Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 12:45

Une entreprise est en redressement judiciaire. Elle ne peut conserver son activité. Un administrateur judiciaire est en charge de la liquidation. Qu'en est-il pour les salariés ? Normalement, il existe une assurance de garantie salariale (A.G.S.). S'ils ont cotisé pendant toute la durée de leur contrat, ils seront indemnisés. La procédure est simple : l'administrateur  judiciaire, devenu liquidateur, recueille tous les éléments les concernant et assure la transmission de leur dossier à l'A.G.S. Les délais sont courts. Sauf problème. Le liquidateur judiciaire étant débordée, il sous-traite les dossiers via S.C.T.S (Service Salarial des Mandataires Judiciaires). Et c'est là que cela pose problème : si certains perçoivent leurs indemnités en temps voulu, pour d'autres ce n'est pas le cas. Chacun se rejetant la balle, il se dit que le dossier n'étant pas complet ou incorrectement rempli, le règlement ne peut être effectué. Or, le plus souvent, dépendre de plus d'un organisme (sous-traitance) fait que certains documents sont égarés. Mais comme personne ne veut reconnaître qu'il y a une faille d'un côté ou de l'autre, ceux qui sont concernés en sont réduits à patienter. Ce cas de figure existe, hélas. mais alors qu'advient-il de ces "laissés pour compte" ? Personne ne s'inquiète de ce que ces pauvres chômeurs, à court d'argent, subissent des frais inhérents au découvert qui découle directement d'une erreur professionnelle dont ils ne sont pas responsables.

Il n'y a pas de doute à avoir : l'administration (publique ou privée) est toute à revoir. Lenteur et lourdeur coexistent avec incurie, incompétence et insouciance. Et on parle de simplification...

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots
commenter cet article
15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 15:09

La préoccupation primaire de la France est le marasme économique. Fini le temps où le plein emploi était prometteur d'avancées sociales. Aujourd'hui, il y a quelques 10 % de nos concitoyens qui sont sans emploi. A qui la faute ? A la crise ? Peut-être qu'au début de ladite crise, c'était vrai. Mais d'autres facteurs viennent contredire cette hypothèse. Les travailleurs font ou plutôt ont fait la richesse de notre pays. Or, au lieu de profiter à ceux qui s'emploient à enrichir la patrie, la spéculation est devenu un sport auquel un tout petit nombre se livre sans vergogne. Les dividendes versés aux actionnaires dépassent l'entendement des lambdas que nous sommes. Selon Michel Rocard, seul le partage du travail permettrait de s'en sortir. Il préconise donc la semaine de 4 jours, ce qui permettrait d'embaucher plus d'un million de sans-emploi. Et il n'a pas tort. Dès qu'il a été question de la semaine de 35 heures, je me suis dit qu'une entreprise de 10 salariés qui passerait à cette semaine-là aurait ainsi la possibilité d'embaucher un salarié de plus. Cris d’orfraie de toutes parts (et ça continue aujourd'hui), impensable. Et pourtant, la semaine de 35h est devenue la norme. Quelque 400 entreprises (PME), innovantes, ont fait mieux : elles ont créé la semaine de 32h. Soit 4 jours. Dommage pour moi, je n'ai pas eu cette opportunité. En tout cas, ce débat qui n'en finit plus d'être mis sur la table, devrait aboutir (c'est une simple question de bon sens), pour peu que la volonté politique soit ferme. J'ai la conviction que réduire le temps de travail permettrait à bon nombre de nos concitoyens de ne plus vivre en précarité, mais pas seulement, puisqu'ils participeraient à la productivité, consommeraient, et retrouveraient une vie sociale et leur dignité. Quand j'étais en Terminale, j'ai entendu dire que nous allions vers une société de loisirs et que plus le temps passerait, moins on travaillerait. Heu, ce n'est toujours pas le cas. Oh déception !

