Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 10:41

J'étais en Italie, mais j'ai quand même pu assister au débat du 3 mai. Un débat cela ? Un pugilat plutôt. Je n'ai pas compté les points, mais franchement, il y avait matière à nausée. Le pitbull de service a d’emblée agressé son adversaire. Pendant deux longues heures, les deux prétendants se sont envoyé des amabilités au visage sous l’œil des caméras et celui des journalistes qui ne pouvaient rien faire pour modérer ce duel innommable. Leur impuissance à reprendre la main faisait peine à voir. Il faut dire que le pitbull cognait si fort qu'elle ne laissait pas d'espace à son concurrent. Au point qu'il a fini par rendre coup pour coup. L'attitude du pitbull était ridicule, si ridicule qu'à la fin, elle a entrepris une gestuelle qui ressemblait à une danse du ventre.

Ce ne fut pas un débat, mais bien une mise au point de ce qu'est fondamentalement cette femme au sourire carnassier, à la verve virulente. Son passé d'extrémiste a refait surface dès les premiers mots, des coups de boutoir à qui en veux-tu en voilà. Déchaînée. Voire à la limite de la folie.

Un désastre sur le plan politique, mais une révélation de ce que l'extrémisme ne cadre pas avec la dignité que requiert une élection présidentielle. De mémoire d'homme, on n'avait jamais assisté à spectacle aussi déplorable. C'était même avilissant. Et dire qu'elle prétendait régner en maître sur la nation...

Son adversaire a fini, alors qu'il est très policé, par hausser le ton. Ce qui est fâcheux dans l'absolu, mais elle ne lui laissait pas d'autre alternative que de rendre coup pour coup. A mesure que les minutes s'égrenaient, est venu le moment de l'économie. Et là, malgré sa morgue imbécile, son inaptitude est apparue : elle a achevé de se noyer dans les méandres de ses pensées contradictoires. C'est fâcheux pour elle cette démonstration d'incapacité à porter un projet qui tienne la route. Oh, certes, ses admirateurs seront sortis convaincus qu'elle l'avait emporté ; que ses diatribes avaient mâté le freluquet. Leur aveuglement est compréhensible car, jusqu'au bout, elle a résisté. A sa manière. Maladroite. A côté de la plaque. Ses pitreries de dernière minute étaient d'un ridicule achevé. Elle n'avait pas besoin de ces contorsions pour convaincre certains indécis à ne pas glisser leur bulletin dans l'urne.

Le plus grave, c'est qu'aujourd'hui, le second tour a lieu demain et beaucoup ne savent toujours pas ce qu'ils feront dans l'isoloir. La digne fille de son père fait courir le risque d'une forte abstention et de vote nul. Et donc, de lui permettre de régner en maître sur nos destinées.

Je croise les doigts, d'autant plus qu'autour de moi, il y a de tout : des non votants, des sceptiques, des déçus, des gens malheureux de n'avoir pas eu leur champion au second tour, des hésitants qui ne comprennent pas ce qu'il se passe. Bref, le risque reste élevé d'hériter d'une donzelle revancharde. On sait déjà que ses adeptes se déplaceront massivement pour l'élire. Alors, ceux qui ont furieusement envie d'aller à la campagne et d'arriver trop tard pour faire leur devoir de citoyen, j'aimerais bien qu'ils prennent conscience que leur absence devant les urnes leur fera plus de mal que de bien.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 17:46

AÏE !!! Le prof qui a prédit et le Brexit et l'ascension de Trump vient tout simplement d'annoncer la venue à la tête de notre pays de...  M.L.P.

Re AÏE !!! Jusqu'à maintenant, ce monsieur -  qui se sert uniquement des conjonctures pour décrypter l'avenir - vient de m'asséner un sacré coup de bambou. Mais  ce n'est pas tout : il annonce ce qu'on appelle désormais un Frexit : autrement dit une sortie de l'Europe. Retour au franc et décapilotade des finances publiques. Evidemment, plus de libre circulation en Europe (suppression de l'espace Schengen). Et autres diableries dont on se passerait bien.

