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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 20:55

Ainsi ont décidé les Etats-unis de manière unilatérale, le site mégaupload est enterré.  Et dire que ce site permettait de transférer des fichiers photos (personnels évidemment) et que désormais, il faudra trouver un autre moyen pour ces transferts. Pourquoi avoir fermé ce siste, bien pratique pour des internautes qui, en toute légalité, faisaient transiter leur clichés ? Au nom, apparemment, qu'il permettait en toute illégalité de  transférer des fichiers audio et compagnie. C'était peut-être vrai, mais zut, aujourd'hui, parce qu'on n'a pas pensé à enregistrer  ces dossiers photographiques sur un autre support, on perd tout un tas de souvenirs personnels, ça donne de quoi râler. Adieu ces moments familiaux  fabuleux où tout était aussi simple que de respirer ! Il y a de quoi vraiment $etre en colère D'autant que derrière la fermeture de ce site bien pratique pour ceux qui voulaient échanger, en bons pères de famille, des données  universelles même si elles ne concernaient que les membres d'une même fratrie, se cache la volonté de brider de plus en plus le web.

Mais qu'ont-ils donc ces politiques qui prétendent restreindre nos libertés ? Ont-ils donc peur que nous fomentions des complots ? N'importe quoi ! L'internaute lambda ne songe pas à quoi que ce soit de répréhensible. Il ne fait qu'utiliser  ce qui lui est proposé, ce qui lui facilite les échanges de fichiers personnels. Qu'ils cessent donc de considérer ces lambdas comme des fauteurs destroubles, des tricheurs, des terrosistes potentiels ! Vous et moi sommes des gens normaux et faisons un usage raisonnable des facilités du web pour rester en communication avec nos proches. Qu'ils cessent de considérer chacun d'entre nous comme des criminels : nous ne sommes que des usagers qui avons besoin de communiquer et non pas de potentiels trublions qui enflamment le réseau et sèment des graines de zizanie ici et là.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 20:01

Il faut bien en passer par là. Quand on tombe sur un texte comme celui que j'ai mis en ligne, on ne peut que se poser des questions. J'ai souligné à dessein certains mots ou expressions. Le rouge leur va bien car le rouge est provocateur. Et ces propos sont outrecuidants.

Reprenons-les un à un !

- protections inadmissibles. Il semble bien que c'est mal d'être protégé. Et pourquoi donc ? Après tout, l'enfant a besoin de la protection de sa mère, de son père ; les petits animaux bénéficient de la même protection ; les armées sont censées protéger les populations ; un président élu serait donc autre chose que protecteur ? Il devrait céder aux chants des sirènes libérales ? Et puis, cet adjectif, pourquoi avoir choisi celui-là ? En quoi est-il inadmissible d'être protégé ? Un adjectif outré, qui ne correspond en rien à la situation qu'avaient les générations antérieures.

Pendant 50 ans : apparemment cet homme-là avait oublié que la seconde guerre mondiale était passée par là et que le confort des années 60-70 ne faisaient que suivre une période terrible, que le pays était exsangue et qu'il avait fallu le redresser.

- prix de revient: On produisait, dit-il, sans se soucier du coût. Est-ce bien certain ? Est-ce vraiment mal ?

- petit bénéfice : l'adjectif employé dénonce le mépris dans lequel ce président tenait les artisans, commerçants et autres gens du peuple.

- bonnes frontières douanières : eh oui, à cette époque-là, en 67, l'Europe ne connaissait que le Marché Commun. Oui, il y avait des frontières douanières et ce n'était certainement pas sans raison. L'ultra-libéralisme n'avait pas encore pointé son nez. Il était seulement précédé par son frère aîné le libéralisme, un système qui a peu à peu grignoté la souveraineté nationale...

- aucune concurrence : Ah bon, parce que la concurrence c'est mieux que les frontières douanières ?

- obligé de payer / prix qu'on demandait. Mais à quoi pensait-il en prononçant ces mots ? Encore une marque de mépris, comme si les commerçants, artisans, etc. n'étaient que des profiteurs qui arnaquaient les acheteurs... Charmante vision des gens que l'on gouverne.

- vivre désormais dans la préoccupation permanente : Voilà, il faut prendre son pied en craignant tous les jours de tout perdre, il faut surveiller le voisin pour le doubler. Plus question que la concurrence soit porte à porte : il faut s'ouvrir au monde. Et donc à la mondialisation. Est-ce vraiment une vie que celle qui ne promet que des sueurs froides, des angoisses, du stress en temps continu ? 

