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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 19:24

L'enjeu est de taille : faire flancher les décisions gouvernementales sur le report de l'âge de la retraite. Un enjeu qui vaut que l'on se batte. Et pour se battre, il fallait répondre à l'appel des syndicats ce 7 septembre 2010. La journée était soit ensoleillée soit pluvieuse. Paris baignait dans la lumière, le sud de la France était noyé sous une pluie torrentielle. S'il fallait tenir compte des intempéries chaque fois qu'il faut contrer des décisions inadaptées, c'est bien certain que rien ne bougerait.

Pendant que les parisiens défilaient quasiment sous les flonflons, le sud bataillait sous les parapluies. L'appel à la grève a été largement entendu : les manifestants étaient, selon le gouvernement, un million deux cents mille, selon les syndicats entre deux et trois millions. Peu importe cette éternelle dychotomie de pointage, le but poursuivi était de rassembler un maximum d'individus. Et ça venait de partout : pour une fois, public et privé se côtoyaient. Des gens de France-Télécom, d'Air-france, de Total,  des entreprises comme EDF mélangés aux profs et autres agents de la fonction publique. Du jamais vu. D'ailleurs les sondages récents montraient que plus de 70% des français jugeaient cette grève justifiée et la soutenaient. C'est dire si ce sujet des retraites rassemble toutes les franges de la population et que le consensus est large.

 

Cette fois-ci écoutera-t-il la rue ? Je dis la rue parce que l'on y descend de plus en plus nombreux non pour battre la semelle sur le pavé mais pour se faire entendre. Il a dit très tôt que le nombre de grévistes ne le ferait pas changer d'avis. Une réflexion pas bien fûtée qui démontre une fois de plus que la morgue est de mise et que le peuple est tenu pour quantité négligeable. Pourtant, il devrait bien mettre un sérieux bémol à son entêtement et prendre en considération le désespoir qui monte malgré lui jusque sous ses fenêtres. Attend-il que le bruit se fasse vacarme ? Que les vitres soient éclatées à jets de pierres ? Que des armes soient sorties des greniers ? Que des barricades se dressent aux carrefours ? Que le feu qui couve sous la cendre d'un pays en grande difficulté économique éclate en violences urbaines et révolutionnaires ?

L'enjeu est de taille. Pas seulement pour le peuple qui s'efforce de maintenir la tête hors de l'eau, mais également pour les générations à venir. Quant à lui, il devrait se dire que les retours de bâton se font toujours sentir quand on s'y attend le moins car les démons qu'il agite n'ont d'effrayant que le fait que c'est lui qui les ressort et que le peuple ne voudra pas être éternellement le dindon d'une farce misérable.

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans actu
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commentaires

Florentin 11/09/2010 11:05



Une grève géante et illimitée serait la solution. Il faudrait bien que le gouvenement réagisse alors et lâche du lest, face à un  pays paralysé. Mais, les cironstances ont changé :
les gens n'ont pas d'argent et ne sont plus prêts à se mettre longtemps hors salaire. D'autant que désormais, on ne rembourse plus les jours de grève. 11 h, je viens d'entendre à la radio que le
texte portant l'âge de la retraite de 60 à 62 ans a été voté au parlement. Les carottes sont cuites. Du moins en voie de l'être. Bon week-end. Chez moi, il va pleuvoir. La déprime !



Le Mousquetaire des Mots 12/09/2010 08:40



Bonjour Florentin,


L'union syndicale forcée par les événements est fissurée depuis longtemps : ce sont les grandes centrales qui la veulent et l'imposent. Les petites centrales
clament depuis longtemps qu'il faut instaurer la grève illimitée. Mais ça ne fait pas l'affaire des autres qui se font les complices du pouvoir auquel ils doivent cirer les bottes tout en ayant
l'air de combattre pour les salariés. Ceci posé, il n'est pas dit que ces centrales ne soient pas bousculées par leurs bases qui partagent de moins en moins leur vision et réclament de plus en
plus une action prolongée dans le temps. Cela se fera lorsque la jeunesse descendra dans la rue (le pire des cauchemars pour les politiques) et pas seulement le jour où l'intersyndicale appelle à
le faire.


