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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 22:12

 

Les manifs tournent au vinaigre. Le dispositif policier semble inefficace car il se laisse très vite déborder par des bandes de casseurs qui, après avoir commis leurs méfaits, s'échappent à toute vitesse. Ils se perdent dans le dédale des rues adjacentes pour revenir un peu plus loin et poursuivre les dégradations qu'ils sont venus perpétrer.

La police reconnaît que les casseurs ne sont pas des manifestants, mais des bandes attirées par l'aubaine suscitée par les protestations lycéennes, étudiantes et salariales. Des vidéos circulent montrant les exactions de ces individus encagoulés. Autant dire tout de suite que ces jeunes venus on ne sait d'où n'ont rejoint les rangs des manifs que pour se livrer à la casse et au pillage.

Ces violences ressemblent furieusement à des guerillas urbaines. Et ce ne sont pas elles qui apporteront de la crédibilité aux slogans vibrants émis par les manifestants. Bien au contraire. Il va de soi qu'il ne s'agit plus que de cela dans les médias et non de ce que représentent ces défilés successifs. Comme si ces individus n'attendaient que cette occasion pour dévaster une société qui leur déplaît, à moins qu'ils ne croient qu'ils peuvent tout se permettre justement parce que ces manifs sont syndicalement organisées et qu'ainsi ils échapperont à la justice. C'est tellement facile de se fondre dans la foule, de passer inaperçu. Sauf qu'ils éprouvent le besoin de masquer leurs visages et qu'ils viennent armés de barres de fer. Pour casser de vitrines, et éventuellement du flic. Ce qui est avéré, et là, pas besoin d'être grand clerc, c'est bien pour foutre la merde qu'ils saisissent toutes les occasions pour se livrer à la violence. Une manière comme une autre de cracher à la face du pouvoir en place, à moins qu'ils ne s'agisse tout bêtement de cracher à la face des manifestants, de leur manifester le mépris qu'ils éprouvent à leur endroit. Ce qui laisserait alors supposer qu'il s'agit d'individus affiliés à l'extrême droite, violents par nature, ayant besoin de saccager pour se sentir supérieurs. Notre société est vraiment malade d'elle-même puisqu'elle est capable d'engendrer d'aussi sinistres personnages. C'est bien la preuve que même sans la crise ils agiraient de la même manière. Il faut dire que tout est fait pour exacerber les plus bas instincts. A qui profite le crime ?

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 18:44

 

Quelle sera la prochaine carpette ? Telle est la question en suspens. Oui, vous le savez bien, on ne parle que de ça, quel sera le prochain premier ministre ? Tout le monde y va de sa théorie. Mais personne ne sait quel sera le remaniement. Il faut bien parler de quelque chose d'autre de ce qu'il se passe en ce moment. Ca occupe les esprits des experts en décryptologie des arcanes du pouvoir et chacun a sa théorie. Elles valent ce qu'elles valent. Point barre. Celui qui a lancé l'idée, toujours le même, savait bien que ces experts se pencheraient sur la question et iraient de leurs commentaires. C'est réussi. Comme comm, il y a mieux. Souffler le chaud et le froid, c'est une technique qui a montré depuis longtemps ses limites. Apparemment, le premier personnage de l'état n'a pas encore compris que le souci majeur de la population était ailleurs. Normal, contrairement à ce qu'il affiche, les inquiétudes nées de ses réformes qui se déclinent sans aucune concertation et qui défilent les unes après les autres sont effectivement ce qu'ils redoutent le plus. L'assujettissement à la mondialisation et à ses effets pervers sur la vie quotidienne crée un climat délétère qui n'est pas fait pour se réjouir du devenir promis par cette politique de démantèlement des valeurs auxquelles les gens sont attachés. Alors, un remaniement ministériel programmé avec six mois d'avance et reporté au gré de sa fantaisie (qui consiste seulement à ce que sa loi sur la réforme des retraites soit votée comme un seul homme, malgré ses détracteurs, malgré les cris du peuple et des contre-propositions intéressantes), voilà ce qui n'intéresse personne sauf ces experts auto-proclamés. La réponse est claire ; quel que soit le prochain premier chambellan, comme tout est saucissonné par avance, ce sera du pareil au même.

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 08:32

Tout le monde ne peut poursuivre des études car personne n'a le même potentiel intellectuel que l'autre. C'est un leurre absolu que de prétendre que tous les jeunes doivent avoir le bac. cCest grâce à cette mesure imbécile que les petits métiers ont disparu de notre paysage. Tout ça pour masquer les courbes ascendantes du chômage. Et ce n'est pas le gouvernement actuel qui a provoqué cette catastrophe nationale. Cela remonte bien plus loin. Ceci posé, il porte la responsabilité de la continuité du système inauguré par ses prédécesseurs.

