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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 00:51

Voilà trois mois environ que cela a débuté et il  ne se passe pas de semaine sans qu'on aille de découvertes en découvertes, toutes plus croustillantes que les précédentes. Les révélations s'accumulent, les enquêtes se poursuivent et les journaux se font le relais de leurs indicateurs, répandant de l'encre sur nombre de pages qui alourdissent le dossier.

 

Hier, selon le journal Libération, le ministre de ce feuilleton qui n'en finit plus aurait  "préconisé un dégrèvement pour le patron de la  société française des casinos alors en redressement fiscal". Allégation fantaisiste, mensongère ?

 

C'est une véritable pétaudière que cette affaire qui défraie la chronique. Plus on avance dans le temps, plus l'étau semble se resserrer autour d'un ministre qui doit mettre en place une réforme contestée. Je le vois mal poursuivre en toute sérénité ce travail qu'on n'a pas voulu lui retirer malgré les soucis qui l'accablent et desservent tout le gouvernement. Il a jeté malgré lui le discrédit sur cette réforme dont personne ne veut en l'état. Et les syndicats hésitent désormais à le considérer comme l'interlocuteur privilégié. On peut dire qu'à lui seul il aura largement participé à l'orage qui se prépare et qui fera capoter cette réforme plus sûrement que toutes les autres affaires dont on a eu connaissance cette année.

 

La politique anti-roms hier, les actes de terrorisme susceptibles d'avoir lieu demain sur le territoire  n'étoufferont désormais plus rien car de sombres nuées ont envahi le ciel du palais.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 19:24

L'enjeu est de taille : faire flancher les décisions gouvernementales sur le report de l'âge de la retraite. Un enjeu qui vaut que l'on se batte. Et pour se battre, il fallait répondre à l'appel des syndicats ce 7 septembre 2010. La journée était soit ensoleillée soit pluvieuse. Paris baignait dans la lumière, le sud de la France était noyé sous une pluie torrentielle. S'il fallait tenir compte des intempéries chaque fois qu'il faut contrer des décisions inadaptées, c'est bien certain que rien ne bougerait.

Pendant que les parisiens défilaient quasiment sous les flonflons, le sud bataillait sous les parapluies. L'appel à la grève a été largement entendu : les manifestants étaient, selon le gouvernement, un million deux cents mille, selon les syndicats entre deux et trois millions. Peu importe cette éternelle dychotomie de pointage, le but poursuivi était de rassembler un maximum d'individus. Et ça venait de partout : pour une fois, public et privé se côtoyaient. Des gens de France-Télécom, d'Air-france, de Total,  des entreprises comme EDF mélangés aux profs et autres agents de la fonction publique. Du jamais vu. D'ailleurs les sondages récents montraient que plus de 70% des français jugeaient cette grève justifiée et la soutenaient. C'est dire si ce sujet des retraites rassemble toutes les franges de la population et que le consensus est large.

 

Cette fois-ci écoutera-t-il la rue ? Je dis la rue parce que l'on y descend de plus en plus nombreux non pour battre la semelle sur le pavé mais pour se faire entendre. Il a dit très tôt que le nombre de grévistes ne le ferait pas changer d'avis. Une réflexion pas bien fûtée qui démontre une fois de plus que la morgue est de mise et que le peuple est tenu pour quantité négligeable. Pourtant, il devrait bien mettre un sérieux bémol à son entêtement et prendre en considération le désespoir qui monte malgré lui jusque sous ses fenêtres. Attend-il que le bruit se fasse vacarme ? Que les vitres soient éclatées à jets de pierres ? Que des armes soient sorties des greniers ? Que des barricades se dressent aux carrefours ? Que le feu qui couve sous la cendre d'un pays en grande difficulté économique éclate en violences urbaines et révolutionnaires ?

L'enjeu est de taille. Pas seulement pour le peuple qui s'efforce de maintenir la tête hors de l'eau, mais également pour les générations à venir. Quant à lui, il devrait se dire que les retours de bâton se font toujours sentir quand on s'y attend le moins car les démons qu'il agite n'ont d'effrayant que le fait que c'est lui qui les ressort et que le peuple ne voudra pas être éternellement le dindon d'une farce misérable.

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 13:01

J'achète le Monde. J'ai donc lu la lettre de Tahar Ben Jelloun, écrivain. Je vous la transmets sans faire de commentaire, vous laissant ainsi la possibilité de vous faire une opinion par vous-mêmes.


