Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:02

Y'a de la brouille, voilà que certains députés réclament la suppression du bouclier fiscal. Ni plus ni moins. Ils seraient environ 80 à réclamer cette disparition ainsi que celle de l'ISF. Ils sont un peu plus de 300 à circuler dans l'ombre du pouvoir. Voilà donc environ un bon quart de cette majorité à oser défier le pouvoir central. Et l'amendement déposé en ce sens est accompagné de ce que l'on pourrait appeler une menace à peine déguisée, à savoir que la liste des requérants ne pouvait que grossir.

Ils rejoignent ainsi les députés du Nouveau Centre qui, bien avant eux, avaient prêché dans le désert pour qu'une telle mesure soit à l'ordre du jour et surtout mise en pratique. 1 + 1 étant toujours égal à 2, entre ceux de l'UMP, ceux du NC et ceux de l'opposition, si l'on ajoute les potentiels séditieux de la majorité, ledit bouclier sera envoyé aux oubliettes dans le budget de 2011. Il se dit d'ailleurs qu'on en discuterait entre membres du gouvernement. Sans doute est-ce pour cela que le grand chambellan a osé dire que le sujet n'était pas tabou.

Attendons et nous verrons.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans actu finance
commenter cet article
5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 11:30

Il ne peut pas s'en empêcher, il vient encore de lancer un nouveau chantier. Dans le cadre de je ne sais plus quel G, numéroté. Voilà sa nouvelle proposition : la création d'un nouvel ordre monétaire mondial. Ah la belle idée !

Enfin voyons, il faut bien qu'il poursuive la chasse de ces mécréants qui encaissent des dividendes en mettant tout le monde sur la paille. Ah la crise... ! Elle a eu le bon goût d'éclater sous sa présidence. Il peut en jouer autant qu'il le veut. Et comme il n'est jamais à court d'idées révolutionnaires, il tempête (dans un verre d'eau) à qui mieux-mieux et à qui veut l'entendre qu'il faut réformer le système bancaire, qu'il faut réguler les marchés. Parce qu'il en va de l'économie mondiale. Si tout s'écroule, c'en est fini pour les riches comme pour les pauvres. Il faut donc agir. Et agir, c'est agiter le chiffon rouge devant le taureau furieux afin de lui planter profond les banderilles et parvenir à l'estocade.

L'idée est excellente, mais suffit-il d'une idée pour que les choses bougent ? Certainement pas. Au-delà de cette déclaration tonitruante, qu'a-t-il à proposer de concret ? Bien évidemment, je ne suis pas dans la confidence, mais je me doute que ces éclats habituels ne sont que rodomontades inutiles. L'ultra-libéralisme n'est pas encore prêt à rendre l'âme : il tient la dragée haute à tout le monde. Et il y a fort à parier que ceux des marchés ne se laisseront pas faire : ils ont pris l'habitude de tenir les cordons de la bourse et donc le pouvoir réel. On peut d'ores et déjà assurer que cette nouvelle déclaration guerrière restera ce qu'elle est : une déclaration. Une de plus. Punto finale.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans International
commenter cet article
5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 11:10

Le débat sur la réforme des retraites débute au sénat. Hier, le ministre du travail s'est voulu rassurant. Il aurait l'esprit ouvert et serait prêt à céder sur quelques points (pénibilité, carrières longues, femmes...) mais surtout pas sur le report de deux ans entériné par l'assemblée. Tout serait-il donc dit ?

Vraisemblablement non, puisqu'en même temps qu'il affiche une sérénité qu'il est loin de ressentir (il est miné par l'affaire), il y a comme une menace dans ses propos. Assortir ses paroles de la condition que l'opposition ne fasse pas obstruction n'est pas ce que j'appelle un ton engageant. S'il n'y a pas obstruction, il y aura concertation pendant deux ou trois semaines. Même si son collègue Georges dit que deux semaines seront suffisantes.