Qui de vous dispose près de chez lui d'un véritable cordonnier ? d'un bourrelier ? d'un serrurier ? Là où j'habite, il n'y en a plus. Depuis quelques décennies, que ce soit pour ressemeler les godasses, refaire un trousseau de clefs, graver une plaque de boîte aux lettres, je me rends dans un estancot à tout faire. Même chose pour faire imprimer des faire-part. C'est éminemment regrettable car mes semelles ne résistent pas longtemps, se décollent, se trouent et mes godillots finissent misérablement à force de marcher. Quand je refais des clefs, je fais des allers et retours innombrables parce qu'elles n'entrent pas dans la serrure et pour peu qu'elles consentent à y pénétrer, je ne peux les tourner, ouvrir  ou fermer.  Les plaques ne se font plus en cuivre, mais en plastique. Nettement moins esthétique et plus cher. Bref, la galère.

Il n'est pas jusqu'au pain qui soit vraiment traditionnel : la pâte est livrée surgelée. Beurk ! Le pain est devenu une denrée chère. Malgré le coût prohibitif, il n'a plus cette qualité d'antan. Il sèche dans la journée, n'a pas de corps, et sa saveur est triste. Or, quand on aime le pain, on le désire savoureux. Quel désaveu de la bonne bouffe que ce pain industriel, aliment sans lequel un repas ne ressemble plus à ceux de mon enfance...

 

Ce que je veux ? C'est qu'on cesse d'amener les générations à perdre leur âme. Nous avons tous besoin de ces commerces, non pas où l'on trouve de tout (et le plus souvent tout et n'importe quoi), mais où l'on est accueilli par un véritable professionnel, qui a la passion de son métier, qui travaille avec cet amour du beau et du bien fait qui satisfait le client. Une relation personnalisée vaut davantage que ces échanges automatiques aux caisses des grandes surfaces (pour l'instant il en reste encore, mais la modernité les remplacera bientôt - c'est déjà présent dans certaines chaînes de magasins - par des caisses automatiques). Les nouvelles technologies détruisent peu à peu tous les métiers. Les chaînes rendent incontestablement le travail plus productif (construction automobile par exemple), mais c'est au détriment de l'emploi. Les de plus en plus rares employés sont assujettis à la mécanique de systèmes robotisés. Nouvelle forme d'esclavage qui ne dit pas son nom. Jusqu'au jour où il suffira d'un seul homme pour piloter une usine entière via un ordinateur.

 

Je ne suis pas contre le progrès, mais contre la mécanisation à outrance qui réduit la population à n'avoir plus de possibilités de travail. Je ne suis pas pour la décroissance, mais pour une juste répartition du travail. Notre société nous a fait oublier l'essentiel : l'homme, pour vivre, doit se nourrir. Pour se nourrir, il a besoin d'occuper un emploi. Si on continue à lui ôter toute chance de se caser dans un métier ou un autre, alors, c'en est fini de lui. Est-ce cela que l'on veut ?

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:52

Un beau jour d'automne que cette journée. Un ciel un peu chargé mais pas d'averse ou de crachin pour perturber les défilés. Quelques timides rayons de soleil pour éclairer la colère des manifestants. Une belle journée donc.

Ils étaient nombreux, en rangs serrés, massés comme à leur habitude, attendant le départ de leur cortège. Toujours le même rituel : tout le monde se rend au point de rassemblement, la foule grossit à vue d'oeil, et il faut du temps pour démarrer. Quand le cortège s'ébranle enfin, le temps semble ralentir, tout le monde piaffe d'impatience. Il y a de quoi puisque les premiers arrivent sur la place que les derniers sont encore à s'échauffer en tapant du pied.

Les banderoles s'étalent à longueur de rangs, les slogans fusent des poitrines dans un même élan, montent, enflent et se répètent tout au long des rangées. Quelques uns ont des porte-voix, afin qu'on les entende et que soient repris en choeur les mêmes phrases blasphématoires (pour ceux qui ne partagent pas leurs opinions). Les syndicalistes mènent la sarabande, en tête de cette foule compacte, hétéroclite et homogène à la fois. Des élus, le poitrail ceint de l'écharpe tricolore, attendent leur passage, applaudissent en repérant les banderoles les plus affûtées. Leur soutien est inconditionnel, surtout lorsqu'ils sont dans l'opposition. Les autres, appartenant au parti majoritaire, brillent par leur absence à peine remarquée tant l'animation de la manif est grande.