On nous assène que les français sont ceux qui, en Europe, travaillent le moins. Apparemment, c'est un gros mensonge. Ci-dessous le taux le plus élevé de temps de travail revient à notre pays. :

"... La durée moyenne de travail s’établit autour de 36,5-37 heures en France contre 33 heures en Allemagne, 32 en Grande-Bretagne et en dessous de 31 heures aux Etats-Unis à la fin 2012. Or ces 36,5-37 heures françaises sont corollaires avec nos 5 millions de chômeurs, toutes catégories de demandeurs d’emploi confondues !"...Travailler beaucoup plus mais tous ensemble, collectivement et moins individuellement, voilà la solution. je suis prêt à en discuter avec tous ceux qui acceptent les chiffres de ce raisonnement" (Michel Rocard). /http://www.lenouveleconomiste.fr/michel-rocard-travailler-plus-collectivement-mais-moins-individuellement-voila-la-solution-17657/

Comment inciter les gouvernants à revoir leur copie et leur faire admettre que le partage du travail est l'élément-clé d'une société en devenir ? Ecrire aux ministres en poste pour leur signifier que nous voulons l'égalité de traitement et que, par conséquent, nous exigeons la semaine de 32 heures ?  Faire une pétition et la faire tourner partout et tout le temps nécessaire jusqu'à atteindre plus du million de signatures ?  Pouvons-nous influer sur le cours des choses d'une manière ou d'une autre ?  Si vous avez des idées...

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Partage
commenter cet article
9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 13:52

Un deuxième tour en demi-teinte. A force que le gouvernement empile les échecs en matière de chômage, les déçus n'hésitent plus à voter massivement pour le F.N. En demi-teinte parce qu'obtenir à une élection partielle (48,5 %, pour le F.N., le reste - 51,5 % -  au PS) des suffrages exprimés n'est pas anodin. C'est révélateur de la très grande défiance que les électeurs ressentent vis-à-vis des partis classiques. Il faut dire que leur politique est identique alors qu'on attend tout autre chose qu'un consensus libéral. Quand le peuple n'est plus en accord avec ses dirigeants, cela signifie la panique. Très mauvais pour la démocratie.

Devenir député d'une circonscription avec seulement 800 bulletins d'écart, du jamais vu. A qui la faute ? On peut montrer du doigt l'absence de vision de l'UMP et surtout ses dissensions internes. Sans pour autant dédouaner le PS. Certes, l'UMP a été sanctionnée lors du premier tour, mais le faible résultat du candidat PS est là pour démontrer que la majorité actuelle ne donne pas satisfaction. A preuve l'abstention (environ 60 %).

Il n'y a toujours que 2 députés frontistes au parlement. Mais pour combien de temps ? Rappelons-nous comment Hitler est arrivé au pouvoir. De petit, son parti est finalement devenu majoritaire. Et l'on sait quelles en furent les conséquences. Ce type d'élection qui assied sa base sur les difficultés des uns et des autres (quand il ne s'agit pas de rancoeur) amène, inéluctablement, au pouvoir les partis extrêmes. Est-ce cela que nous voulons ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Actu
commenter cet article
5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 12:28

La roue tourne. Le temps file. Les humeurs sont de mise.

1) Le tout nouveau président de l'UMP a maille à partir avec ses collaborateurs. Après réunion collégiale, sa motion est devenue dérisoire : les cadres les plus radicaux y sont allés chacun de leurs idées. Résultat : les tenants du NI NI l'ont emporté. Bravo pour ce résultat contraint. Certains ont tout de suite proclamé leur propre position. Ça fait tache sur le pouvoir (réel ?) dudit chef de parti. Et pourtant, il semblait avoir mis de l'eau dans son vin. En vain.

2) La BCE, égale à elle-même, entend couper les vivres aux banques grecques. Apparemment, elle n'est pas d'accord pour négocier la dette. A quel jeu joue-t-elle ?

3) Le gouvernement poursuit la traque aux potentiels faiseurs de djihadistes. Enquêtes, arrestations, mises en examen. Toute la panoplie et les moyens du ministère de l'Intérieur et de la Justice, police à l'appui sont mis en branle.

4)Les pronostiqueurs habituels commencent à se poser des questions après avoir mis en avant la possible élection du FN à la Présidentielle de 2017. Ces pères catastrophe comprennent un peu tard qu'ils ont mis un peu beaucoup d'huile sur le feu.

5) Le général hiver semble s'acharner sur le thermomètre. Il ne fait pas chaud du tout... En ces temps de froidure, on ne voit pas comment on va s'en sortir : le chômage effectue inexorablement une grimpette continue. Et pourtant, ce n'est pas faute d'idées et de tentatives pour inverser une courbe qui descend de plus en plus.