Bref, ce n'était déjà pas la joie, mais si cet oiseau de mauvais augure ne se trompe pas, c'en sera fini  de la franche rigolade bien franchouillarde. d'autant qu'autour de nous, les annonces ne sont guère plus réjouissantes (Italie avec Grillo, par exemple, la Grèce plus du tout renflouée par l'Europe, Merkel battue, T. May éclipsée par un plus ultra, etc. Et, bien sûr, Trump qui mène une politique outrancière. Rien que des joyeusetés effarantes).

Faut-il se préparer à toutes ces catastrophes ? Et comment ? Le monde bascule depuis un bon moment. "Ô temps, suspends on vol !"

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 09:12

Et nous trompe. La dette, cette dette inextinguible qu'on nous sert à chaque repas, matin, midi et soir, lors des fêtes familiales, pendant qu'on travaille, jusque dans notre sommeil qui n'a plus rien de réparateur, un membre du FMI la dénonce. C'est le Canard qui nous l'apprend en un court article mais vraiment percutant. Je cite : "Depuis trois ans, le FMI a en effet une fâcheuse tendance à surestimer (la croissance) des pays qui mènent une politique d'austérité budgétaire". Explication de l'économiste : le FMI a sousestimé l'impact de ces politiques sur la croissance. Tiens donc ! Quelle ménagère avisée ne comprendrait pas qu'en gelant (quand ce n'est pas en les diminuant) les salaires et les retraites, le pouvoir d'achat diminue ou, au mieux, stagne ? Qui n'a pas le sens de son porte-monnaie ? Quand il est plein, on dépense, quand il est vide, on n'achète rien. Ce simple bon sens n'a pas cours au Fonds Monétaire International. Vite, rappelons Pascal, Voltaire, Diderot, Rousseau et tous les autres !

Dès 2010, l'économiste a dénoncé ce système en ces termes : "Le risque est que, sous la pression des marchés, certains pays fassent du zèle dans l'austérité. Ce serait une erreur". Et toc ! Qui ne connaît ce qu'il se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne... ? Combien de peuples vont devoir passer sous les fourches caudines des diktats du FMI ? Une politique qui rétribue grassement tous ces hauts fonctionnaires qui n'ont cure d'affamer les peuples au nom d'une idéologie absurde. Tellement imbécile qu'elle incite notamment le Portugal à diminuer le nombre de ses fonctionnaires (lesquels iront pointer au chômage, tout aussi endémique que la dette. Ce n'est pas grave, il faut en passer par l'austérité avec un grand A et tant pis pour ceux qui sont saignés sans pitié), et baisser salaires et retraites.

 

La logique financière est en train de pilonner les pays qui, de plus en plus, dépendront de la charité internationale via le FMI, charité tellement bien ordonnée qu'il faut se poser quelques questions essentielles. Quel est le but réel de cette politique ? N'est-ce pas asservir les pays, n'est-ce pas là une politique de destruction massive, un crime contre l'humanité ? La finance n'est pas tout, la vie est trop précieuse pour la gaspiller sans état d'âme. Il serait temps de mettre à plat ce système qui dilapide des deniers qui ne lui appartiennent pas, temps de renoncer à l'absurde logique financière, temps de rendre aux peuples leur souveraineté et leur droit à la vie. Après tout, bien qu'endettés, nous faisons grâce de leurs dettes des pays débiteurs. Pourquoi ne pas renoncer à ces remboursements qui tuent l'économie, le devenir des peuples, leur culture, leur langue, leur patrimoine national et leur croissance ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 12:28

Hier, rassemblement à Paris, venus des quatre coins de l'Hexagone, les partisans du mariage hétérosexuel et de la famille. Bagarre de chiffres, évidemment, comme pour n'importe quel rassemblement ayant signification particulière pour les participants. Entre nous soit dit, cette guéguerre de chiffres est d'un dérisoire absolu, chacun maniant les chiffres selon le côté où il se trouve. Les opposants au mariage pour tous entendent bien mobiliser l'attention des pouvoirs publics par des rendez-vous massifs. Alors, qu'ils aient été 100 ou mille, qu'importe. Quand aux compteurs publics, qu'ils aient été vingt et cent, des milliers, peu importe également : on peut être assuré que le compte est toujours bon. Selon ce que l'on veut en déduire, évidemment.