Ils me font rire : ils se disent ouverts, mais ils ont déjà fermé toutes les portes. Leur manque patent de pédagogie a fait monter la sauce. Et comme tout le monde est inquiet (à juste titre), la mobilisation n'est pas près de retomber. Ils font comme si elle n'existait pas, parce qu'ils se sont persuadés que leur manière de voir était la seule envisageable. Moi, je veux bien, mais qu'on m'explique quelle est cette logique comptable qui va encore assécher le porte-monnaie des plus faibles ? Certes, le salaire moyen rassemble le plus grand nombre, mais quand on connaît la stagnation des salaires, les augmentations passées et surtout à venir, comment pourront-ils s'en sortir avec ce qui se prépare ? Oui, je sais les petits lits font les grandes rivières et c'est sûr que taxer 99% de la population ça rapporte gros. On dit déjà (ouh, les vilains oiseaux de mauvais augure !) que les prétentions d'économies ne seront qu'un feu de paille et largement insuffisantes.

Le grand chambellan semble être moins fermé que ceux en place pour quelque temps encore. Il a osé se démarquer, disant récemment que le bouclier et l'ISF n'étaient pas des sujets tabous (d'aucuns entendront par là qu'il n'est pas hostile à leur suppression, mais est-ce bien certains ?). Quand il ne sera plus au gouvernement, il n'aura pas le poids nécessaire pour que le seul bouclier soit mis à bas. Oh, certes, des voix se font entendre dans les rangs du parti royal, mais pour l'heure, ces protestations (peu nombreuses) n'ont encore rien donné. Alors...

Le débat est ouvert, mais un débat en vase clos, avec des consignes précises à ne pas outrepasser. Ca promet une forte houle, dedans comme dehors.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Réformes
commenter cet article
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 15:43

 

Le rocambolesque d'une vie mis au jour. Enfin, rocambolesque n'est pas le meilleur terme pour définir les embrouilles qui cernent l'affaire B/W. Eh oui, nouveau rebondissement. Le journal Le Point vient de mettre en ligne un article à propos de ces fameux mémos concernant la vieille dame à laquelle on destinait des notes afin qu'elle sache que répondre quand elle devait être interrogée. Un mémo de trois pages annoté de la main de la destinataire, est-il dit par Le Point. Apparemment cette note ressemblerait bien à une mise sous influence, ainsi que le prétendait la fille de cette dame. Les éclats successifs provoqués par les écoutes ont incité la justice à enquêter plus avant et à procéder à des fouilles poussées qui corroborent les dires des employés de la maison.

 

http://www.lepoint.fr/societe/affaire-bettencourt-la-note-secrete-qui-renforce-les-soupcons-03-10-2010-1244496_23.php

 

Reste à savoir qui, dans l'entourage immédiat, pouvait se permettre une telle attitude. La suite au prochain numéro vraisemblablement.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Enquêtes
commenter cet article
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 10:58

Je reproduis ci-dessous un article du journal Le Monde ( 28 septembre).

Titre

"Qui sont les sources des journalistes ?"

Qu'il se trouve dans un pays en guerre, au coeur d'une enquête judiciaire ou d'une investigation scientifique, le journaliste tire ses informations de sources. Il peut s'agir d'un haut fonctionnaire, d'un diplomate, d'un policier, d'un magistrat, d'un agent des impôts, d'un homme politique ou encore d'un citoyen ordinaire. Tout journaliste, pour écrire un article basé sur des faits recoupés, doit pouvoir s'appuyer sur plusieurs sources. Il va donc s'atteler à trouver des informateurs bien placés et crédibles. Au Monde, il existe une règle écrite : "L'existence d'une source ne suffit pas à valider une information. La critique des sources doit être une pratique constante". Les informateurs des journalistes n'ont pas de statut précis. Ils obéissent à plusieurs intérêts : soit que la divulgation d'une information fasse progresser une enquête ou empêche son blocage, soit qu'ils veuillent jouer une carte plus personnelle, soit qu'ils veuillent simplement que la transparence l'emporte. Le journaliste doit être conscient des motivations de ses sources et vérifier scrupuleusement les faits avancés. Au Monde, une source n'est jamais rémunérée.

Le rapport qui s'instaure entre une source et un journaliste est un rapport de confiance. Il arrive que la source risque sa carrière, ou sa vie. Au journaliste de savoir freiner les ardeurs de son informateur qui, parfois, va transgresser la loi pour l'aider. D'autant que le pouvoir a légalement le droit de chercher à identifier les auteurs des fuites. En revanche, il ne peut chercher à bloquer les investigations de la presse. La protection des sources n'est donc pas un privilège mais une obligation.