- paresse : Quel mot incongru ! Mais à quoi pensait-il, cet homme-là en prononçant ce vocable ? Insinuerait-il donc que le peuple de France n'était qu'un ramassis de pouilleux paresseux ?

 

On dira ce qu'on voudra, mais franchement, il est temps de réfléchir sur ces années passées qui ont conduit à la situation actuelle. Ce n'était pas pour le bien du pays, mais pour complaire aux marchés, à la haute finance, aux lobbies naissants. Quelle époque vaut mieux que l'autre ? Et surtout, quel devenir pour les générations à venir ?

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 08:05

Entre l'insécurité dont on nous rebat les oreilles à longueur de méfaits plus sordides les uns que les autres, la fraude qui serait généralisée, la panique provoquée par la menace que les marchés font peser sur l'euro, on ne sait plus que penser. Marre de ces propos qui font souffler un vent de catastrophe sur les peuples. Marre de ces lois qui s'entassent à n'en plus finir. Marre de ces dénonciations honteuses dont on fait des choux gras. Marre du climat de terreur qui mine jour après jour. Marre de tout, de la lubricité, des affaires, des scandales, du pognon qui règne en maître. Marre, marre et marre.

Pourquoi la fraude (qui ne serait que minoritaire) devient-elle le dernier cheval de bataille des politiques en place ? Pourquoi s'arroge-t-on le droit de stigmatiser les plus pauvres ? Pourquoi montre-t-on du doigt les minorités, les émigrés, les réfugiés, les sans abri, la jeunesse, la délinquance (marginale), les chômeurs ?

Sur quelles terres chasse-t-on ? Toujours les mêmes. Parce qu'il faut absolument faire croire que ces misérables dont on parle représentent un péril grandissant.

Le vrai danger ne résiderait-il pas plutôt dans ces manoeuvres politiciennes qui consistent à entretenir les plus mauvais penchants de l'homme, l'égoïsme inhérent à la nature humaine, la haine de l'autre, la négation du droit à la différence, le repli sur soi ?

A instiller ainsi l'idée de la nature mauvaise de certaines couches de la population, au nom de la défense du plus grand nombre, que réserve demain ? Quel sera le prix à payer pour tout ce venin qu'on répand, au mépris de la considération que l'on doit avoir pour les autres ?

Que l'on cesse de jeter en pâture, et avec une facilité odieuse, ces idées néfastes pour la cohésion sociale !

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 11:37

On est à l'époque des réformes et la plus importante de toutes ne parvient pas à être mise en place. Les monnaies sont chahutées et le triple A cher à nos gouvernants est en train de subir un revers : les dettes accumulées sont trop importantes pour être résorbées. On dit même qu'en à peine un quinquenat, l'actuelle majesté a doublé la fameuse dette. Bigre ! Sans doute se croyait-elle d'essence supérieure et hors d'atteinte. Las ! Il n'est rien. Et qui trinque ? Les contribuables.

Actuellement il y a deux lignes : celle de Jacques Attali qui prédit la fin de l'euro avant la fin de l'année parce que l'Europe ne sait pas prendre la seule solution qui résoudrait le problème et celle de l'Allemagne qui refuse que la BCE ait les mêmes pouvoirs que la FED. Si la banque centrale européenne ne peut soutenir les états, à quoi sert-elle donc ?

Selon Jacques Attali il faut que, lors de la prochaine réunion fixée au 9 décembre, les états infléchissent la volonté allemande de ne rien changer au statut de la BCE. Il a plus que vraisemblablement raison. Les décisions des traités peuvent être inversées. Encore faut-il qu'il y ait la volonté affirmée de le faire. Et ce n'est pas le cas. On dirait bien que la panique en zone euro ne profite qu'à un seul pays. Mais ce pays-là a-t-il conscience qu'il met tous ses voisins en danger ? Et que, par voie de conséquence, lui-même se retrouvera grosjean comme devant lors de l'implosion de la monnaie unique ?

Je n'ai jamais étudié l'économie, je l'ai toujours subie. Comme la majeure partie de la population européenne. En instaurant la monnaie unique afin de contrer nos cousins américains, non seulement ce fut une erreur monumentale puisque les taux de change étaient tordus : chaque pays voyait sa monnaie aussi forte. Il aurait fallu réfléchir un peu plus loin et faire en sorte que les états membres disposent du même taux, ce qui aurait réduit les inégalités entre le nord et le sud. Quand on a été 25, du jour au lendemain, là encore, il aurait fallu que les nouveaux venus adoptent l'euro, ce qui aurait facilité grandement l'adhésion à cette Europe, forte de ses membres, forte d'une monnaie exceptionnelle, forte d'une politique commerciale égalitaire. Sans doute était-ce trop demander aux technocrates que d'infléchir leurs positions et de réfléchir différemment.

