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PARIS (AFP) - Un vent de panique a soufflé à nouveau mercredi sur les Bourses mondiales, qui ont poursuivi leur plongeon entamé lundi, malgré la baisse surprise des taux directeurs des grandes banques centrales et un plan de choc qui revient à une nationalisation partielle des banques britanniques.

Cette dégringolade a été accentuée par les sombres perspectives du Fonds monétaire international (FMI) pour l'économie mondiale, avec un coup d'arrêt brutal à la croissance, qui n'atteindrait que 0,1% aux Etats-Unis et 0,2% dans la zone euro l'an prochain.

Et le pire est peut-être encore à venir dans la débâcle des marchés boursiers, la volatilité risquant de se prolonger jusqu'en 2009, ont prévenu des analystes suisses: "la panique est partout et le doute est omniprésent", selon les experts de la banque Wegelin.

Dans un geste sans précédent depuis les attentats du 11 septembre 2001, six banques centrales -- la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed) et leurs homologues suédoise, britannique, canadienne et suisse -- ont annoncé une baisse d'un demi-point de leurs taux directeurs. Au même moment la Chine a elle aussi annoncé une baisse du loyer de l'argent.

Autre mesure phare, annoncée par le gouvernement britannique: un plan de sauvetage des banques britanniques qui pourra passer par leur nationalisation partielle à hauteur de 50 milliards de livres (65 milliards d'euros).

Mais rien ne semble pouvoir rassurer les investisseurs, affolés par la poursuite de la crise et ses répercussions sur l'économie, en dépit des initiatives des gouvernements, qui se sont multipliées depuis l'adoption vendredi aux Etats-Unis du Plan Paulson, doté de 700 milliards de dollars.

Les principales Bourses européennes ont encore clôturé en forte baisse: Londres a plongé de 5,18%, Francfort de 5,88% et Paris de 6,39%. Comme l'ensemble des places du continent: la Bourse suisse (-5,51%), Madrid (-5,20%), Milan (-5,71%), Oslo (-6,44), Stockholm (-6,38%), Helsinki (-4,88%), Amsterdam (-7,68%), Bruxelles (-7,36%).

Les Bourses européennes ont ainsi emboîté le pas à Tokyo, qui a dévissé de 9,38%, une baisse historique, la plus forte depuis plus de 20 ans.

Wall Street, qui était tombé mardi à son plus bas niveau depuis cinq ans, a ouvert en baisse, avant de repartir à la hausse : le Dow Jones gagnait 1,05% et le Nasdaq 2,21% vers 18H20 GMT.

La déroute a gagné toutes les autres places boursières mercredi.

En Asie, Hong Kong a perdu en clôture 8,2%, Bangkok 6,88%, Singapour 6,61%, Séoul 5,81%, Sydney 5% et Shanghai 3,04%. A Jakarta, la séance a été suspendue après une chute de plus de 10%.

En Amérique du sud, la Bourse de Sao Paulo, première place financière d'Amérique du sud, reculait de 2,87% à la mi-journée, alors que la Banque centrale du Mexique a injecté 2,5 milliards de dollars sur le marché national des changes.

La thérapie de choc des banques centrales avait été saluée par la France et l'Allemagne et aux Etats-Unis, elle a fait l'unanimité, une fois n'est pas coutume, auprès des deux rivaux dans la course à la Maison Blanche, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama.

"Il était absolument urgent d'éteindre l'incendie qui embrase les marchés financiers et qui se propage à l'économie réelle, entraînant la faillite des banques et l'étranglement de la trésorerie des entreprises", a estimé l'analyste Alexander Law, du cabinet Xerfi.

Toutefois, la baisse de taux décidée par la Réserve fédérale est insuffisante pour sortir les Etats-Unis de la crise, jugeaient mercredi les analystes.

L'euro a été dopé par la baisse des taux, valant 1,3729 dollar vers 18H00 GMT, contre 1,3599 dollar mardi soir.

Les gouvernements restaient mobilisés sur tous les fronts pour renforcer le système bancaire et éviter un assèchement complet du crédit.

Rome a ainsi prévu l'adoption mercredi soir de "mesures urgentes pour garantir la stabilité des banques et de l'épargne", tandis que Madrid avait annoncé la veille la création d'un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d'euros.

La France mettra en place une structure juridique permettant à l'Etat d'intervenir financièrement en faveur des banques françaises.

Le grand chambardement du paysage bancaire s'est poursuivi: la Caisse d'Epargne a approuvé son projet de fusion avec la Banque Populaire, un mariage qui permettrait de créer la deuxième banque de dépôts française.

En Islande, l'Etat a pris officiellement le contrôle de la banque Glitnir, au bord de la faillite. Fait inédit, un millier d'Islandais se sont rassemblés à Reykjavik pour exprimer leur inquiétude face à la crise financière qui menace de mettre à genoux leur pays.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a invité les autres pays de l'UE à adopter un "plan européen de financement" du système bancaire, un projet déjà évoqué par l'Italie et les Pays-Bas, mais rejeté par l'Allemagne.

Une réforme de la régulation du système financier, proposée par Londres, devrait figurer au menu de la réunion vendredi à Washington des ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

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