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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 12:44

Ras le bol de la complaisance outrée dans laquelle les médias ont plongé. On nous rebat les oreilles avec cette affaire dont on sait bien peu de choses. Que cela bouleverse l'hexagone, pourquoi pas ? Que la donne politique soit bouleversée, certes ! Mais est-ce suffisant pour ramener sa fraise à tout bout de champ ? Il y a une indécence insupportable à étaler toujours les mêmes commentaires, les mêmes images, les mêmes supputations. Est-ce là faire oeuvre de jugeotte, de professionnalisme ? A part tenir en haleine les plus mauvais instincts, dont un voyeurisme exacerbé, ce ne sont plus des reportages, mais de vulgaires propos serinés à longueur d'ondes, d'antennes, de pages. L'atmosphère est devenue lourde, malsaine.

 

Qu'on nous laisse donc tranquilles et qu'on laisse l'affaire se dérouler sans tomber dans un marécage merdique où la seule chose qui émerge est le sordide. A force de répéter que ceci, que cela, la tête tourne. C'est à se demander si la vulgarité ne l'emporte pas sur le sérieux. Plus aucune part de vérité, alors que les titres se font sensationnels, ne semble de mise. Les relais médiatiques pataugent dans un psychodrame dont se délectent auditeurs ou lecteurs. Comme si cette passion soudaine était partie intégrante de la réalité de chacun. Or, il s'agit d'une affaire individuelle où les coups endurés par la victime de ces assauts médiatiques font plus de mal que de bien. Entretenir le mélodrame en couches superposées selon la sensibilité de celui qui dégoise devant un micro ne donnera jamais une idée représentative de ce qu'il s'est passé.

 

Je sais pourquoi  on s'entête à monter des reportages ou des émissions, à écrire des hypothèses : ça rapporte gros.  Aucune pitié pour les mis en cause. Il faut de l'information à tout prix. Quitte à dire n'importe quoi : il faut tenir en éveil auditeurs et lecteurs. Les journaux ne se sont jamais aussi bien vendus, preuve que le public se repaît de ce drame. Où est le respect dû aux protagonistes ? On n'est ni sur une scène de théâtre, ni au cinéma. Et ce ne sont pas les théories échafaudées à la hâte qui éclaireront le public. Qu'ils la ferment !

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 21:37

Soulagement pour lui, la seconde audience aura permis à ses avocats de l'emporter contre le procureur. Libre donc. Mais quelle liberté ! Assigné à résidence, il ne pourra quitter l'appartement, portera un bracelet électronique et sera sans cesse sous surveillance. En sursis de procès en quelque sorte. Et comme c'est un procès à charge, il faudra des enquêtes multiples pour que ses défenseurs obtiennent assez d'éléments pour faire pencher la balance en sa faveur.

Un sursis car cela permettra des tractations afin d'éviter le procès. Eh oui, il n'est pas forcé que le procès ait lieu, justement parce qu'il est toujours possible de s'entendre avec celui auquel on a causé du tort. Si cela était avéré, il aurait à verser une somme plus que rondelette à celle qu'on appelle sa "victime". Drôle de système que celui-là. Valable pour ceux qui disposent de beaucoup de liquidités, mais si l'individu est insolvable... c'est la case prison en direct. Au fond, chacun paye selon ses moyens...

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:11

Hier, je n'ai pu répondre à vos commentaires car OB ne voulait rien savoir en matière d'apparition à l'écran. Idem pour les blogs que je visite régulièrement : impossible de poster quoi que ce soit.

Je lis toujours attentivement ce que vous m'écrivez. Et il y a toujours matière à discussion puisque les avis sont tous personnels et donc différents.

Je ne prends pas position pour ce monsieur, je m'élève seulement contre la méthode américaine. Quand je parle du retentissement que cela peut avoir, je n'ai pas présent à l'esprit que le respect, Mais surtout les conséquences pour nous et pas seulement pour nous. Au cas où vous ne le sachiez pas, l'euro est chahuté sur les marchés, la crédibilité de l'Europe est remise en cause, la Grèce soutenue par l'Europe (et le FMI) peut se retrouver grojean comme devant, ainsi que les autres pays dans le collimateur des marchés. Nous risquons tous de perdre quelque chose et bien plus qu'on ne peut l'admettre. Les européens sont liés par l'euro, si celui-ci chute, nous prendrons notre brouette pour faire notre marché. Nous sommes dans une période d'une grande instabilité et les prédicateurs de fin du monde n'envisagent même pas la possibilité que notre monde peut souffrir d'autre chose que d'un anéantissement irréversible.