 

Chacun ayant le droit de penser comme il le veut, je ne brocarderai pas ces manifestants colorés en rose, blanc et bleu. Sauf peut-être pour dire que ce mariage pour tous est une évolution de la société [dont je ne prétendrai pas qu'elle est inéluctable], que d'autres pays l'ont entérinée légalement et qu'apparemment, ce serait rétrograde de ne pas faire de même. Personnellement, je ne vois pas l'intérêt de cette loi : il existe le PACS. Il suffit de l'améliorer. Ce qui résoudrait le recul de la tolérance qui traverse le pays. Les églises s'en mêlent (les pinceaux ?), oubliant que, sur notre sol, le mariage est un acte civil, inscrit dans le marbre. Il est le seul légal puisque l'état gère les mariages, les filiations, les décès. N'en déplaise aux tenants cardinaux, le mariage religieux est un mariage intime entre deux croyants, qui réunit deux familles. Cette célébration es personnelle et n'a rien à voir avec la légalité. Qu'ils aillent donc battre le pavé, qu'ils rassemblent leurs fidèles, mais qu'ils nous laissent tranquilles : s'ils étaient exempts de tentations et de péchés, ce serait peut-être admissible, mais comme en plus, ils sont censés être chastes, qu'est-ce qu'ils ont à dire sur le mariage ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:39

Même si les sondages prédisent la victoire de l'un et la défaite de l'autre, tout peut encore arriver. Oui, ce n'est pas plié. D'ailleurs, l'un des deux finalistes multiplie les appels du pied, l'autre également. De manière différente, voire opposée.

Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant qu'il soit tué, dit un certain proverbe. La sagesse populaire n'est pas à démontrer, cette simple phrase recouvre une réalité dont les deux concurrents ont pleinement concience. Il ont donc battu la campagne encore aujourd'hui. Mais ce ne sont ni les sondages, ni les rassemblements symboliques d'une force partisane qui feront l'événement. Les urnes parleront dimanche : le verdict tombera dans un pays coupé en deux. Certains pavoiseront et feront couler le champagne, d'autres feront grise mine. Que voulez-vous ? il y a deux camps, donc forcément un vainqueur et un vaincu.

Nous serons fixés dans deux jours. C'est à la fois très court et très long. Deux jours encore à patienter. Lorsque le couperet de la guillotine d'isoloir tranchera, le pays ne sera pas pour autant rassemblé. Il faudra panser les plaies des uns et modérer l'exultation des autres.

En attendant, mettons ces deux jours à profit : relançons les indécis, expliquons, parlementons, tentons de convaincre ceux qui refusent de sauter le pas, ceux qui hésitent, balancent, sachons leur dire qu'il ne faut ni céder à la panique, ni croire que tout peut arriver. Encore moins que la victoire est déjà dans la balance, encore moins que tout est foutu. L'arc ne lancera la flèche que si les muscles sont tendus à l'extrême et maîtrisés.

Une victoire ne peut exister qu'à l'arrachée. Rien n'est écrit, seul le peuple peut décider. Alors, qu'il décide bien s'il veut reprendre en mains son avenir ! Mais qu'il n'oublie pas de respecter ceux qui ne pensent pas comme eux et qui seront déçus.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 07:37

Les événements se précipitent. La vieille Europe, bien que s'étant réunie, part à la dérive. Faut-il s'en étonner ? Bien sûr que non! Tout était cousu de fil blanc. En outre, on a mis la charrue avant les boeufs. Alors quand ce ne sont plus ceux-ci qui tracent le sillon, la direction est faussée.