Les sources des journalistes sont parfois accusées de mille maux. Elles apparaissent comme le véritable cauchemar des décideurs, notamment après la plainte déposée lundi 20 septembre par Le Monde auprès du parquet de Paris, pour violation du secret de ses sources dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Pour le pouvoir, l'exercice est délicat : traquer les informateurs de la presse, c'est s'exposer à une violation de la loi du 4 janvier 2010. Celle-ci est claire :"Est considéré comme une atteinte indirecte au secret des sources (...) le fait de chercher à découvrir les sources d'un journaliste au moyen d'investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements poermettant d'identifier ces sources...".

Pour la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), qui définit la protection des sources journalistiques comme "l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse", "Toute personne fournissant des informations à un journaliste est considérée comme sa source". Elle précise : "Le droit pour les journalistes de protéger leurs sources fait partie de la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques".

Dans le cadre d'une affaire judiciaire, les informateurs sont souvent des enquêteurs. Tenus au secret professionnel, ils ne sont pas censés communiquer des détails du dossier judiciaire, encore moins des procès-verbaux d'auditions. Mais le journaliste, lui, n'est astreint à aucun secret. Il peut se procurer des documents confidentiels, des pièces de procédure, en faire état, sans que l'on puisse le lui reprocher. Il peut même les produire pour sa défense devant les tribunaux.

Souvent, les lecteurs lui font pourtant le reproche de publier des informations couvertes par le secret professionnel. Mais le reporter est là pour informer le public et dans les plus brefs délais, comme le reconnaît la CEDH : "L'information est un bien périssable, et en retarder la publication, même pour une brève période, risque fort de la priver de toute valeur et de tout intérêt". Et dans le cas des affaires d'Etat, il faut aller vite. En janvier 2008, Nicolas Sarkozy s'était montré clair : "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse. La loi du 4 janvier 2010 interdit de porter atteinte, directement ou indirectement, aux sources d'un journaliste. Mais comme aucune sanction n'est prévue, elle n'est pas dissuasive.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Législation
commenter cet article
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 15:49

La journée n'est pas finie que déjà on connaît les chiffres en provenance de la police. Marrant, non ? Bien évidemment, alors que des familles sont venues au grand complet manifester contre la réforme, que les jeunes se sont déplacés, que des travailleurs du privé se sont joints au cortège, le nombre de manifestants serait moindre que précédemment. A qui veut-on faire croire cela ? Comme d'habitude, il y a minoration, histoire de faire croire que tout le monde est content et soutient le gouvernement. Si un sondage (voir article précédent) paru dans un journal de droite dit que la cote de popularité de sa majesté est en chute libre (du jamais vu), qui croira les dires des assujettis au pouvoir ? Il ne faudrait pas prendre les citoyens pour des imbéciles car nombre d'entre eux peuvent témoigner que les rangs étaient serrés, que les rues bouchonnaient, que les slogans fusaient, bref, que la rue était possédée par ce peuple en colère qui refuse qu'on lui emballe sans peser une réforme qu'il juge inique. Bien sûr, ceux qui ne souffrent pas de la crise se sont bien gardé de suivre le mouvement populaire : ils n'ont pas besoin de réclamer quoi que ce soit puisqu'ils ont déjà tout et qu'ils sont les pourvoyeurs du pouvoir. Ils n'auront jamais à dormir sous un porche, à tendre la main, à faire la queue à la soupe populaire, à se demander de quoi leur lendemain sera fait. Encore que... Sait-on jamais...

Attendons-nous à une querelle de chiffres, on ne va quand pas changer nos sacro-saintes habitudes, non ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans actu
commenter cet article
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 13:20

 

Je crois que c'est la première fois qu'un président de cette république atteint un tel record d'impopularité. Le dernier sondage commandé par le Figaro annonce sans fioriture une cote à...


27%

  

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans fourre-tout
commenter cet article
30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 22:59
Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots
commenter cet article
27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 19:45

Je ne suis pas concierge, mais je tiens tout de même à évoquer une affaire qui défraye la chronique. Oui, vous avez compris, je parle de l'affaire B/W. Nouveau rebondissement avec la requête en provenance du procureur général qui demande la nomination d'un juge d'instruction. Seulement voilà, le proc de Nanterre tient à conserver ce dossier. Alors que tout le monde sait qu'il est proche du pouvoir et qu'en refusant de répondre par l'affirmative à la demande de celui qui est placé au-dessus de lui, il entrave la bonne marche de l'élucidation des liens qui unissent les deux en cause. Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais franchement n'est-ce pas là la preuve qu'il y a des pressions exercées en sous main afin que cette affaire qui ne cesse de s'étendre et de révéler les dessous de certains financements particuliers ne soit pas étalée sur la place publique ?