Autre point que je tiens à soulever. Quand je parle de méthode américaine, je ne peux m'empêcher d'avoir présent à l'esprit que notre justice est bien différente. Ce plaider coupable si en vogue pourrait bien débarquer chez nous. D'ailleurs vous aussi avez entendu tout comme moi le roi évoquer cette possibilité. Si la présomption d'innocence n'est un jour plus de mise, nous serons traînés dans la boue, menottes aux poignets, notre procès sera filmé et retransmis. A l'heure planétaire, rien n'est impossible et voilà des années que notre société s'américanise. Je n'aime pas du tout cela. Je maintiens que tout le monde a le droit d'avoir sa propre culture. Une justice sur le modèle américain ne peut me satisfaire, même si la nôtre est imparfaite. A tout prendre, la présomption d'innocence vaut mieux que ce plaider coupable qui fait appel à ce qu'il y a de plus vil chez l'homme car il dénonce publiquement, à charge donc, et fait que les individus sont spoliés d'une défense réelle.

Nous ne sommes pas exempts de ce voyeurisme et savons casser du sucre sur le dos, jugés avant de l'être parce que nous avons tous en nous une part obscure qui nous rassure quant à ce que nous sommes, tandis que les autres, donnés en pâture à la vindicte publique par les relais médiatiques en font des coupables. Ce qui revient à dire que le présumé innocent est tout de suite présumé coupable, ce qui satisfait nos instincts revanchards (surtout s'il s'agit de gens riches). On pourait dire que le plaider coupable américain correspond à nos mentalités. mais il n'en est rien. Et cette affaire en est bien la preuve. Ce n'est pas être timorés que de reculer devant ce déballage malsain. Donc nous ne sommes pas si mauvais qu'on pourrait le penser. Ce n'est pas la position sociale du pré-jugé (et non du préjugé) qui nous arrête, mais bien la posture de l'homme vilipendé et détruit par tous ces yeux braqués sur son malheur. Au fond, nous ne sommes pas des voyeurs. C'est plutôt rassurant.

Alors que voulons-nous vraiment ? Nous transformer en brutes sans limite qui font péter les armes à feu parce que c'est licite, ou préférons-nous rester ces bons vieux français, avec des principes, des idées qui ne sont que les nôtres, avec ce quant-à-soi si particulier qui fait notre richesse et notre différence ?

Pour terminer, je ressens de la compassion pour cet homme qui ne m'est rien et pour lequel je néprouve aucune sympathie. Il croupit en prison jusqu'à vendredi au seul fait d'une déclaration de tentative de viol. Or, certains éléments sont douteux. C'est certes un homme à femmes, plus ou moins libidineux, dont on raconte qu'il ne serait pas très net. Cependant, les changements de braquet de la police laissent à penser que cette affaire a des ramifications étranges et qu'il se pourrait bien qu'il y ait quelques magouilles en sous-main. Alors, tentons de voir cela avec une certaine distance et sachons garder notre sang-froid. Ne jetons pas la pierre sur cet homme qui, peut-être, est innocent de ce qui lui est reproché. Ne pratiquons pas ce lynchage typique d'une Amérique puritaine et conservatrice.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 21:02

Ce n'est pas une tempête dans un verre d'eau. C'est un coup de tonnerre qui siffle la fin de la récréation. Je n'ai pas envie de commenter comme tout le monde ce qui est une sale affaire. D'autant que l'on peut se repaître de cette sordide histoire en zappant de chaîne en chaîne. Une fois de plus, le dernier potin est sur toutes les lèvres, les journaux ne font que se focaliser dessus. C'est toujours la même rengaine qui reprend en couplet le discours identique d'un commentateur à l'autre.

Bref, la bombe fait grand bruit au point que la déflagration ne cesse de retentir à toutes les oreilles. C'en est tellement assourdissant que je préfèrerais ne plus rien entendre. Ah pouvoir se boucher les oreilles pour s'abstraire de ce monde qui se complaît dans du traîne-misère lamentable. Et piapiapia, et piapiapia, et piapiapia. Il y a comme un relent nauséabond d'arrière-cour jamais nettoyée où s'entassent toutes les ordures.