Monsieur le Président,

J'ai la chance de bénéficier de deux nationalités. Je suis Marocain et Français depuis 1991.  Je suis heureux d'appartenir à deux pays, deux cultures, deux langues et je vis cela comme un enrichissement permanent. Depuis vos déclarations de Grenoble sur la possibilité de déchoir de la nationalité française une personne qui aurait commis un délit grave, je sens ma nationalité française quelque peu menacée, en tout cas fragilisée. Non que j'aie l'intention de tomber dans la délinquance et de troubler gravement l'ordre public, mais je vis cela comme une attaque du socle fondamental du pays, sa Constitution. Et cela, Monsieur le Président, n'est pas admissible dans une démocratie, un Etat de droit comme la France qui reste malgré tout le pays des droits de l'homme, pays qui a accueilli et sauvé des centaines de milliers d'exilés politiques tout au long du siècle dernier.

Vous avez déclaré en 2004, quand vous étiez ministre de l'intérieur qu' "à chaque délit, il doit y avoir une réponse ferme. Mais celle-ci ne peut varier selon que l'on est, sur sa carte d'identité, français ou non". Le président que vous êtes aujourd'hui contredit le ministre que vous avez été. Cela m'amène à réfléchir à la fonction qui est la vôtre et à répondre tardivement au débat qu'un de vos ministres a cru bon de lancer sur la scène publique à propos de l'identité nationale.

La nationalité est une part de l'identité. Elle peut être double, comme dans mon cas. Je ne me vois pas privé de l'une des deux. Je me sentirais diminué.

Par ailleurs, aucune société n'est raciste en soi. C'est stupide et injuste de dire que "la France est un pays raciste". La France, comme tant d'autres pays, est traversée par des tendances à l'exclusion et au racisme, parfois pour des raisons idéologiques et politiques, et d'autres fois pour des raisons de malaise social, de pauvreté et de peur. Faire l'amalgame entre insécurité et immigration est plus qu'une erreur, une faute.

Le rôle d'un dirigeant politique est de décourager, voire empêcher le développement de ces tendances. Un chef d'état ne doit pas réagir avec ses humeurs et ses tripes. Au contraire, il n'est pas un citoyen qui peut se permettre de dire n'importe quoi. C'est quelqu'un qui doit peser ses mots et mesurer les conséquences qu'ils peuvent générer. L'Histoire enregistre ses déclarations, les bonnes et les mauvaises, les justes et les malvenues. Votre quinquennat sera certainement marqué par quelques unes de vos bavures langagières. N'importe quel homme insulté a le droit de réagir. Pas un chef d'état. Non pas qu'on soit autorisé à vous manquer de respect, mais vous devez vous situer au-delà du niveau du citoyen moyen. Vous êtes un symbole, porteur d'une fonction noble et exceptionnelle. Pour habiter cette fonction, pour consolider cette ambition, il faut savoir prendre de la hauteur et ne pas coller aux faits au point d'oublier qu'on est un citoyen d'exception.

Qu'il soit issu d'un parti défendant des valeurs de droite ou de gauche, le chef de l'étaa, parce qu'il est élu au suffrage universel, doit être le président de tous les Français, y compris des Français d'origine étrangère même quand le malheur casse leur destin ou les prédispose à une précarité pathogène. Or, vos récentes déclarations, dénoncées par un éditorial du New York Times et par des personnalités aussi importantes que Robert Badinter, sont le signe d'un dérapage qui, peut-être vous apporterait en 2012 certaines voix du Front National, mais vous place dans une situation difficilement défendable.

 

Monsieur le Président, je comprends votre souci sécuritaire. Vous ne trouverez personne pour défendre des voyous qui tirent sur des agents de la police et de la gendarmerie. La justice est là pour donner "une réponse ferme" à ces délits ; Ils doivent être jugés sans que leur origine, leur religion ou leur couleur de peau soient prises en compte, sinon on tomberait dans l'apartheid. Mais la répression ne suffit pas. Il faudra aller aux racines du mal et assainir de ma nère définitive la situation dramatique des banlieues.

Il est plus facile de susciter la méfiance, voire la haine de l'étranger, que le respect mutuel. Un chef d'état n'est pas un policier au statut amélioré. C'est un magistrat, le plus haut placé, donc celui devant être irréprochable dans sa conduite et dans ses paroles. Il est le garant de la justice et de l'Etat de droit. Quand, Monsieur le Président, vous promettez la déchéance de la nationalité aux délinquants d'origine étrangère qui porteraient atteinte à la vie d'un policier ou d'un gendarme, vous tenez un discours que la Constitution réfute. C'est une parole en l'air, car vous savez pertinemment que l'application d'une telle loi, si elle était votée, créerait plus de problèmes qu'elle n'en résoudrait. Ce n'était pas à vous de lancer cette menace.