La jeunesse est là, bien en place, déterminée à montrer qu'elle n'est pas d'accord avec la politique qui la laisse sur le bord du chemin. Elle réclame du travail, exigeante, sûre d'elle. Elle ne rit pas cette jeunesse, malgré les fanfares, les tambours, les banderoles agressives. Elle ne veut pas de cet avenir bouché par des élus qui n'ont rien compris et qui s'entêtent à lui fermer la porte de la professionnalité et, pis encore, une retraite paisible. Elle sait que si elle se tait, c'en est fini d'un futur joyeux et qu'elle devra jusqu'au dernier souffle s'échiner pour un salaire pitoyable.

La manif s'étend au long des avenues, boulevards, cours, rues, ponts. Le bruit est intense. Ici et là, on aperçoit des uniformes qui encadrent et surtout repèrent. Si jamais il y avait des débordements... On ne sait jamais, mieux vaut prévoir des échauffourées... Casques et boucliers, bottes et matraques scandent cette marche protestataire. Oh certes ils se font discrets, mais déjà par le passé, on les a vus s'ébranler en marge de la manifestation et contraindre par la force quelques individus qui n'avaient rien fait d'autre que de se mêler aux contestataires.

 

La foule est immense. Et pourtant, quand les JT parlent de cette journée, si l'état consent à augmenter le nombre de manifestants pour cette énième protestation, le chiffre annoncé ne correspond toujours pas à l'ampleur de ce nouveau rassemblement. Pour lui, un  tiers seulement sera reconnu. C'est tellement facile de minimiser la bronca qui saisit le peuple auquel on veut faire avaler une réforme indigeste. Et le plus indigeste, c'est ce mépris affiché envers ceux qui se battent pour que la jeunesse arrive sur le marché du travail sans avoir à passer par la case Pôle Emploi, pour qu'elle accède au monde du travail sans attendre et qu'à l'âge normal elle puisse jouir d'un repos bien mérité. Mais ça, l'état ne le voit pas, ne veut pas le voir et encore moins le comprendre.

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:11

 

Je ne sais pas ce qu'en pensera l'Europe, ou le Vatican, ou l'Onu, mais s'ils apprennent l'existence du fichier MENS (traduisez Minorités Ethniques Non Sédentarisés), les rodomontades ne suffiront pas à apaiser leur ire contre notre cher pays.

Ce fichier qui, très clairement, concerne les itinérants que sont les Roms, n'a pas été déclaré ni à la CNIL, ni à La Halde. Des associations se chargent de les informer apprend-on, et donc de porter plainte contre un tel fichier.

Est-on au bout de nos découvertes ou bien nous faudra-t-il encore ravaler notre salive, nous abreuver de la lie de ce fond de tonneau abandonné dans un coin d'une cave sordide ? Quand saura-t-on qu'enfin cette démocratie dont nous nous réclamons n'est plus foulée aux pieds parce qu'elle dérange l'hégémonie d'une certaine pensée ?

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:02

Y'a de la brouille, voilà que certains députés réclament la suppression du bouclier fiscal. Ni plus ni moins. Ils seraient environ 80 à réclamer cette disparition ainsi que celle de l'ISF. Ils sont un peu plus de 300 à circuler dans l'ombre du pouvoir. Voilà donc environ un bon quart de cette majorité à oser défier le pouvoir central. Et l'amendement déposé en ce sens est accompagné de ce que l'on pourrait appeler une menace à peine déguisée, à savoir que la liste des requérants ne pouvait que grossir.

Ils rejoignent ainsi les députés du Nouveau Centre qui, bien avant eux, avaient prêché dans le désert pour qu'une telle mesure soit à l'ordre du jour et surtout mise en pratique. 1 + 1 étant toujours égal à 2, entre ceux de l'UMP, ceux du NC et ceux de l'opposition, si l'on ajoute les potentiels séditieux de la majorité, ledit bouclier sera envoyé aux oubliettes dans le budget de 2011. Il se dit d'ailleurs qu'on en discuterait entre membres du gouvernement. Sans doute est-ce pour cela que le grand chambellan a osé dire que le sujet n'était pas tabou.

Attendons et nous verrons.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 11:30

Il ne peut pas s'en empêcher, il vient encore de lancer un nouveau chantier. Dans le cadre de je ne sais plus quel G, numéroté. Voilà sa nouvelle proposition : la création d'un nouvel ordre monétaire mondial. Ah la belle idée !