En bref, si le Sieur Attali a raison, demain, on sera mangés tout crus.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 07:46

Même pendant mon absence la planète, tel un enfant gâté, n'a cessé de se montrer turbulente. Difficile de savoir où donner de la tête, qu'entendre et que retenir.

La tuerie norvégienne dénonce la folie humaine dans ses extrêmes et s'impose à l'esprit dans toute son horreur aveugle et meurtrière.

Les déboires déjà connus d'un homme dans la tourmente deviennent tellement quotidiens qu'ils finissent par en devenir presque anodins. Le trop plein de dénonciations engendre une certaine indifférence.

Les enquêtes judiciaires semblent signifier que les titres politiques n'intimident nullement les magistrats puisqu'ils semblent  déterminés à élucider l'affaire BT / LCL.

Dernière turbulence et de loin la plus importante : la note des USA n'est plus triple A. La belle affaire me direz-vous. La nôtre n'a pas encore bronché. Cependant, ça ne saurait tarder car, comparativement, nous sommes aussi mal lotis quant aux dettes abyssales engendrées au fil des ans sans aucune vergogne. Vivre à crédit ? Moi, jamais. Quand bien même ma survie dépendrait d'agences de notations. D'ailleurs, cela signifie quoi de noter les finances des états ? Tout simplement de faire varier les cours boursiers. Il y aurait mieux à envisager, comme par exemple nationaliser les banques, imposer les entreprises cotées au CAC 40, prélever sur les grosses fortunes au lieu d'imposer le remboursement de la dette publique au tout venant. On dit que ça réfléchit à toute vitesse car la récession s'annonce encore plus sévère que prévue. Il ne fallait pourtant pas être bien devin pour sentir la longévité de la crise et ses conséquences, non ?


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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 02:17

Faut-il en rire ou en pleurer ? Les similitudes entre un feuilleton américain et une réalité française s'accumulent. Bon d'accord, je n'ai jamais vu le feuilleton, mais j'ai toujours entendu dire que c'était du gratiné. Un épisode tout juste terminé, le suivant apporte son lot de rebondissements alors même qu'il faut au moins une demi-heure pour ce qui, dans la vraie vie, occupe à peine quelques petites minutes. Entre les disputes, les divorces, les mariages et les remariages, les rabibochages, difficile de ne pas s'y perdre, mais il paraît que ça tient le spectateur qui serait, dit-on, scotché à l'écran et en redemanderait une couche. Et bien sûr, tout ça, dans un milieu friqué. L'oseille, ça fait rêver. Alors, même si l'invraisemblable est hors normes, plus c'est gros, plus ça plaît.

Aujourd'hui, Dallas est sur notre sol. Il ne se passe pas un jour sans nouvelles révélations. Et plus le temps passe, plus cela relève du sordide. Au fond, quand on lit dans la presse que les enquêtes et les auditions  pour avérer une affaire se succèdent, se multiplient et impliquent d'autres enquêtes et auditions, on finit par ne plus vraiment y prêter une once d'attention. Oui, ce qui plaît dans une fiction, parce que c'est irréel, ne convient pas au quotidien. Alors lire ou entendre que ceci ou cela à propos de..., plus les témoignages s'empilent, concordants ou contradictoires, c'est tellement puant qu'on voudrait être fleur bleue et non ce témoin forcé par les médias d'écouter le graveleux et le putride.

Les histoires des autres, fussent-ils de la haute ou de la basse société, n'ont rien d'attirant. Plus elles sont sales, moins je n'aime que cela puisse me concerner. Or l'insistance malsaine à longueur d'articles m'oblige à m'arrêter, quand bien même je m'en écarte le plus possible. Toute cette débauche étalée avec une complaisance qui tient davantage du rapport au fric que d'un réel intérêt sur un sujet est identique à cette débauche reprochée.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 21:03

Exigée ou volontaire, elle est bien là. Le secrétaire d'état soupçonné de harcèlement auprès d'employées, ce dimanche n'occupe plus son poste. Décidément l'air du temps est au sulfureux. Alors qu'on croyait que l'affaire récente qui avait explosé à la figure du monde était la seule qui pouvait nuire à la politique, en voici une nouvelle mais qui n'a pas débordé les frontières de l'hexagone. C'est bien dans nos murs et avec notre justice que cela se passe. L'honneur est sauf, ouf ! Enfin, quand je dis l'honneur, c'est un mot inconvenant puisque notre classe politique est éclaboussée salement. Cela nous perturbe-t-il ? Pour la première, certainement. Pour la seconde, ma foi, comme il n'occupait que la place 27 dans le gouvernement, c'est assez mineur. Et ne me dites pas que je médis : ce n'est pas moi qui ai dévoilé que ce poste n'était pas d'une importance capitale pour le pays. C'est le commentaire entendu sur les ondes que je ne fais que rapporter.