Comment tous ces politiques qui se targuent d'être l'élite pensante des états ont-ils pu croire (se faire croire ?)  qu'ils dirigeaient le monde alors qu'ils étaient à la remorque de la mondialisation ? Ils n'ont fait que suivre le bouc, fonçant bille en tête. L'axe Paris-Berlin semblait la voie unique. Si la réconciliation est une excellente chose, est-ce une raison suffisante pour qu'on traîne nos groles derrière  ? Oui, il vaut mieux que les vieilles haines soient enterrées et qu'on se serre les coudes. Mais qu'en est-il vraiment ? Le fameux couple germano-français (et non pas franco-allemand) ne sait pas taire ses bisbilles et le roi a beau clamer de partout qu'il tient les rênes, c'est sa comparse actuelle qui le mène par le bout du nez. Qu'il gesticule donc, rien ne changera sous son règne.


Pour l'heure, cet axe fondateur de l'Europe sent le moisi. Oh certes, la crise n'y est pas pour rien. Mais s'ils avaient su anticiper, ces grands philosophes de la vie publique, et prendre les décisions qui s'imposaient, aujourd'hui nous ne verrions pas menacée notre souveraineté. N'en déplaise aux islamophobes de base, ce ne sont pas nos compatriotes musulmans qui représentent un danger mais bien plutôt l'annonce faite par sa majesté de quérir les banques chinoises pour nous financer. Et voilà, nous y sommes. Comme les Grecs avant nous. Vous vous y voyez, vous, dans le port de Marseille ou celui du Havre, croiser des travailleurs chinois pendant que vous en êtes réduits au chômage ? La philanthropie n'existe pas, surtout quand il s'agit de politique. Et quand la finance s'en mêle, c'est la fin des haricots. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais une telle décision appartient aux peuples concernés, c'est-à-dire les états européens dont les citoyens ont droit à la parole. Alors qu'on leur pose la question et non qu'on leur annonce sans sourciller que bientôt, ils jauniront.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 08:31

Une absence qui s'est prolongée. Plus d'un mois. Projets contrariés ? Pas du tout. Seulement l'envie de ne rien dire même si les événements de ces dernières semaines m'incitaient plutôt à mettre mon grain de sel dans les affaires de ce monde. Aujourd'hui sera-t-il le jour d'un vrai retour ? Je n'en sais rien. Vais-je rattraper le retard accumulé ? Sans doute non.

Ce matin, je découvre soudainement qu'il y aurait des problèmes sur la plate-forme. Et que cela fâcherait plus d'un blogueur. Tentant d'aller chez les uns et les autres, je découvre que certains blogs n'existent plus. A mon grand regret. Si la technique envoie aux orties ceux qui apprécient de discuter sur la toile, d'échanger leurs idées et de déposer un commentaire ici ou là sans y parvenir, cela signifie-t-il qu'il se passe quelque chose chez les administrateurs ? Qu'il s'agit d'une volonté de ceux-ci d'interrompre leur affaire ? Que la concurrence avec les réseaux sociaux est telle qu'ils ne peuvent plus supporter la concurrence ? Et que la gratuité dont nous bénéficions n'est plus de mise ? Ces raisons conjuguées mais silencieuses devraient être expliquées et justifiées. Il semble que ce ne soit pas le cas. Alors que faire ? Tenter de reprendre le fil ? Résister à ces réseaux qui n'ont pas notre faveur ? Protester auprès de la direction ? Ou céder à la pression  d'être un blogueur payant ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 15:25

Alors que d'autres pays membres de l'Union Européenne décident de supprimer les données personnelles sur les puces des passeports, chez nous, avec plus d'un train de retard, il est fortement question de ficher tout le monde via la carte d'identité. Un fichage électronique qui comporterait des données biométriques (empreintes digitales, couleur des yeux, taille, ...) qui serait consultable par tous les services sécuritaires. Oui, c'est dans les tuyaux. Bien évidemment, cela soulève des questions à propos de la liberté de circulation, d'expression...

Il y a quelques années, j'écrivais une nouvelle de science-fiction dont le personnage est féminin. Il n'était pas encore question de ces puces améliorées pour stocker en mémoire des données individuelles alors même qu'elles étaient déjà implantées sur des chiens, les Etats-Unis les utilisant pour les délinquants et localiser les personnes atteintes d'Alzheimer. Apparemment cela donne des idées, cette surveillance généralisée. Je vous laisse juge : c'est de la pure imagination, mais suis-je loin de la vérité ?