Il pleuvait des trombes en début de semaine, mais la fin de semaine a vu revenir le soleil. Heureusement. Je te sohaite donc un ciel aussi serein que le
mien. Bon dimanche.



sylvie 11/09/2010 09:26



Bonjour Fred,


et le pire et peut-être là où on ne l'attend pas vraiment :


http://www.plumedepresse.net/?p=366


 


La base, c'est à dire nous tous. En serons-nous capables ? A suivre.


Amitiés.



Le Mousquetaire des Mots 11/09/2010 09:47



Bonjour Sylvie,


L'union sacrée intersyndicale ne l'est que sur le papier. On l'a bien constaté en 2009. Cela n'a rien d'étonnant, d'autant que la CGT est le plus fort des
syndicats tandis que Fo est l'un des moins représenté en matière d'adhésions. Les syndicats majoritaires fricotent avec le pouvoir. Et la décision de reporter de deux semaines une nouvelle manif
montre bien qu'il y a connivence entre syndicats et patronat (pouvoir compris). Qui a encore des illusions ?



râleuse ex02468 10/09/2010 23:36



ce qu'un gouvernement a fait , un peuple peu le défaire !!!!!


mais oui , il faudra de toute façon un jour arriver a cette grève générale , et la population est presquie demandeuse , alors les syndicats , comme en 68 prendrons le train en marche ....oui ,
les cheminots comme en 95 pourraient faire basculer tout ça , mais ne pas oublier que les cheminots il y en a de moins en moins les nouveaux embauchés sont souvent en contrats "extérieurs" sans
le statut!!!!!



Le Mousquetaire des Mots 11/09/2010 00:41



Bonjour Râleuse,


On peut en effet détricoter tout le maillage qui se met en place. A condition d'être tous sur la même longueur d'onde et de ne pas attendre que le mouvement
soit mu par les syndicats. Il y a longtemps qu'une grève durable aurait dû avoir lieu car en trois ans il y a eu des occasions ratées. Et, comme je l'ai répété à plusieurs reprises, ce n'est pas
une journée par ci, par là qui peut faire pression. Moralité : il n'y a que la rue qui sache mettre le feu aux poudres et engager le combat. On appelle cela une "révolution".



Jean Georges 10/09/2010 20:37



Au vu du discours du Fion de service hier soir, je crains hélas que les choses sont ficelées et que le texte va passer comme une lettre à la poste,. J'èspère me tromper mais l'arrogance de Woerth
( qui devrait plutôt filer profil bas ) les certitudes affichées du premier sinistre, le lêche fion de service ne me laisse rien espérer de leur plein gré.


Bonne soirée .JG.



Le Mousquetaire des Mots 11/09/2010 00:36



C'est certain qu'ils ne voudront rien lâcher. Et apparemment les 62 ans sont passés sans difficulté. C'est tout à fait normal qu'il en soit ainsi : même si
la France entière défilait, ils ne changeraient pas de voie. Même une hécatombe grippale géante (qui réduirait leur prospective  sur la longévité) ne les ferait pas varier d'un iota. Ces
gens-là ne savent pas écouter.



Rype 08/09/2010 20:27



Et ben je crois bien que le gouvernement n'a pas bien entendu la rue... Mais cela ne m'étonne à peine...


Gageons que la prochaine grève du 23 Septembre sera plus efficace !



Le Mousquetaire des Mots 09/09/2010 01:49



Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Cependant, quand la surdité est mentale, il arrive qu'à la longue, le bruit de fond des manifs
parviennent à percer le tympan.



Lucien Aymard 08/09/2010 19:56



Bonsoir Fred,


Je ne suis pas loin de penser (et je crois l'avoir déjà écrit) que le pouvoir cherche désespérément à provoquer la révolte de la rue pour instaurer une dictature officielle. Je dis officielle,
car lorsque tous les pouvoirs y compris celui d'écrire les lois passe par un seul homme, celà s'appelle la dictature et c'est actuellement le cas officieux.


