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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 10:58

Je reproduis ci-dessous un article du journal Le Monde ( 28 septembre).

Titre

"Qui sont les sources des journalistes ?"

Qu'il se trouve dans un pays en guerre, au coeur d'une enquête judiciaire ou d'une investigation scientifique, le journaliste tire ses informations de sources. Il peut s'agir d'un haut fonctionnaire, d'un diplomate, d'un policier, d'un magistrat, d'un agent des impôts, d'un homme politique ou encore d'un citoyen ordinaire. Tout journaliste, pour écrire un article basé sur des faits recoupés, doit pouvoir s'appuyer sur plusieurs sources. Il va donc s'atteler à trouver des informateurs bien placés et crédibles. Au Monde, il existe une règle écrite : "L'existence d'une source ne suffit pas à valider une information. La critique des sources doit être une pratique constante". Les informateurs des journalistes n'ont pas de statut précis. Ils obéissent à plusieurs intérêts : soit que la divulgation d'une information fasse progresser une enquête ou empêche son blocage, soit qu'ils veuillent jouer une carte plus personnelle, soit qu'ils veuillent simplement que la transparence l'emporte. Le journaliste doit être conscient des motivations de ses sources et vérifier scrupuleusement les faits avancés. Au Monde, une source n'est jamais rémunérée.

Le rapport qui s'instaure entre une source et un journaliste est un rapport de confiance. Il arrive que la source risque sa carrière, ou sa vie. Au journaliste de savoir freiner les ardeurs de son informateur qui, parfois, va transgresser la loi pour l'aider. D'autant que le pouvoir a légalement le droit de chercher à identifier les auteurs des fuites. En revanche, il ne peut chercher à bloquer les investigations de la presse. La protection des sources n'est donc pas un privilège mais une obligation.

Les sources des journalistes sont parfois accusées de mille maux. Elles apparaissent comme le véritable cauchemar des décideurs, notamment après la plainte déposée lundi 20 septembre par Le Monde auprès du parquet de Paris, pour violation du secret de ses sources dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Pour le pouvoir, l'exercice est délicat : traquer les informateurs de la presse, c'est s'exposer à une violation de la loi du 4 janvier 2010. Celle-ci est claire :"Est considéré comme une atteinte indirecte au secret des sources (...) le fait de chercher à découvrir les sources d'un journaliste au moyen d'investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements poermettant d'identifier ces sources...".

Pour la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), qui définit la protection des sources journalistiques comme "l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse", "Toute personne fournissant des informations à un journaliste est considérée comme sa source". Elle précise : "Le droit pour les journalistes de protéger leurs sources fait partie de la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques".

Dans le cadre d'une affaire judiciaire, les informateurs sont souvent des enquêteurs. Tenus au secret professionnel, ils ne sont pas censés communiquer des détails du dossier judiciaire, encore moins des procès-verbaux d'auditions. Mais le journaliste, lui, n'est astreint à aucun secret. Il peut se procurer des documents confidentiels, des pièces de procédure, en faire état, sans que l'on puisse le lui reprocher. Il peut même les produire pour sa défense devant les tribunaux.

Souvent, les lecteurs lui font pourtant le reproche de publier des informations couvertes par le secret professionnel. Mais le reporter est là pour informer le public et dans les plus brefs délais, comme le reconnaît la CEDH : "L'information est un bien périssable, et en retarder la publication, même pour une brève période, risque fort de la priver de toute valeur et de tout intérêt". Et dans le cas des affaires d'Etat, il faut aller vite. En janvier 2008, Nicolas Sarkozy s'était montré clair : "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse. La loi du 4 janvier 2010 interdit de porter atteinte, directement ou indirectement, aux sources d'un journaliste. Mais comme aucune sanction n'est prévue, elle n'est pas dissuasive.