6) A part cela, tout baigne.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Nouvelles en Vrac
commenter cet article
3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 08:44

 

Connaissez-vous le "Petit Traité d'Intolérance" ? Fort bien écrit ce traité. En bon français. Tout y passe. A la moulinette. Extrait : "Ça commence par la cédille et le circonflexe, et puis on vire le trait d'union, la majuscule, l'accent grave, aigu, etc. (...) On nous offre le futile pour nous confisquer l'essentiel".

Voilà des propos qui me parlent. En achetant ce bouquin, je ne m'attendais pas à y découvrir une telle charge contre les fabricants de portables, encore moins une prise de position quant à la défense de notre langue. Ceci n'est qu'un exemple de la déstructuration programmée du français, ce ciment qui nous permet de vivre ensemble. La langue maternelle est le socle commun de tous les peuples, et déjà qu'on peut ne pas se comprendre, si l'on continue à la massacrer, quel devenir pour ce vivre ensemble ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans de la langue française
commenter cet article
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 09:49

Quand on emprunte, il faut rembourser. C'est répété à l'envi par des encarts publicitaires proposant justement de prêter (à des taux préférentiels évidemment) des prêts à la consommation. Si ce n'est pas inciter le manant à la débauche d'achats inutiles ou non indispensables... Bref, créer de la dette, ça rapporte au créancier. Autrefois on appelait cela l'usure. Aujourd'hui, nos chères banques, si elles rechignent à prêter à n'importe qui, n'en font pas moins leur fonds de commerce. Ah l'attrait des pépettes, des picailloux, de la fraîche, du flouze... Les petits lits font les grandes rivières et finissent dans les océans. Pas étonnant que la finance se porte bien. Et si un banquier vous snobe et refuse de vous prêter quelques sous, vous pouvez lui rappeler que votre compte est certes petit, mais qu'ajouté aux autres petits comptes, ça fait mieux qu'un ruisseau.

Ceci n'est qu'un préambule que j'aurais pu éviter, mais j'avais envie de brocarder sur le sujet. Que la Grèce soit dans la panade et réclame un peu d'indulgence, ce n'est que normal. Qui l'a mise en cet état ? Oui, c'est vrai, son système était plus que miteux et elle n'aurait jamais dû adhérer à l'union européenne. Et comme elle n'y est pas entrée par effraction, je ne vois pas pourquoi on ne prêterait pas une oreille attentive à sa demande. Tout le monde savait qu'elle n'était pas solvable, mais pour faire l'Europe, que n'aurait-on pas accepté ? Mais s'il n'y avait que cet argument, ce ne serait pas encore très grave. Il faut remonter au siècle dernier pour comprendre que le pays des Héllènes mérite bien qu'on prenne en considération certains faits indéniables et qu'il ne mérite pas d'être mis au ban des accusés. D'autres, avant lui ont su tirer leur épingle du jeu sans que pour autant on crie haro sur le baudet. Combien de pays d'Afrique ont vu leur dette désagrégée d'une simple signature ? Et plus près, qu'en est-il des dettes engendrées par les deux guerres du siècle dernier ? L'agresseur a freiné des quatre fers à chaque fois. Il n'aurait pas remboursé la totalité (si j'en crois le Canard). Alors, pourquoi rechigne-t-il pour la Grèce ? Laquelle avait consenti un prêt pour la reconstruction dudit pays ? Il semblerait que la dette remboursée n'aurait été que partielle. Et que ce pays emprunteur doit encore de l'argent au pays qui implore qu'on lui permette de se relever en aménageant sa dette. La rigueur est de mise face à ce pays du Sud, pas question de transiger. Je veux bien qu'on ait des exigeances, encore faudrait-il qu'on n'ait pas des trous de mémoire béants.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans actu finance
commenter cet article
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 12:11