Monsieur le Président, vous n'êtes pas sans savoir ce que l'ONG Transparence France a écrit dans son dernier rapport. Au cas où cela vous aurait échappé, je vous cite une de ses conclusions : "La France continue de véhiculer une image relativement dégradée de sa classe politique et de son administration publique". La France est par ailleurs classée au 24è rang sur 180 pays en ce qui concerne la corruption.

La crise économique n'est pas une excuse. La crise morale est un fait. Il revient à vous, Monsieur le Président, de rétablir l'image de la France dans ce qu'elle a de plus beau, d'enviable et d'universel, à savoir son statut de pays des droits de l'homme, pays de la solidarité et de la fraternité proclamées, terre généreuse, riche de ses différences, riche de ses couleurs et de ses épices, prouvant entre autre que l'islam est tout à fait compatible avec la démocratie et la laïcité. Pour cela, Monsieur le Président, effacez, je vous prie, de votre discours les idées malheureuses qu'un parti d'extrême droite diffuse dans le but de fermer ce pays sur lui-même, de l'isoler et de trahir ses valeurs fondamentales.

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 11:36

 

Il y a deux jours, Le figaro publiait un sondage qui disait que la cote de sa majesté était remontée de 4 points. Aujourd'hui, je lis ailleurs qu'un autre sondage annonce qu'il dégringole dans les sondages. Que croire ?

On dirait bien du poker menteur...

 

Ils devraient cesser une bonne fois pour toutes d'établir des sondages à tout propos. C'est comme si on prenait la température de son gosse chaque matin pour savoir s'il doit aller à l'école...

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 19:58

 

A force de fouiner, on trouve. Apparemment les dernières révélations ne permettent plus au ministre mis en cause de tenter de se faire passer pour un martyr. Comme on le dit chez moi, il n'y a jamais de fumée sans feu. Et là, le feu, il l'a aux trousses. Le voilà obligé de reconnaître qu'il est bien intervenu dans l'affaire de la légion d'honneur de PdM. La belle affaire, me direz-vous. Il semblait tellement droit dans ses bottes, il parlait tellement de lynchage médiatique qu'on était prêts à lui accorder notre bénédiction et même jusqu'à maudire ces vilains croquants de journalistes de le prendre pour cible, de lui en vouloir personnellement et de vouloir le descendre en flèche. Et vlan, voilà la preuve qui vient troubler sa défense. Coincé de coincé. Obligé d'avouer, contrairement à tout ce qu'il affirmait auparavant, qu'il y était pour quelque chose. Dommage pour lui !  Cette lapidation médiatique qu'il dénonçait avec de tels accents de vérité nous auront émus jusqu'aux larmes au point qu'on était prêts à lui accorder le bon dieu sans confession et à maudire ces journaleux qui n'avaient de cesse de le traquer et démolir sa réputation d'homme intègre.

Un flop énorme, un scoop sans pareille, une vérité toute nue. Qui aimerait se voir ainsi descendu de belle manière, preuves à l'appui ? Personne bien évidemment ! Grillé de grillé. Mais pourquoi n'a-t-il pas remis sa démission pendant qu'il en était encore temps ? Il n'avait pas (mais était-ce bien lui ?) compté sans la tenacité des enquêteurs de l'ombre, qui ont la main longue et les indics indispensables. Voilà donc un homme défait qui ne peut plus qu'avouer qu'il a trempé la main dans un bain nauséabond. Tout lui retombe dessus malgré lui, malgré ses dénégations et ses tentatives d'émouvoir par le truchement de l'acharnement dont il semblait être la cible gratuite.  C'est bien triste car il s'agit avant tout d'un homme. Mais d'un homme politique, et c'est là où le bât blesse : le citoyen lambda attend des politiques qu'ils soient d'honnêtes hommes.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 23:09

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Giher, il est temps de le faire. Notamment par le truchement de cet article qu'il a mis en ligne il y a quelques jours. L'article n'est pas de lui, mais d'un universitaire qui a longuement réfléchi et qui donne toutes les clés pour comprendre comment, en quelques années, l'idée de république a subi des mutations regrettables. A vous de vous plonger dans ce "récit" qui démythifie la stratégie de la parole, et donc du concept. C'est extrêmement intéressant de constater que la pensée de cet intellectuel rejoint celle du citoyen lambda qui, s'il ne sait pas exprimer avec justesse ce qu'il ressent, ni trouver les mots qui colleraient à sa propre vision, n'en a pas moins de mérite puisque tous deux pensent exactement de la même manière.