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Législation
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commentaires

Blanche de Marseille 05/10/2010 09:26



La dernière découverte , l'antisémitisme avéré de Pétain  ( moi aussi je croyais qu'il était gâteux et donc en partie irresponsable ...je me suis fait avoir en l'excusant en partie )
donc , la Pensée Brune est de nouveau à la mode et je ne donne pas cher des gens qui devront s'y affronter de plus en plus ! j'en fais partie de par mes idées et de par ma religion -
Courage mes enfants , qui vivra verra comme on dit , en attendant , félicitons-nous de ne pas participer à cette idéologie - Bonne journée à toi cher Mousquetaire des mots



Le Mousquetaire des Mots 05/10/2010 10:41



J'ai découvert ça, ou plutôt je l'ai redécouvert parce que j'en avais déjà enendu parler. Et dire qu'il fut le héros de la 1ère guerre mondiale... Est-ce
l'âge qui l'a fait tourner à l'aigre ? Ou bien l'air du temps qui se prêtait à ce type de malversation intellectuelle ? On ne le saura jamais. C'est peut-être tant mieux. L'éclairage apporté par
cette note confirme, s'il en était besoin, le bien-fondé de la décision prise par de Gaulle : la déchéance. Actuellement, tout le monde évoque de manière récurrente cette période terrible et les
noms d'oiseaux fleurissent sur les lèvres des parlementaires. A croire, je me répète, que les leçons d'une histoire encore récente, n'a pas porté ses fruits jusqu'à maturité. Regrettable, très
regrettable. Mais espérons que nous ne connaîtrons pas à notre tour ces heures peu glorieuses, que nos enfants n'auront pas à souffrir autant que ceux de cette époque-là.



Jean Georges 04/10/2010 23:33



Rebonsoir Fred,


Fasse que ton optimisme te donne raison, mais il faut bien constater qu'en 3 ans de pouvoir une vingtaine de journalistes, directeurs de journaux , présentateur télé, directeur de chaine et
radio, chroniqueur, etc. sont passés à la trappe et remplacés par des hommes " sûrs" .


je viens de regarder sur la 5 le film de Olivier Langlois : UNE FEMME A ABATTRE , en rapport avec l'assassinat d'une journaliste ( Anna Politkvskaïa) en Russie et d'après le film d'une vingtaine
d'autres, et cela depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir. En France nous n'en sommes pas encore là, heureusement, mais nous ne sommes pas encore en 2012,à mon avis d'ici là il y a encore des
têtes qui vont sauter, des mutations, des conseils ordonnés, et que sais-je encore.            On l'a bien vu cet été où plusieurs publications à la suite de
Médiapart se sont tout à coup mis a taper fort sur NS , tout y est passé, voleur, menteur , voyou etc... Les innombrables articles sur l'affaire W/B . Tout cela est tombé à l'eau tout d'un
coup  tout le monde est entré dans le rang peu de temps après le discours de Grenoble. Circulez y rien à voir . AUjourd'hui sur Mamie Zinzin il aurait bien quelques bricoles mais qui ne font
pas grand bruit. ET au chateau que voit-on Sarko qui parade, Sarko qui frime, Sarko qui se moque des manifs, qui ne bougera pas d'un yota sur les retraites , Le couple qui se rend voir la grotte
de lascaux et machin qui se trompe de 10 000 ans dans un commentaire vaseux. Qu'importe on en rit, on laisse courir, les pamphets ne dépassent pas le genou, tout cela est bon enfant, rigolard
etc.. la dérision sur les roms  court sur les blogs, sur Facebook, voire certains journaux. Cela sent l'hiver bien tranquille au chaud, sauf pour les
sdf, les chomeurs en fin de droit, les roms  etc..., eux ils auront froid cet hiver, ils auront faim, certains vont mourir sur le trottoir ou ailleurs. Nos journalistes du serail eux ils
écriront que tout ne va pas si mal, qu'il y a pire que chez nous, enfin la chanson habituelle, que l'on entend ou que l'on voit sur les médias, serinée avec soin quotidiennement, afin que
chacun se persuade qu' il n'y a pas d'autre solution. JG.        