Je n'ai pas envie d'en parler. Parce que c'est grave. Je n'ai pas envie de m'en gausser. Parce que c'est dramatique. Il semble échapper à beaucoup que cette mésaventure étalée à longueur de une, en caractères bien gras, sur laquelle tout le monde s'attarde avec beaucoup de complaisance, fait courir le risque d'ébranler le monde politique. Surtout chez nous. Comme si nous avions besoin qu'on ajoute une couche bien épaisse sur quelque chose dont nous ne savons pas grand grand chose. Tout reste en suspens.

Non je ne dirai pas que sortir de sa salle de bains en tenue d'Adam est anormal, ni qu'une donzelle peut être effrayée par une vision pareille, qu'elle a pris ses désirs pour des réalités et que l'individu en cause n'a peut-être tenté que de l'empêcher de faire un scandale. Non, je ne parlerai pas de complot pour empêcher qu'il ne soit le concurrent du roi. Je laisse cela à d'autres. Je dirai seulement que c'est un séisme dont on ne mesure pas encore ni l'amplitude, ni les conséquences.

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 14:47

Ah Ah Ah ! Je suis une porsche. Et Alors ? Quoi, ne suis-je pas magnifique ? N'ai-je pas une ligne séduisante ? Que voudriez-vous que j'aie de plus ? Ou de moins ?

Vous me clouez au pilori parce que j'ai transporté un homme dont la position sociale devrait lui éviter de se montrer dans une telle tire ? Fi donc ! Votre goût pour le vulgaire vous rend jaloux.

D'accord, je l'admets, il serait moins massif, cela sierait mieux à mes coussins. Mais je ne vais pas cracher dans la soupe et je reste fière de l'avoir eu pour passager. Ce n'est pas tous les jours en effet que je vois mes sièges écrasés par le poids d'une telle puissance.

Pourquoi autant de mesquinerie ? Pourquoi en faire tout un fromage ? Que de tapage pour une vétille ! Mais quel est ce peuple qui en veut autant à ceux qu'ils détestent tout en les adulant ? Ils doivent être exemplaires, oui bien sûr, cependant leurs écarts ne sont-ils pas le symbole de leur puissance ? Et s'ils ne se montraient pas parfois sous un jour incompréhensible, seraient-ils aussi connus ? Leur notoriété en fait des proies faciles : ils sont épiés, espionnés, suivis et tout aussitôt critiqués dans leurs moins faits et gestes.

Et moi là-dedans ? Je ne suis qu'une voiture de luxe empruntée par un personnage auquel on ne pardonne pas d'être celui qui peut faire le malheur d'un pays sur le fil du rasoir. Il est exigeant ? Evidemment. Sinon il n'occuperait pas un poste aussi important.

Moi l'objet du délit, je ne renoncerai pour rien au monde au luxe et aux personnages célèbres. Je préfère rire de tout cette cabale qui n'est, au fond, que l'expression d'une jalousie perfide. Le manque de sérieux de cette affaire qui sent l'oeuf pourri m'autorise à me moquer de ces détracteurs qui, disons-le, n'ont pas d'autre comportement que celui dont ils lui font grief.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 23:21

Il est des loupés qui laissent des traces. Voilà que LW propose d'instaurer le travail forcé. Au moment où le chômage est encore exponentiel, il propose ni plus ni moins que d'imposer des TIGs (travaux d'intérêt général) aux abonnés du RSA. Une idée apparemment intéressante, mais qui soulève bien des questions. D'ailleurs, tout le petit monde médiatique planche sur la question et crée des soirées-débat où chaque invité va de son trémolo ou de sa fougue pour défendre ou descendre en flèche cette idée dont certaines langues n'hésitent pas à murmurer qu'elle émanerait directement du roi.

Levée de boucliers de l'opposition, levée de boucliers des intellectuels un tant soit peu à l'écoute du monde. Au milieu, le malheureux qui a osé trangresser le bel ordonnancement du RSA, successeur de feu le RMI. Pour lui, ce serait une manière de "rembourser" la société et surtout ne pas rester dans l'assistanat. Car enfin, c'est bien connu, chez nous on est tous des assistés.