 

Où est l'indépendance de la justice si un procureur s'oppose à la logique inéluctable de la démarche judiciaire courante ? On ne fera jamais croire aux lambdas que ces freins ne cachent pas quelque chose de très louche, voire de carrément crapuleux. Non, il ne s'agit pas d'une fixation morbide pour démolir quelqu'un, mais bien d'une norme que l'on bafoue. Au nom de quoi un procureur général ne serait-il pas en droit de vouloir suivre la procédure classique afin de disposer de l'intégralité d'un dossier alors qu'il s'agit d'une affaire qui peut avoir des retentissements certains sur le devenir d'un pouvoir affaibli par les affaires et qui n'entend pas prêter le flanc à la critique ?

 

Tandis qu'on tente de protéger un système apparemment douteux, les parlementaires continuent de légiférer. Les salariés verraient leur retraite recalculée sans état d'âme de leur part et certains beaux messieurs seraient absouts de leurs turpitudes ? Est-ce encore supportable ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans critique
commenter cet article
26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 12:09

Une fois n'est pas coutume, je vous abonne à la littérature. J'ai trouvé ce texte ce matin. C'est de la science-fiction. Bonne lecture.

 

Sur cette planète fort lointaine dans la galaxie, les banquiers n’existaient pas encore. Quelques individus aux doigts acérés faisaient office d’usuriers. Encore qu’à cette époque, la monnaie ne représentait encore presque rien. On se contentait de faire du troc. Les habitants en petit nombre vivaient de manière chiche qui cultivant un jardin potager, qui fabriquant des ustensiles, faisant paître un troupeau, tissant du poil animal... L’entente était bon enfant.

Peu à peu la société archaïque se structura. Et se modernisa. Pour obtenir un bien, il fallut peu à peu céder une marchandise non plus par troc, mais contre cailloux plus ou moins gros. De la pierre, on passa au tissu, du tissu au métal. C'est là que les soucis commencèrent.

Au fil du temps, les techniques évoluèrent et prirent le pas sur le reste. Il n'était plus question de transactions d'échange à échange. Les usuriers devinrent les rouages essentiels de la société. Les taux étaient abusifs et plus d'un habitant se retrouva sur la paille. Quelques révoltes éclatèrent périodiquement, mais tout le pouvoir restait aux mains de ces êtres plus rusés que la moyenne qui s'enrichissaient sur le dos de leurs clients.
Vint une époque où les techniques atteignirent un degré tel qu'il fallut emprunter pour construire, fabriquer... Les usuriers réunis devinrent brutalement des banquiers. Les taux étaient variables, tantôt au plus bas, tantôt au plus haut. Les habitants dont le nombre avait crû en même temps que la santé s'améliorait, que les usines poussaient comme des champignons, que l'éducation se répandait, ne pouvaient plus se passer de ces quelques hommes détenant le pouvoir suprême : l'argent. Des métaux, on était passé au papier. Une invention géniale qui réduisait en apparence les écarts sociaux mais qui, en fait, les accentuait. Les plus malins parvinrent à se faire une place prépondérante, ils n'avaient plus maille à partir avec les banquiers, car bizarrement, c'étaient eux qui leur fournissaient l'argent.