L'élection de Syriza soulève bien des espoirs. Et bien des récupérations. Inévitablement, chacun veut être partie prenante. Jusqu'au FN qui voit dans l'extrême-gauche un parti frère. En cause ? Le fait qu'elle dénonce l'austérité depuis X. Cela en fait-il pour autant une alliée de l'autre extrême ? Je doute que non. Bien sûr qu'il y a toujours matière à concordance d'idée. La différence se situe au niveau de ce que l'on en fait. On me dira que chacun surfe sur l'exaspération. C'est vrai, mais le sens de cette récupération est indéniablement différent : le FN joue avec les nerfs des citoyens et l'on sait que les français sont des râleurs-nées, des insatisfaits perpétuels. Ca dure depuis la nuit des temps et ça ne s'améliore pas. Sauf que les mêmes qui boudent les urnes, protestent dans leur coin, ne font plus entendre leur voix quand il s'agit d'action. Il y a en effet, en France, une force d'inertie qui consiste à ce que soit toujours l'autre qui démarre, s'engage et essuie les plâtres. De préférence du côté des fonctionnaires (qu'on s'acharne à décrier systématiquement parce qu'ils seraient des nantis, sécurité de l'emploi oblige). C'est vrai qu'être assuré de ne pas perdre son job est bien plus confortable que de se savoir la proie d'un patron qui n'a rien à battre des récriminations (justifiées de préférence) de ses employés ou parce qu'il considère que ceux-ci sont soumis à la loi du marché et que le carnet de commandes exige une comptabilité ric-rac.

Quelle différence entre ces deux partis ? La toute première, c'est que, si la partition grecque s'est jouée également sur l'exaspération, c'est surtout l'austérité et la portion même pas congrue dont bénéficiait le peuple (chômage grandissant, salaires coupés en deux, plus de système de santé, plus d'éducation et autres douceurs réservées par la troïka au nom du redressement du pays) qui a fait exploser les scores de Syriza. But affiché : renégocier la dette, octroyer des délais plus longs, bref, un vrai projet. En revanche, parce que notre pays n'en est pas réduit aux dernières extrémités, le jeu de la récupération n'est pas basé sur le manque de tout. Certes, le chômage est explosif, mais pour l'instant, sauf si l'on considère les augmentations des impôts, tout ne va pas si mal chez nous. Aucune parenté si minime soit-elle entre ces deux partis, aucune convergence de vue et de positionnement. Mais il faut sans doute attendre ce que le nouveau gouvernement grec en place fera. Cela ne sera pas facile.  

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans actu
commenter cet article
26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 11:19

La gauche Syriza a gagné les élections. Le peuple grec l'a portée au pouvoir avec 36 % de suffrages. Pendant la campagne pré-électorale, le dirigeant, un quadragénaire qui ne mâche pas ses mots, a fait naître beaucoup d'espoir chez ses compatriotes qui subissent le plan financier de restructuration des finances publiques. Le combat de cet homme est de lutter contre la troïka et d'obtenir des modifications de ce plan qui met la Grêce à plat. Avec 25 % de chômage, comment pourrait-elle se redresser ? Les salaires ont été coupés en deux, le coût de la vie a dangereusement augmenté, la population s'est appauvrie à un seuil tel que les jeunes émigrent au Canada, aux USA ou ailleurs : il n'y a pas de travail. Les conditions dégradées à l'extrême ont incité les grecs à pousser de l'avant le parti Syriza.

Reste maintenant à former un gouvernement, composer donc avec la droite pro-FMI. Pas dit que ce rassemblement droite-gauche apporte des bienfaits (s'il en apporte et il faut l'espérer) au peuple grec qui n'en peut plus. La renégociation promet d'être houleuse : renégocier une dette, c'est la faire baisser et l'étaler à plus long terme. Sans augmenter les taux évidemment. Dure tâche pour le tout nouvel élu.

Certains diront que nous ne sommes pas concernés. Je pense le contraire car c'est la première fois que l'extrême gauche prend le pouvoir. Tsipras n'a pas l'intention de quitter l'Europe. Abandonnera-t-il l'euro ? Ce serait étonnant. En tout cas, je lui souhaite bonne chance : réformer est difficile, les convictions peuvent changer. Je souhaite qu'il ne déçoive pas le peuple grec car ce serait terrible. Il faut donc souhaiter qu'il parvienne à convaincre du bien-fondé de ses demandes de changement quant à la dette grecque.

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Actu
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 00:33

On parle, on épluche, on analyse, on disserte à qui mieux mieux à propos des attentats. Voici quelqu'un qui mérite d'être écouté et qu'on devrait citer en exemple au lieu de bavasser sans discontinuer de ce qu'il faut envisager pour contenir,réprimer, éradiquer le terrorisme. Je vais même plus loin, ces propos peuvent être entendus jusque dans les écoles. Les mots sont simples et sincères. Il faut parfois sortir des sentiers battus et rencontrer autre chose que les (pseudo ?) intellectuels ou spécialistes pour approcher une vérité toute simple alors qu'on se contente trop souvent de décortiquer l'indécorticable quand on n'est pas franchement concerné. Parler de l'intérieur a le mérite d'être exemplaire.