 

http://giher.over-blog.com/article-s-docteur-knock-de-la-securitearkozy-56010630.html

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 00:58

Non, ce n'est pas la dèche, je m'en tire plutôt bien. C'est du côté des nouvelles, ça sent son recuit. Je viens d'éplucher quelques journaux ou sites et de quoi parle-ton ? De ce dont on parlait le mois dernier.

J'apprends donc que l'ordre des médecins s'inquiète des toubibs qui cajolent la première milliarde du royaume et suspecte des choses pas très catholiques quant à la santé mentale de la vieille dame, que le roi n'a plus la cote, qu'il dévisse dans les sondages à défaut de le faire en montagne, qu'une nouvelle garde à vue guette PdM, que le juge de Nanterre va sans doute entendre à nouveau le ministre dans le cadre de l'affaire B/W et que la comptable a de nouveau été auditionnée dans les locaux de la police.

Autant dire tout de suite que le feuilleton risque de réserver quelques épisodes surprenants et que le feu  (dans feuilleton, il y a bien feu) qui a embrasé juillet est loin d'être éteint malgré les canadairs greneblois d'abord, puis étrangers.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 16:12

 

Les infos vont et viennent. A peine a-t-on le temps de les lire que déjà d'autres prennent le pas. Donc, selon une habitude pas encore tout à fait au point, je vous livre dans le désordre ce que je viens de lire ces jours derniers.

 

Le canard enchaîné prétend que la demande de la légion de PdM daterait de 2007 et il sussurre que ce serait sa majesté qui en aurait soufflé l'idée alors qu'il n'était pas encore couronné.

 

Sa majesté vient de décider de ne pas retirer la niche des APL et du foyer fiscal concernant les étudiants. Apparemment, les protestations ont été nombreuses et donc, pour une fois, entendues.

 

L'évêque des évêques de France maintient tout ce qu'il dit et ne lâche pas prise. Pour lui, la "mise en pratique de la loi n'est pas toujours morale". Il considère que la politique anti-roms est malsaine. Il devrait rencontrer le ministre de l'intérieur.

 

Jacques Lang, professeur spécialisé en droit international, deviendrait conseiller juridique à l'ONU et trouver comment juger les pirates qui sévissent aux abords de la Somalie.

 

Alain Minc prétend que le pape n'a pas droit à la parole car il était lié aux nazis. Donc complice de l'extermination des tziganes. C Boutin exige qu'il présente des excuses à Benoît XVI.

 

Le vaccin de la H1N1 aurait entraîné des cas de narcolepsie (envie irrépressible de dormir).

 

La droite est divisée sur la politique sécuritaire : il y a les pros et les anti. Evidemment, ce sont  les plus à droite qui prétendent qu'il s'agit là d'une cabale anti-présidentielle.

 

Il se raconte que JMLP préfèrerait voir des vaches plutôt que des arabes. Comme boutade (dixit Gollnisch), il aurait pu trouver mieux. On ne le refera pas.


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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 22:20

 

Le Monde  du 24 août reçoit trois invités dans ses colonnes. D2V, LJ et RD. Trois visions qu'il faut étudier à la loupe. La différence essentielle entre ces trois articles réside dans le fait que l'un des trois n'a jamais brigué de mandat électif alors que les deux autres, en revanche, ont franchi le pas avec aisance. Soit par conviction, soit par intérêt (mais le débat n'est pas là).

Lorsque je lis, je me fie généralement à ma première lecture. C'est donc mon instinct qui me dicte mon impression. Je n'en reste pas là car je peux me tromper. Alors je me penche à nouveau sur ce que j'ai lu, afin de mieux comprendre mon adhésion ou mon rejet. Rien de tel que l'éclairage linguistique pour confirmer ou infirmer mes impressions.

 

Trois opinions selon la sensibilité de chacun.

