, l'actualité de ce que j'appelle encore mon pays. Je vois la manière dont Hollande et son gouvernement sont tirés vers le bas médiatiquement parlant,
mais si Sarkozy aurait resté aux manettes, il faut être certain d'une chose, ce n'est pas une claque qu'on se prendrait mais on assisterait à un véritable massacre (social s'entend).


Le pays est tellement bas, sans marges de manoeuvre qu'il faut se battre avec ce qui reste, la crise la bien nommée... je le répète elle a été soigneusement mise au point, lancée et
maintenant parachavée dans ses objectifs c-a-d revenir au temps des castes où le peuple/ouvrier n'est là que pour servir et entretenir monaitairement ceux qui se prévalent de l'élite... dont bien
sur on ne fait pas partie, cet élite se reconnaissant au montnant de son compte en banque et avoirs...


Pour te réconforter ce n'est pas mieux en Belgique socialement parlant, c'est jus vert er vert jus... des dizaines de milliers de chômeurs sont radiés et jetés à la rue sans ressources... les
usines ferment les unes après les autres à l'instar de Mittal - Ford etc... les plans sociaux s'amoncellent. Et aucune lueur au bout du tunnel.


C'est tout juste si on ne déterre pas les morts pour leur faire les poches et voir s'ils ont bien payés leurs impôts avant d'avoir eu le droit de clamser.


Mais pour ceux qui sont pleins aux as... tout va bien, de leurs hauteurs les odeurs nauséabondes de la base ne les atteinds pas !


Amitiés


Pat

Le Mousquetaire des Mots 20/01/2013 14:40



Bonjour Pat,


Tout comme je passe de moins en moins de temps à pondre des articles (ce ne sont pourtant pas les idées ni les intérêts qui me manquent), je répons de
plus en plus tardivement aux commentaires. J'essaie de ne pas m'accrocher à tout ce qui va mal et encore moins de me perdre en articles nombreux. Après tout, j'ai une vie, comme tout le monde, je
dois bien y consacrer un peu de temps.


Il faudra bien que la donne change un jour au l'autre : les puissants, si l'on regarde l'Histoire, ont toujours été défaits. Le pouvoir use et on en
abuse. Le tout est que le peuple dont nous faisons partie (et les autres) cesse d'attendre que les autres fassent le premier pas. Si tout le monde attend la bouche ouverte que la mouche vienne y
faire ses oeufs, c'est sûr qu'on est dans la mouise. Mais quand aura donc lieu le soubresaut qui enclenchera le changemernt ? J'aimerais bien le savoir. Une certitide : ça ne peut pas durer
éternellement.


Bon dimanche en Belgique à toi et ton épouse. Amicalement



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