 

http://videos.tf1.fr/sept-a-huit/attentats-le-cri-d-alarme-de-jamel-debbouze-dans-sept-a-huit-8548969.html

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Actu
commenter cet article
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:08

Puriste dans l'âme, je supporte difficilement certains aspects de la langue actuelle. L'exemple frappant par excellence (pour moi) est la manière dont l'évolution de notre langue maternelle n'existe que parce que les présentateurs télévisuels la font passer par leurs novations linguistiques. que rien ne justifie. Exemple : aujourd'hui, à propos des intempéries neigeuses ou pluvieuses, le préposé a énoncé que trois départements étaient en vigilance orange (je cite) "en Drôme, en Isère, en Ardèche". Tiens donc ! Un bon locuteur aurait dit dans la Drôme, l'Ardèche et l'Isère. Voilà comment il faut procéder à cette courte énumération pour que la phrase soit correcte grammaticalement. Il faut dire qu'il y a déjà un moment que nos journalistes s'expriment dans une langue qui ne respecte rien. Et ça remonte loin. Comme c'est insidieux, chacun s'empresse de copier cette "norme" totalement arbitraire, faisant fi de nos apprentissages et du beau parler.

Certes une langue vivante évolue, mais est-ce une raison suffisante pour la massacrer ainsi sans pitié ? Comme s'il ne suffisait pas que des mots anglais envahissent notre locution. Notamment dans les encarts (et non pas spots) publicitaires (mais oui, ça existe) où une mère dit à ses fils s'ils ont checké (je ne me souviens plus de quoi). Etant donné que les plages de publicité font florès sur le petit écran (soutien massif aux producteurs de télé), on ne peut pas s'étonner de ne plus savoir ce qui se dit puisque ces mots nous sont inconnus. Nous avons à notre disposition une langue très riche en vocabulaire, alors pourquoi, quand des mots existent déjà, s'amuse-t-on à prendre chez nos voisins des termes dont on ignore le sens (à moins d'être parfaitement anglophones) ?

Je mène un combat d'arrière-garde ? Oui, et pourquoi pas après tout ? Je n'ai rien contre les apports extérieurs quand on ne dispose pas d'un terme correspondant dans notre langue. Certains ont été francisés quand c'était possible (mezzanina (italien) devenu mezzanine. Mais truffer le langage de mots ou d'expressions anglo-saxons alors que la correspondance existe en français est inutile et très bête. Il s'agit en fait d'une mode exlusive, en ce sens qu'on largue nos propres mots pour user d'autres (challenge = défi, challenger = adversaire, winner =vainqueur,  check = vérifier, cocher, etc.). Comme si la volonté de supprimer le français était affichée, tout en étant suffisamment subtile pour qu'on ne s'en aperçoive que trop tard. A la longue, à force d'employer une foule de termes étrangers, on finit par les utiliser sans y prendre garde. Ils entrent donc dans le système de manière tout à fait insidieuse jusqu'à le déformer pour que, habitués à manier des vocables dans une mixture approximative, on adopte ce charabia jusqu'à l'oubli total de nos origines. Ce n'est plus parler une langue, c'est fabriquer une accoutumance à une autre réalité, façonner un apprentissage quasi indolore mais définitif. Récemment, j'ai relu le texte original du traité sur la tolérance. Oui, le français d'aujourd'hui est bien différent de cette époque-là, cependant, il est encore lisible aujourd'hui, parce que le socle est commun, fondé sur une base identique à celle des italiens, espagnols, portugais... : le latin. Ce ne sont pas les différences de graphie qui m'empêchent de saisir le sens des mots et même si certaines lettres sont visuellement et graphiquement trompeuses, ma compréhension n'en est pas affectée.

Je suis un vieux cheval sur le retour, il n'empêche, parce que je considère que ce qui fait l'unité première d'une nation est la langue maternelle qui nous permet de nous comprendre, d'échanger, d'être d'accord ou en désaccord, de s'apprécier. Cette richesse est commune à nous tous, pourquoi la saccager ?

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Langue française
commenter cet article

Présentation

  • : Le Mousquetaire des Mots
  • Le Mousquetaire des Mots
  • : Regard critique sur les mouvements du monde et impressions qui en découlent.
  • Contact

Recherche