Enfin voyons, il faut bien qu'il poursuive la chasse de ces mécréants qui encaissent des dividendes en mettant tout le monde sur la paille. Ah la crise... ! Elle a eu le bon goût d'éclater sous sa présidence. Il peut en jouer autant qu'il le veut. Et comme il n'est jamais à court d'idées révolutionnaires, il tempête (dans un verre d'eau) à qui mieux-mieux et à qui veut l'entendre qu'il faut réformer le système bancaire, qu'il faut réguler les marchés. Parce qu'il en va de l'économie mondiale. Si tout s'écroule, c'en est fini pour les riches comme pour les pauvres. Il faut donc agir. Et agir, c'est agiter le chiffon rouge devant le taureau furieux afin de lui planter profond les banderilles et parvenir à l'estocade.

L'idée est excellente, mais suffit-il d'une idée pour que les choses bougent ? Certainement pas. Au-delà de cette déclaration tonitruante, qu'a-t-il à proposer de concret ? Bien évidemment, je ne suis pas dans la confidence, mais je me doute que ces éclats habituels ne sont que rodomontades inutiles. L'ultra-libéralisme n'est pas encore prêt à rendre l'âme : il tient la dragée haute à tout le monde. Et il y a fort à parier que ceux des marchés ne se laisseront pas faire : ils ont pris l'habitude de tenir les cordons de la bourse et donc le pouvoir réel. On peut d'ores et déjà assurer que cette nouvelle déclaration guerrière restera ce qu'elle est : une déclaration. Une de plus. Punto finale.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 11:10

Le débat sur la réforme des retraites débute au sénat. Hier, le ministre du travail s'est voulu rassurant. Il aurait l'esprit ouvert et serait prêt à céder sur quelques points (pénibilité, carrières longues, femmes...) mais surtout pas sur le report de deux ans entériné par l'assemblée. Tout serait-il donc dit ?

Vraisemblablement non, puisqu'en même temps qu'il affiche une sérénité qu'il est loin de ressentir (il est miné par l'affaire), il y a comme une menace dans ses propos. Assortir ses paroles de la condition que l'opposition ne fasse pas obstruction n'est pas ce que j'appelle un ton engageant. S'il n'y a pas obstruction, il y aura concertation pendant deux ou trois semaines. Même si son collègue Georges dit que deux semaines seront suffisantes.

Ils me font rire : ils se disent ouverts, mais ils ont déjà fermé toutes les portes. Leur manque patent de pédagogie a fait monter la sauce. Et comme tout le monde est inquiet (à juste titre), la mobilisation n'est pas près de retomber. Ils font comme si elle n'existait pas, parce qu'ils se sont persuadés que leur manière de voir était la seule envisageable. Moi, je veux bien, mais qu'on m'explique quelle est cette logique comptable qui va encore assécher le porte-monnaie des plus faibles ? Certes, le salaire moyen rassemble le plus grand nombre, mais quand on connaît la stagnation des salaires, les augmentations passées et surtout à venir, comment pourront-ils s'en sortir avec ce qui se prépare ? Oui, je sais les petits lits font les grandes rivières et c'est sûr que taxer 99% de la population ça rapporte gros. On dit déjà (ouh, les vilains oiseaux de mauvais augure !) que les prétentions d'économies ne seront qu'un feu de paille et largement insuffisantes.

Le grand chambellan semble être moins fermé que ceux en place pour quelque temps encore. Il a osé se démarquer, disant récemment que le bouclier et l'ISF n'étaient pas des sujets tabous (d'aucuns entendront par là qu'il n'est pas hostile à leur suppression, mais est-ce bien certains ?). Quand il ne sera plus au gouvernement, il n'aura pas le poids nécessaire pour que le seul bouclier soit mis à bas. Oh, certes, des voix se font entendre dans les rangs du parti royal, mais pour l'heure, ces protestations (peu nombreuses) n'ont encore rien donné. Alors...

Le débat est ouvert, mais un débat en vase clos, avec des consignes précises à ne pas outrepasser. Ca promet une forte houle, dedans comme dehors.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 15:43

 

Le rocambolesque d'une vie mis au jour. Enfin, rocambolesque n'est pas le meilleur terme pour définir les embrouilles qui cernent l'affaire B/W. Eh oui, nouveau rebondissement. Le journal Le Point vient de mettre en ligne un article à propos de ces fameux mémos concernant la vieille dame à laquelle on destinait des notes afin qu'elle sache que répondre quand elle devait être interrogée. Un mémo de trois pages annoté de la main de la destinataire, est-il dit par Le Point. Apparemment cette note ressemblerait bien à une mise sous influence, ainsi que le prétendait la fille de cette dame. Les éclats successifs provoqués par les écoutes ont incité la justice à enquêter plus avant et à procéder à des fouilles poussées qui corroborent les dires des employés de la maison.