 



Le Mousquetaire des Mots 05/10/2010 07:49



Bonjour Jean-Georges,


J'essaie de rester optimiste, c'est parfois bien difficile. Par exemple en lisant un article de Rue89 tôt ce matin (L'état se prépare à une guerre dans les
cités). Ca m'a fait froid dans le dos. Les arguments développés valent ce qu'ils valent, on y croit ou pas, mais ils s'insinuent malgré moi dans ma réflexion. Pour en revenir à cet
article du Monde, sa réaction comme celle de Médiapart, est juste. Il n'y a aucune raison de baisser culotte devant le pouvoir, surtout quand il pratique l'arbitraire à ce point. Nous avons
besoin de savoir et de comprendre, les journaux sont là pour nous y aider. Je crois qu'il est bon de rappeler de temps à autre, parce que le temps passe, certaines affaires. Nous avons la mémoire
trop courte, à nous de l'entretenir. Il ne faut pas s'y tromper : lorsque le pouvoir édicte sa loi au point de museler les uns et les autes, c'est parce qu'ils ont mis les pieds dans un plat
qu'il préfère ne pas voir en cuisine. Je rappelle qu'en 2003, les résistants ont envoyé un appel aux générations à venir. Il faut donc bien transmettre leur message. Le devoir de
mémoire, cela existe.


Bonne journée Jean-Georges. Amicalement



sylvie 04/10/2010 19:41



Les chemises brunes vont de nouveau être à la mode… pour l'instant, ça ressemble encore à du canada dry, mais ça pue de plus en plus la dictature feutrée et bien pensante.


Amitiés.



Le Mousquetaire des Mots 04/10/2010 20:28



Bonsoir Sylvie,


Que veux-tu, le pouvoir tient à durer et ne supporte pas la critique. Il y a tant de choses à cacher, de ces choses qui ne devraient que se sussurrer dans le
secret des alcôves ou derrière des persiennes bien closes. Quand elles viennent au jour, il ne peut s'empêcher d'enfreindre des lois qu'il a lui-même promulgué. Il faut bien qu'il se protège. En
effet, s'il ne risquait pas d'être atteint, ou plutôt éclaboussé, par ces affaires sordides, il ne s'y arrêterait pas. Il ne prendrait pas la peine de s'en mêler et d'ordonner qu'on enquête de
manière illégale. Au fait, savais-tu que les lois n'étaient faites que pour être détournées ? On en a là un bel exemple, non ?



Jean Georges 04/10/2010 18:51



Salut Fred,


Nous en sommes à la liberté de la presse et la protection des sources. j'avais oublié ça dans mes envies et aspirations pour que la gauche, si elle arrivait au pouvoir en 2012 inscrive cela dans
un programme de gouvernement. 


Bel article du monde , mais qui ne fait , que rappeler en gros les termes de la loi du 4 Janvier et le blabla de notre grand homme en 2008, sur la protections des sources. D'accord c'est déjà
bien.


Mais le mec qui a été muté à Cayenne, lui, tu pense qu'il aura envie de recommencer, et tu crois que ses copains avant de balancer leurs infos ne vont pas réfléchir à deux fois, voire fermer leur
gueule définitivement. Il y aura bien toujours quelques casse cous mais ils vont se faire de plus en plus rares. Donc si les sources sont taries, à sec, que va t-il couler dans les colonnes des
quotidiens et hebdos crédibles, des marchands de papier glacé, et autres télés, des histoires de fesses, des blagues de vendangeurs au chateau de Rocheville ( saga sur A2), une série au JT sur
le  musée de 4 sous, du chateau de triffouie les oies ( voir JPP à TF1) Non! Le pouvoir est en train de boucler la boucle en muselant les médias de tous poils, car si un journaliste tient à
son boulot il sera contraint de gré ou de forces de passer par les fourches caudines du pouvoir. JG.