Amitiés catalanes


Béa et Lucien



Le Mousquetaire des Mots 09/09/2010 01:47



Bonsoir Lucien,


J'ai déjà lu ça effectivement. Et tu n'es pas le seul à émettre une telle hypothèse. Je n'ai pas votre expérience et j'avoue être sceptique que ce soit le
but recherché. Mais peut-être avez-vous raison.


Au fait, demain le conseil de l'Europe rend son verdict quant à l'expulsion des Roms. De ce côté-là, ça sent bien mauvais pour notre pays.


Ce type de réaction risque fort de d'entraver la mise en place d'une dictature car nous avons une législation commune. Soyons attentif à ce regard que
l'Europe porte sur notre politique, il est important.


Bonne nuit à vous deux. Amicalement     Fred



Jean-François Vionnet 08/09/2010 17:15



Très bon article et excellent commentaire de mon ami Pat 59. Cette grève aurait du avoir été illimité jusqu'à ce que le gouvernement cède. Tant pis, les syndicats ne l'ont pas voulu, donc c'est
un peu un coup d'épée dans l'eau.


Amitiés du Vivarais où il fait beau aujourd'hui.



Le Mousquetaire des Mots 09/09/2010 01:53



Bonsoir Jean-François,


Nous sommes du même avis puisque depuis l'an dernier, je dis qu'une grève massive et durable aurait arrêté les "avancées réformistes". Un pays inerte, les
routes paralysées, les magasins fermés, ça fait du mal. Le pire, c'est que cela finira par arriver, avec ou sans les syndicats.


Le beau temps a fini par revenir après les pluies diluviennes d'hier. Amicalement          Fred



Pat59 08/09/2010 09:07



Bonjour Fred,


Je vais te mettre le commentaire que j'ai laissé à Lucien, ton article m'inspire exactement les mêmes réflexions.


J'avais la hargne, je me suis mobilisé avant mais pas sur la toile, dehors en distribuant des tracs etc... j'ai participé et pourtant...


Je ne sais pas expliquer, au lieu d'une grande joie face à ce succès si on peut parler de succès d'une manifestation qui n'aurait jamais du voir le jour si nous avions un président et un
gouvernement digne de ce nom, c'est un sentiment de lassitude qui prédomine.


Oui, voila, nous étions 2,5 millions à dire ce que nous pensons, à dire que nous ne voulons pas de ces réformes et au rétablissement d'un peu de social et que reste t-il au final ?  Une
journée qui sera, que dis-je ! est oubliée au palais et ils feront ce qu'il a décidé.


Les Saints Dycats ? Ils parlent d'une autre journée d'action... qui sera oubliée aussitôt... ce n'est pas comme cela que ça bougera, c'est aller au "clash" qu'il faut faire "grève illimitée" avec
la SNCF et les routiers au grand complet qui bloque à 100 % le pays sans la SNCF et participation massive au finish je crains que cela n'aura servi à rien.


Ce serait une révolution pacifique sans armes mais tout aussi efficace.


Voila c'est ce que je pense, et je t'avoue franchement que j'ai les bras qui retombent surtout après avoir entendu les réflexions des parties qu'ils soient du gouvernement - des partis politiques
majorité et oppositions toutes tendances confondues - des Saints Dycats...


Amitiés


Pat



Le Mousquetaire des Mots 09/09/2010 02:01



Bonsoir Pat,


Tu m'avais déjà dit tout cela. C'est vrai qu'on ressent une lassitude sans nom à force de manifester et de constater que la partie adverse ne réagit pas
comme il conviendrait. En fait, il faut imposer aux fédérations syndicales une grève non pas en forme de hoquet, mais dure. La plaisanterie dure un peu trop longtemps. Il ne reste plus que la rue
qui devrait décider et qui finira par décider. Et c'est bien cela le pire : on pilonne la population avec des réformes dont elle ne veut pas, ou tout du moins, dont elle veut qu'elles soient
différentes dans la conception et l'application. Il serait temps qu'elle ait l'oreille du palais. Tant que personne ne fera entendre raison au roi, rien ne bougera en faveur du plus grand nombre.
Où est donc le conseiller qui saura prendre en compte tous les facteurs indispensables à une politique de réforme soucieuse du social ? Telle est la question.


Amicalement           Fred



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