 

http://www.lepoint.fr/societe/affaire-bettencourt-la-note-secrete-qui-renforce-les-soupcons-03-10-2010-1244496_23.php

 

Reste à savoir qui, dans l'entourage immédiat, pouvait se permettre une telle attitude. La suite au prochain numéro vraisemblablement.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 10:58

Je reproduis ci-dessous un article du journal Le Monde ( 28 septembre).

Titre

"Qui sont les sources des journalistes ?"

Qu'il se trouve dans un pays en guerre, au coeur d'une enquête judiciaire ou d'une investigation scientifique, le journaliste tire ses informations de sources. Il peut s'agir d'un haut fonctionnaire, d'un diplomate, d'un policier, d'un magistrat, d'un agent des impôts, d'un homme politique ou encore d'un citoyen ordinaire. Tout journaliste, pour écrire un article basé sur des faits recoupés, doit pouvoir s'appuyer sur plusieurs sources. Il va donc s'atteler à trouver des informateurs bien placés et crédibles. Au Monde, il existe une règle écrite : "L'existence d'une source ne suffit pas à valider une information. La critique des sources doit être une pratique constante". Les informateurs des journalistes n'ont pas de statut précis. Ils obéissent à plusieurs intérêts : soit que la divulgation d'une information fasse progresser une enquête ou empêche son blocage, soit qu'ils veuillent jouer une carte plus personnelle, soit qu'ils veuillent simplement que la transparence l'emporte. Le journaliste doit être conscient des motivations de ses sources et vérifier scrupuleusement les faits avancés. Au Monde, une source n'est jamais rémunérée.

Le rapport qui s'instaure entre une source et un journaliste est un rapport de confiance. Il arrive que la source risque sa carrière, ou sa vie. Au journaliste de savoir freiner les ardeurs de son informateur qui, parfois, va transgresser la loi pour l'aider. D'autant que le pouvoir a légalement le droit de chercher à identifier les auteurs des fuites. En revanche, il ne peut chercher à bloquer les investigations de la presse. La protection des sources n'est donc pas un privilège mais une obligation.

Les sources des journalistes sont parfois accusées de mille maux. Elles apparaissent comme le véritable cauchemar des décideurs, notamment après la plainte déposée lundi 20 septembre par Le Monde auprès du parquet de Paris, pour violation du secret de ses sources dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Pour le pouvoir, l'exercice est délicat : traquer les informateurs de la presse, c'est s'exposer à une violation de la loi du 4 janvier 2010. Celle-ci est claire :"Est considéré comme une atteinte indirecte au secret des sources (...) le fait de chercher à découvrir les sources d'un journaliste au moyen d'investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements poermettant d'identifier ces sources...".

Pour la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), qui définit la protection des sources journalistiques comme "l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse", "Toute personne fournissant des informations à un journaliste est considérée comme sa source". Elle précise : "Le droit pour les journalistes de protéger leurs sources fait partie de la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques".

Dans le cadre d'une affaire judiciaire, les informateurs sont souvent des enquêteurs. Tenus au secret professionnel, ils ne sont pas censés communiquer des détails du dossier judiciaire, encore moins des procès-verbaux d'auditions. Mais le journaliste, lui, n'est astreint à aucun secret. Il peut se procurer des documents confidentiels, des pièces de procédure, en faire état, sans que l'on puisse le lui reprocher. Il peut même les produire pour sa défense devant les tribunaux.

Souvent, les lecteurs lui font pourtant le reproche de publier des informations couvertes par le secret professionnel. Mais le reporter est là pour informer le public et dans les plus brefs délais, comme le reconnaît la CEDH : "L'information est un bien périssable, et en retarder la publication, même pour une brève période, risque fort de la priver de toute valeur et de tout intérêt". Et dans le cas des affaires d'Etat, il faut aller vite. En janvier 2008, Nicolas Sarkozy s'était montré clair : "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse. La loi du 4 janvier 2010 interdit de porter atteinte, directement ou indirectement, aux sources d'un journaliste. Mais comme aucune sanction n'est prévue, elle n'est pas dissuasive.

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