Au fait, pourquoi des TIGs et non un véritable emploi ? N'est ce pas humiliant pour ceux qui perçoivent cette obole d'être considérés comme des porte-faix, des éboueurs ou des papys-circulation aux alentours des écoles ? Que fait-on de la sensibilité de celui qui se retrouve à vivre avec trois fois rien et que l'on dévalorise à ne pas lui proposer quelque chose de plus gratifiant ? Parmi les allocataires du RSA, il y a, non pas des spécialistes de la fuite en avant par rapport au boulot, mais des individus qui rencontrent des difficultés pour différentes raisons, qui ne souhaitent pas autre chose que d'être embauchés et qui ne peuvent que désespérer parce qu'une fois de plus, on les réduit à ce qu'ils ne sont pas. Un peu comme s'ils étaient une sous-espèce du genre humain et donc ne méritant pas vraiment de considération.

Pas de doute, le niveau de la réflexion vole très bas.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 23:11

Mais non, il ne s'agit pas de quotas footballistiques.

VP, ministre, veut augmenter le nombre d'étudiants étrangers en doctorat. Bizarre : nos propres doctorants ont du mal à se caser. Sans avoir quelque chose contre des étudiants venus d'ailleurs, j'ai du mal à comprendre qu'on veuille en inviter un plus grand nombre alors que nos propres doctorants s'exilent à l'étranger pour trouver à se caser, pardon, s'insérer dans la vie active. Je veux bien que notre enseignement supérieur soit parmi les meilleurs, qu'il faut bien être confrontés à d'autres cultures, que les échanges font évoluer, mais pourquoi tenter le diable puisque notre matière grise est sous-employée ? Il y a là une logique que j'ai bien du mal à saisir. Est-ce pour compenser la fuite de cerveaux ? Est-ce pour établir une compétitivité plus ardue ? Oui, je crois que j'ai besoin d'éclaircissements. Si quelqu'un a, ne serait-ce qu'un embryon de réponse à me fournir,  je suis toute ouïe.

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 19:51

Quand on lit dans une presse spécialisée que les mieux fournis en fortune, malgré la suppression du bouclier fiscal, ne seront guère touchés par le maintien de lISF, on n'en finit pâs de râler. Car enfin, comment se fait-il qu'aujourd'hui encore, les oeuvres d'art n'entrent pas dans l'impôt des grandes fortunes ? Que voulez-vous ? Il ne faut négliger aucun bulletin à l'aube précoce de la présidentielle. Bon d'accord, ceux qui recevaient des remboursements que le clampin du coin de la brousse profonde ne parvient pas à gagner durant toute une vie de labeur, voient cet avantage confisqué (dans ce mot, il y a le mot fisc)  conservent malgré tout des avantages alors que le travail qui leur permet de s'enrichir est, lui, soumis à prélèvement. Ah le monde de la finance qui s'en met plein les poches, il rechigne à se départir d'une partie de ses avoirs - qu'il estime (certainement) justement thésaurisés.

Eh oui, les réformes continuent, semblent aller dans le bon sens, mais malgré ces rétropédalages de dernière heure, elles ne vont pas au bout de leur substance. Sont-ce ces quelques familles plus qu'aisées qui permettront au roi de se voir à nouveau couronné ? Il en est sans doute persuadé, mais rien n'est moins certain. Il se dit de plus en plus que les vrais nantis sont déçus de la politique instaurée à grands coups de mâchoire réformiste et de beaux discours les caressant dans le sens du poil. Si les conservateurs de ce régime qui ont applaudi largement à la situation qui leur était faite se mettent à ronchonner, rien ne va plus dans le royaume des riches. Même s'ils conservent malgré tout de sérieux avantages sur les manants qui usent leur échine au travail. Les allègements ne sont pas pour ces derniers qui ont déjà bien du mal à vivre au quotidien. Tout augmente, la crise est toujours aussi capricieuse, le chômage subit encore l'inflation, les beaux jours ne sont pas pour demain.

Certains sont allégés, les autres ne sont pas soulagés. Politique absurde du deux poids deux mesures.

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 14:30

Il n'y a pas que des tremblements de terre au Japon. Depuis la catastrophe de Fukushima, les japonais se mobilisent et défilent pour que la question du nucléaire soit posée sur la table. Le premier ministre a d'ailleurs évoqué la fermeture de centrale  d'Hamaoka car un tremblement de 8 sur l'échelle de Richter n'est pas exclure dans les trois décennies à venir. Avant Fukushima, il y avait déjà des anti-nucléaires, mais ce qu'il s'est passé récemment a réveillé la conscience de milliers de Japonais qui défilent pour réclamer la revision du plan énergie. Ils demandent carrément de cesser toute exploitation de centrales reposant sur la fission de l'atome.