 



Le Mousquetaire des Mots 04/10/2010 20:24



Deux ans, c'est peu dans une vie. Comment peut-on être oublieux à ce point ? Serait-ce une forme d'Amzheimer spécifique qui aurait échappé aux toubibs ? Mais
c'est vrai que les mots, on peut se les payer sans grands frais. Je ne partage pas ton avis sur la fuite des informateurs effrayés par la sanction qui a frappé l'un des leurs. Il y aura toujours
des gens qui auront envie de dire et que les choses soient connues. Le journalisme d'investigation a encore de beaux jours devant lui, et maintenant plus que jamais. Tout simplement à cause de
ces enquêtes déclarées dans "l'intérêt de la nation" alors qu'il ne s'agit que de l'intérêt du pouvoir. La différence est vraiment très grand, ne crois-tu pas ? Il ne faut pas oublier que nous ne
sommes pas officiellement dans une dictature. Et comme l'occident tient à sa pensée, il n'admettra pas qu'on puisse toucher au sacro-saint secret journalistique. D'ailleurs, les attaques dont le
roi est l'objet depuis quelques mois est là pour démontrer qu'il en fait trop, mais surtout que sa "mégalomanie" déplaît. Il devrait être plus attentif à l'image qu'il donne de lui et de ses
actes : il n'y a jamais de fumée sans feu.



Florentin 04/10/2010 16:50



NS est tout à fait d'accord pour que le journaliste ne dévoile pas ses souces. Et il le dit, sincère, la main sur le coeur. Mais, quand le boomerang lui revient dans la figure et qu'il a
à se plaindre de la presse, il ne chante plus la même musique. Pour lui, c'est bien connu, il fait les lois, mais se croit dispensé d'y obéir. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais,
disait monsieur le curé du haut de sa chaire. Monseigneur notre président a été élevé dans les mêmes couvents...



Le Mousquetaire des Mots 04/10/2010 16:58



Il est effectivement catholique, donc rien d'étonnant à ce qu'il ait une mentalité forgée par la doctrine religieuse de notre pays. Sa formation d'avocat
l'incite à pousser les lois le plus loin possible (notamment en matière de sécurité) et il sait les exploiter selon ce qu'il en attend. C'est peut-être ça son côté "bling bling"... Il aime le
clinquant, un sacré travers dont il ne sait pas se défaire. Et comme il ne faut surtout pas lui déplaire...



Pat59 04/10/2010 14:22



Tiens, un poil en retard... attention ton article va être épluché par le contre espionnage de France... ou plutôt je devrais dire de Nique Oh Là...


La personne qui a dévoilé le pot au rose, un adjoint de Ch Lagarde a été muté en Guyanne, à Cayenne pour être précis... ça ne s'invente pas... et je te fiche mon billet que si le bagne serait
encore ouvert, il serait occupé à un poste de casseur de cailloux...


Je me demande même si la réouverture du bagne ne serait pas un grand projet ou un rêve secret de Toupti...


Amitiés Pat



Le Mousquetaire des Mots 04/10/2010 16:41



Mais non, ce n'est pas du retard, c'est seulement volontaire. Il faut savoir rappeler des faits récents car tout va trop vite et comme on est submergés par
des infos qui s'entassent sans discernement, ce que tu qualifies de "retard"  n'est donc qu'un rappel, mal nécessaire pour ne pas oublier les choses importantes.  Tu sais, pas besoin de
restaurer le bagne à Cayenne, il est déjà en nos murs. Pour ce monsieur, c'est sûr qu'il est mis au placard (le sort de tous ceux qui ouvrent leur gueule).  Cet article a ceci de bien c'est
qu'il démythifie les "informateurs". Entre nous soit dit, il y a contradiction totale entre le "devoir de réserve" imposé aux fonctionnaires et le fait qu'ils communiquent des documents
compromettants. Va savoir ce qui les motive. En tout cas, l'indépendance journalistique doit être respectée. Que le pouvoir le veuille ou non. Sans cette indépendance, il n'y a plus
d'information, donc plus de liberté.



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