Un jour, un liquide noir jaillit du sol. Tout aussitôt quelques familles importantes s'en emparèrent, l'exploitèrent. Toute l'économie tournait autour de ce liquide épais dont on tirait diverses applications : on se chauffait, on se déplaçait... Puis, avec les résidus, on imagina un nouveau produit : une matière surprenante dont on pouvait faire ce qu'on voulait. On créa des machines pour l'exploiter au maximum. Jusqu'au jour où un magnat rencontra un petit homme qui lui suggéra d'en faire des cartes de paiement. Aussitôt dit, aussitôt fait. On travailla ce produit, on inventa des machines qui le chauffaient, l'aplatissaient, le découpaient. De domaine exploratoire, on passa rapidement au domaine d'exploitation. Les banquiers jubilaient. Bientôt on n'aurait plus besoin d'imprimer des billets ni d'extraire des métaux pour frapper la monnaie. Leurs yeux en forme de dollars (une monnaie lointaine dont ils avaient entendu parler sans en avoir jamais vu) se mirent à briller. Toutes les supputations étaient permises. Ce service serait payant et emplirait davantage leurs poches déjà pleines à craquer. A peine l'idée émise qu'elle fut mise en application. Les banquiers, poussés par les magnats du liquide noir, n'étaient jamais à court d'imagination, ils eurent une illumination : et si on inventait des machines pour payer tout et n'importe quoi ? Ils embauchèrent des chercheurs peu regardants des implications que ce système induirait. D'étranges boîtes firent leur apparition, elles avalaient ce nouveau papier et le ressortaient dès l'opération accomplie. Rapidement, les drôles de boîtes avalèrent la rigidipapelle (c'était le nom de ce drôle de truc). Peu à peu, les habitants prirent l'habitude de se servir de cet nouveau papier.

Les habitants commençaient à regretter le bon vieux temps où ils allaient chez le boulanger, le boucher, l'épicier,... leur bourse bien remplie pendant à leur ceinture. Non seulement les frais prélevés par les banquiers écornaient leurs avoirs, mais les machines commettaient des erreurs. Elles étaient en effet fort capricieuses : tantôt elles obéissaient et défalquaient la somme voulue, tantôt elles s'interrompaient en cours d'opération et décomptaient deux fois le montant désiré. D'autres fois, la transaction était refusée, mais la somme était tout de même prélevée du compte de l'usager. Les habitants allèrent trouver leur banquier qui les écouta fort courtoisement, promit d'enquêter et les renvoya chez eux, rassurant. Hélas, les erreurs devinrent de plus en plus fréquentes et les habitants ne purent rentrer dans leurs fonds. Pendant qu'ils s'appauvrissaient, la santé financière des banquiers était florissante. Mais moins tout de même que celle des quelques magnats qui les avaient vampirisés dès l'apparition de ce produit miracle.

Très vite les habitants subirent le contrecoup de la disparition de la monnaie : qui ne pouvait plus régler le montant de son loyer, qui devait rogner sur les dépenses pour rembourser son emprunt... Les SL* firent leur apparition, devinrent de plus en en plus nombreux. Des associations charitables les prirent en charge. Mais vint un moment où leur nombre rendit nécessaire de créer des BA** et des LS*** en sollicitant la générosité des autres habitants. Le hic, c'était que les habitants ayant eux-mêmes encore un toit avaient de plus en plus de difficultés à survivre et devaient se saigner aux quatre veines pour nourrir leur famille. La misère grandit dans ce qui avait été vécu comme un pays de cocagne. Les habitants commençaient à comprendre que ce qu'ils avaient accepté comme un progrès n'était plus qu'une régression. Les ONB **** tiraient la sonnette d'alarme, alertaient les PP*****, mais rien ne bougeait. Ce n'étaient que promesses sur promesses, jamais suivies d'effets. Ou plutôt si : les PP semblaient écouter d'une oreille attentive, mais continuaient à s'en battre le cornet tout en prenant des mesurettes pour résorber cette précarité qu'elles n'avaient pas envisagée aussi répandue. Ce n'était pas leur problème. Elles, ce qu'elles voulaient, c'était conserver leur place car elle était lucrative. Elles dépendaient du bon vouloir des magnats par le truchement des banquiers, intermédiaires inévitables vu la structuration de la société. Elles n'allaient tout de même pas tuer la poule aux œufs d'or.

La suite de l'histoire ? Deux issues sont possibles :
a) la révolte gronde et les PP sont renversées.
b) Les PP se débarrassent de cette surpopulation encombrante.
__________________________________________________________________________

SL*         = Sans Logis
BA**       = Bonnes Actions
LS***      = Logements Sociaux
ONB**** = Organisation Non Bancaire
PP*****  = Poubelles Publiques

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Défouloir
commenter cet article

Présentation

  • : Le Mousquetaire des Mots
  • Le Mousquetaire des Mots
  • : Regard critique sur les mouvements du monde et impressions qui en découlent.
  • Contact

Recherche