Pour l'instant, les sociétés qui exploitent les centrales n'ont pas pris de décision, mais on peut être assuré que la pression qui sera exercée par la population ne se relâchera pas tant qu'elle n'aura pas la certitude que le tout nucléaire ne sera plus l'énergie prioritaire.

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 09:42

Le terroriste le plus recherché a été abattu. Les circonstances importent peu au regard des conséquences. Au prétexte de la lutte anti-terroriste, tout semble permis. D'ailleurs, depuis le 11 septembre 2001, le monde, écrasé par l'effondrement des deux tours jumelles et les quelque 3000 morts, a pris un virage à 360 degrés. Rien ne sera plus jamais comme avant, a-t-on pu entendre dire. Et c'est vrai qu'à compter de cette date, les bouleversements se sont déroulés sous nos yeux sans qu'on en ait conscience. Ils sont pourtant là, au quotidien. Le premier effet a renforcé l'idée, et pas des moindres, que le monde n'était pas sécurisé et qu'il fallait pourchasser ces extrémistes qui avaient osé s'en prendre aux Etats d'Unis. Il a fallu dix pour que cela aboutisse à l'exécution de Ben Laden. Tout le monde crie bravo, se félicite d'un tel succès, en rajoute largement sur l'opiniâtreté américaine qui a extirpé cet hôte malveillant de la surface de la planète.

Depuis ce jour fatidique, passé en boucle sur toutes les chaînes mondiales, la surveillance s'est renforcée. On peut sourire à l'idée que les passeports nouveaux aient vu le jour peu après. L'interdiction de sourire, de signes distinctifs (tel le port de lunettes et autres détails apparemment insignifants) ont mis tout le monde dans un seul et même moule Faire la gueule sur les photos des papiers d'identité est désormais une norme internationale. Et tant pis si la tête est au carré : plus moyen d'être à son avantage sur une photo officielle. Les mordus de la beauté en ont pris pour leur grade. Résultat : on tous désormais soit la tête d'un terroriste, soit celle d'une momie. Pas bien certain que cette absurdité permette de distinguer que l'on est ou non susceptible de commettre des attentats, on se ressemble tous.

Ceci n'est qu'un épiphénomène car, plus grave, l'instauration d'un bouclier sécuritaire a envahi la planète. Depuis dix ans, la sécurité est dans la bouche de tous les gouvernants. Ils ne sont pas avares en matière d'injonctions, d'instillation de la peur. Le langage a changé puisqu'il ne s'agit plus que de vidéo-protection et non plus de vidéo-surveillance. Comme si la surveillance était synonyme de protection. Ce jeu de langage cache mal le but poursuivi : mettre tout le monde sous cloche.

L'opération de dimanche dernier n'est pas innocente car, si elle a surpris tout le monde, elle a vite été récupérée. Voilà que les attentats reviennent hanter les discours officiels. Tout le monde y va  de son analyse et prétend saisir la signification et les conséquences de cet acte. Comme il est facile de terroriser les individus ! Jouer sur la peur de Monsieur-tout-le-monde, voilà qui permet, en sous-main, de préparer une surveillance accrue des uns et des autres. Encore plus facile de brider sans en avoir l'air la liberté d'expression. Car ce n'est pas le seul espace public qui est visé, mais bien la foule compacte des individus, tous désormais considérés comme des terroristes potentiels. Si jamais des attentats sont perpétrés, plus personne n'aura son mot à dire. Puisqu'il faudra bien "protéger" la nation. Le moindre attroupement, le moindre échange verbal au coin d'une rue, le rassemblement familial, tout sera épié sous tous les angles. Non seulement les caméras vont fleurir à foison, mais également des agents formés au dépistage des récalcitrants éventuels. Et comme les nanotechnologies permettent toutes les outrances, les puces envisagées pour la carte d'identité seront insérées envers et contre l'avis des intéressés. Il sera facile d'inoculer dans les esprits que c'est pour le bien de tous et qu'on ne peut refuser l'insert de ladite puce.

De la science-fiction ?

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