 

 

                                                                                       Le flic de l’espace

Taraudée par son envie de changer de vie, Juliette décida un beau jour d’un printemps florissant et très chaud, presque trop,  de se rendre sur une autre planète. En 3240, c’était un jeu d’enfant d’embarquer sur une navette. Elle consulta les différentes agences de voyages intergalactiques, opta pour la planète Oriona, entreprit les démarches administratives nécessaires. Une fois son passeport et son visa obtenus, elle se rendit à l’aérogare.

La navette était confortable, bien oxygénée, diffusant une musique qui endormait les passagers afin que la traversée spatiale se déroule sans incident. L’atterrissage se passa en douceur. Par le hublot, Juliette regardait le paysage. Rien de bien extraordinaire : pas de végétation, rien qui ne soit plane.
Elle s’inséra dans la file qui attendait patiemment que les douaniers inspectent leurs bagages, vérifient la validité de leur titre de séjour. Vint son tour. Juliette tendit son passeport. Le douanier tourna chaque page, lut tout, regarda à plusieurs reprises et Juliette et sa photo.
- Madame, veuillez me suivre, s’il-vous-plaît !
Intriguée, Juliette obtempéra et suivit le douanier qui la conduisit jusqu’au bureau de la police de l’espace. L’hôtesse d’accueil la reçut fraîchement, la regarda avec circonspection et lui enjoignit  de s’asseoir : - On va vous recevoir dans quelques minutes. Veuillez patienter ! dit l’hôtesse d’un ton fort peu amène.
De plus en plus surprise, Juliette alla s’asseoir sur un banc en plexiglas tout en se demandant combien de temps cela durerait : dans sa précipitation à partir au plus vite, elle n’avait pas songé à retenir une chambre d’hôtel. En outre, son déjeuner était loin et son estomac commençait à gargouiller de manière déplaisante. Elle sentait le regard de l’hôtesse fixé sur elle et en éprouvait du désagrément. Que faisait-elle donc là ? A quoi tout ceci rimait-il ?
Une bonne heure plus tard, son nom retentit dans un mégaphone. La voix était métallique. Normal, les technologies étaient fort avancées et ce n’étaient que des robots qui lançaient les messages.
Un agent la conduisit jusqu’à une porte blindée qui s’ouvrit devant elle dès qu’il l’eût effleurée. Elle pénétra dans une pièce blanche, froide. Derrière un bureau tout aussi blindé que la porte siégeait un flic de l’espace. Raide sur sa chaise, le regard vide, il lui intima de s’asseoir de l’autre côté du bureau. La chaise était glaciale, rude, inconfortable.
- Bonjour Monsieur dit Juliette d’une voix qu’elle voulait assurée.
- Ne m’interrompez pas ! rétorqua le flic de l’espace. Vous êtes ici, enchaîna-t-il, parce que votre passeport aurait dû vous interdire de pénétrer sur notre territoire. Votre profil ne convient pas à notre planète, vous aurez donc à rentrer sur la vôtre dès la prochaine navette en partance.
- Je ne comprends pas, j’ai rempli tous les formulaires, obtenu le visa,…
- Silence ! Votre cas est typique de ce qui nous est insupportable. Votre attitude d’ailleurs montre que vous êtes une rebelle qui n’a rien à faire chez nous.
- Mais que me reprochez-vous ?
- Vous osez persister ! Vous voulez donc que je vous arrête et vous mette en prison ?
- Euh, non ! Je voudrais seulement comprendre…
- Vous allez comprendre. Vous êtes fichée depuis très longtemps au motif de votre immoralité.
- Comment ça ?
- Silence, vous dis-je ! Oui, votre immoralité. Vous avez passé votre temps à lire au lieu de pratiquer un sport. Vous rêviez tout le temps, négligeant les réalités. Vous avez vécu maritalement pendant de nombreuses années avant de vous marier. Vous entreteniez celui qui devint votre mari par la suite, lorsqu’il a perdu son travail. Vous avez toujours fait preuve de manque d’audace en conservant toute votre carrière le même métier. Vous avez osé écrire des textes subversifs que vous diffusiez sur le net. Vous avez entretenu des relations étroites avec des blogueurs à la moralité douteuse et dont la teneur des propos sur leur site incitait à la révolte. Pour toutes ces raisons, vous n’êtes pas la bienvenue ici. Vous êtes priée de partir par le prochain vol. Et pour être certain que vous quitterez notre sol, vous serez accompagnée de deux gardiens ayant mandat de la plus haute juridiction. Ils vérifieront que vous passez bien à la douane et que vous partez sans plus attendre. Vous serez avec eux jusqu’à ce que vous ayez passé la frontière de la Terre.
Juliette était atterrée. Le passeport biométrique était donc gavé de puces électroniques invisibles à l’œil nu : la miniaturisation avait beaucoup progressé au cours du dernier millénaire Et les nanotechnologies envahissaient tout.
Elle qui avait quitté la planète Terre pour échapper aux contrôles excessifs imposés par les autorités, voilà qu’en toute innocence elle découvrait que le fichage ethnique et individuel existait dans toutes les galaxies. Que les planètes soient complices au point de porter atteinte à la vie privée en échangeant des bases de données, c’était aberrant.
Jamais elle n’aurait soupçonné une telle connivence. Le fichage était connu, mais qu’avait-elle donc fait de si laid pour qu’on l’expulse à peine arrivée ? Ainsi donc sa planète d’origine avait emmagasiné des données sur sa vie et les avait transmises sans qu’elle s’en doutât.
Juliette avait envie de vomir. Jamais plus elle ne tenterait de voyager au-delà de l’atmosphère qui était la sienne. La répression, elle n’appréciait pas du tout.
Le mot Morale traversa son esprit.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 14:25