 

Se taire, c'est déjà être complice. Voilà un concept auquel je suis particulièrement sensible car il reflète ma pensée profonde. A lui seul il appelle à se poser des questions. Quand, bien sûr, on n'appartient pas au rang des extrémistes.  La phrase est simple, directe. Un peu plus loin, il écrit qu'il s'agit d'une dérive inacceptable, puis la rupture entre entre le sommet de l'état et la nation est en marche. vous direz qu'il y a là de la grandiloquence. Pas du tout. Ce ne sont que des constats, d'autant que la politique actuelle ne propose rien d'autre que de faire effectivement de nous ses complices. Ce n'est pas nous qui avons décidé de stigmatiser les Roms, de démanteler leurs camps, de les renvoyer dans leur pays d'origine, de les assimiler à la délinquance. On nous l'a imposée et pour le coup, malgré nous, nous sommes tous devenus des racistes primaires. Merci pour cette étiquette qu'on nous colle et dont l'opprobe rejaillit sur nous tous, sans distinction. Ce "devoir de refus" (sic) en appelle à notre morale, à l'esprit républicain, à notre fière devise. Il nous ramène à ce que nous sommes, pour la plupart d'entre nous, à la réalité du pays des Droits de l'Homme. C'est un appel au rassemblement sous les vraies couleurs de notre drapeau, symbole de notre unité. Car il s'agit là de faute morale, faute collective commise en notre nom (autrement dit, sans nous demander notre avis).

 

Le deuxième rédacteur défend tout d'abord le bilan de son gouvernement. Il reconnaît qu'il n'est pas parvenu à endiguer la violence et à ramener les banlieues dans les limites du raisonnable. Il n'en fait pas moins l'apologie de sa propre politique de sécurité. Il n'a pas tout à fait tort car des efforts avaient été consentis, notamment avec la police de proximité que l'actuel gouvernement s'est empressé de supprimer. Il n' a pas tort non plus quand quand il pose cette question : Pour le pouvoir,... l'objectif est-il moins de réduire l'insécurité que de l'exploiter ? En cela, et avec d'autres mots, il rejoint le premier rédacteur : il existe en effet plusieurs manières de dire des vérités. Et de conclure : La stratégie de la tension est dangereuse pour le pays. Contrairement au précédent article, il n'appelle pas au rassemblement et à la renaissance de l'esprit civique. Dommage car il est aveuglé par son esprit partisan et ne fait aucune proposition que je puisse retenir.

 

Le troisième rédacteur (une femme) est également animé par l'esprit partisan. Et c'est bien regrettable. Elle se contente surtout de tâcler l'opposition engluée  dans un conservatisme et des tabous idéologiques d'un autre âge. Et de citer des pays européens dont la politique est tout autre que la nôtre car ils savent endiguer et contrôler l'immigration.Seul ce gouvernement aurait pris la question à bras le corps, malgré des dérives, et ce ne seraient pas les propositions qui seraient malsaines, mais le débat qui s'en est suivi. Elle regrette que certains aient pu se laisser à un amalgame entre immigration et délinquance. Etrange phrase qui semble accuser son propre parti, mais sans le dénoncer vraiment. Je note qu'à la fin elle conclut en rappelant les méfaits du PS qui, selon elle, aurait vu partir les vrais défenseurs de la République.

 

Lorsqu'un sujet aussi périlleux que celui lancé quant à la délinquance des immigrés et que le discours est suivi d'effets immédiats, je rappelle que le débat devrait s'élever au-dessus de la mêlée, faire fi de tout esprit partisan. Apparemment, ceux qui prétendent donner des leçons sont quelquefois bien mal placés puisqu'ils ne peuvent s'empêcher d'écornifler leurs adversaires. Ils se rabaissent, hélas, au rang des promoteurs des idées toutes faites.

 

 

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 10:03

 

C'est bien beau de donner dans le tout sécuritaire, mais ce n'est pas la meilleure des politiques. A preuve les curés qui s'en mêlent et ne veulent plus de leur médaille, jusqu'au Pape qui y va de son mot (et là, il fait bien). On déserte donc le parti et les décorations. Et voilà qu'un humanitaire ne veut plus qu'on lui accorde la légion d'honneur. Pourtant, elle la mérite bien. Voilà trente ans qu'elle travaille pour médecins du monde. C'est dire si elle en a vu des horreurs, des camps de déplacés, de la misère, des enfants qui crèvent de faim, des conditions de vie déplorables...

 

Encore un pavé dans la mare qui éclabousse le pouvoir suprême car cette toubib refuse d'être associée à une politique telle que celle qu'on met actuellement en place, d'abord au détriment des Roms, auxquels on fait porter le chapeau de l'insécurité, et par la suite à celui de toutes les communautés minoritaires ou considérées comme telles. Cette répression grandissante va jusqu'à faire fuir les électeurs catholiques dont les valeurs ne peuvent admettre qu'on en soit là.

 

Ce n'est que le début d'une longue série de déboires car le dégoût de ceux qui manifestent ainsi leur désapprobation s'étend, fait tache d'huile et surtout se dévoile publiquement.

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