J'avais écrit un brouillon que je n'ai pas mis en ligne, tellement je jugeais que tout cela ne relevait guère l'estime que l'on pouvait avoir de la politique. Ce que je vois, c'est tout simplement un grand déballage, comme une sorte de nettoyage de printemps. Qui aurait soupçonné que ces "grands hommes" se laissaient aller à des coquineries sexuelles ? L'aspect crapoteux peut faire sourire, sauf qu'en l'état, c'est d'un délabré consternant. Se croient-ils donc tout permis parce qu'ils occupent une position forte ? Et s'il n'y avait que cela... Plus le temps des présidentielles se raccourcit, plus tout choit en déliquescence. On tombe sur des cigares, des voyages indus, des supposées (mais pas démontrées) rétrocommissions, des abus de pouvoir salariaux, des conflits d'intérêts, de prise illégale d'intérêts, bref, toute une kyrielle d'affaires assez mesquines car truffées de fric. Rien que du bien propre. C'est d'un lassant...

Les extrêmes peuvent se réjouir : la morale semble désormais de leur côté. Ils ne manqueront pas d'en profiter.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 23:11

Mais non, il ne s'agit pas de quotas footballistiques.

VP, ministre, veut augmenter le nombre d'étudiants étrangers en doctorat. Bizarre : nos propres doctorants ont du mal à se caser. Sans avoir quelque chose contre des étudiants venus d'ailleurs, j'ai du mal à comprendre qu'on veuille en inviter un plus grand nombre alors que nos propres doctorants s'exilent à l'étranger pour trouver à se caser, pardon, s'insérer dans la vie active. Je veux bien que notre enseignement supérieur soit parmi les meilleurs, qu'il faut bien être confrontés à d'autres cultures, que les échanges font évoluer, mais pourquoi tenter le diable puisque notre matière grise est sous-employée ? Il y a là une logique que j'ai bien du mal à saisir. Est-ce pour compenser la fuite de cerveaux ? Est-ce pour établir une compétitivité plus ardue ? Oui, je crois que j'ai besoin d'éclaircissements. Si quelqu'un a, ne serait-ce qu'un embryon de réponse à me fournir,  je suis toute ouïe.

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 23:02

                                                            Nous y sommes

Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides àl'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi
 
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille 
récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer.
Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
 
Fred Vargas
Archéologue et écrivain

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 21:39

Une bien mauvaise nouvelle mais qui n'a rien de bien surprenant. A force de répliques à répétition, le sol du Japon présente quelques failles quant aux centrales dont cette île est truffée. On s'est voulu rassurant pendant tout un mois, malgré le danger de la pollution. Les précautions oratoires étaient de mise car si la masse populaire perd les pédales, plus rien n'est tenable.

L'heure n'est plus aux tergiversations : on décrète enfin que le niveau du danger a été revu à la hausse. Au même niveau que Tchernobyl. Comme si on ne s'était pas douté que l'heure était gravissime et que ce n'était pas le seul Japon qui se trouvait dans la mélasse. Donc, cette nouvelle qui est alarmante ne répand pas la panique. D'ailleurs, les relevés réguliers donnaient déjà le ton puisque l'on trouvait des produits hautement nucléarisés jusque dans nos salades ou notre lait. Sans doute sommes-nous fatalistes et acceptons-nous sans hausser le ton ce qui devrait sonner le glas pour toute une population. Pas seulement sur le plan sanitaire, mais également sur le plan environnemental et économique. Comment ce pays se relèvera-t-il de cette catastrophe ? Pourra-t-il se remettre un jour ? Rien n'est moins certain.

Je sais, certains diront qu'ils ne sont pas les seuls à morfler puisque les échappées d'eau contaminée souillent la mer, le césium est emporté par les vents, loin de leurs côtes. Le plus jamais ça n'est pas pour demain. Parce qu'Hiroshima, Nagazaki, Tchernobyl n'ont pas servi de leçon à l'homme qui croit pouvoir tout dominer. Nous sommes bien tous dans le même bain.

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