Pour ceux qui n'aiment pas les concombres, je leur conseille de sauter allègrement la première partie et de se rendre directement au message lancé par un certain Mikis Theodorakis, vous savez, ce compositeur grec connu dans le monde entier. Mais pas seulement cela puisqu'il est aussi penseur et homme politique. Là, c'est l'homme engagé qui, une fois de plus, enfourche son dada (qui l'a porté toute sa vie). Né en 1925, il n'est plus tout jeune. Mais il a bien toute sa tête et n'a rien perdu de la pensée qui a conduit son activité politique.

 

http://mopopopo.canalblog.com/archives/2011/06/15/21368940.html#comments

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 15:41

Blanche m'a demandé d'aller sur son site. Ce que je viens de faire. A mon tour de vous faire redécouvrir un Iran insoupçonné. Une jeunesse, comme toutes les autres jeunesses, éprise de liberté et rêvant d'autre chose que de répression. Un black-out total sur des événements terribles. Révolte, milices, tirs, arrestations, tortures, loi du plus fort (du moment, seulement du moment), tout y est. Comment peut-on oublier que, un peu plus loin de nos frontières, se joue des drames ? Comment pouvons-nous ne pas nous émouvoir devant cette jeune fille qui meurt sous nos yeux ( c'était en 2009) et déjà nous avons remisé le plus loin possible cette image violente qui nous a sauté à la figure. Deux ans, c'est bien peu dans une vie et pourtant, c'est suffisant pour que nous ne sachions plus reconnaître où et comment tout se joue, les violences qui sévissent sur le globe sans que cela nous émeuve plus longtemps que l'instant où les drames nous assaillent sans crier gare. Alors faisons l'effort de nous souvenir de Neda, venue troubler nos petites vies par la violence de sa mort. Elle mérite mieux que cet oubli, ce repli sur soi et ses petits soucis. Ceux qui ont été abattus ne méritent pas non plus d'être enterrés une seconde fois parce que nous préférons zapper ce qui nous dérange.

http://apiskreen.myskreen.com/programme/4235671-chroniques-d-un-iran-interdit/play-11445157-arte?apiSkreen=4e3b7d72458f915822a2d52f29e0a143629f42cc

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Liberté
commenter cet article

Présentation

  • : Le Mousquetaire des Mots
  • Le Mousquetaire des Mots
  • : Regard critique sur les mouvements du monde et impressions qui en découlent.
  • Contact

Recherche