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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 12:44

Ras le bol de la complaisance outrée dans laquelle les médias ont plongé. On nous rebat les oreilles avec cette affaire dont on sait bien peu de choses. Que cela bouleverse l'hexagone, pourquoi pas ? Que la donne politique soit bouleversée, certes ! Mais est-ce suffisant pour ramener sa fraise à tout bout de champ ? Il y a une indécence insupportable à étaler toujours les mêmes commentaires, les mêmes images, les mêmes supputations. Est-ce là faire oeuvre de jugeotte, de professionnalisme ? A part tenir en haleine les plus mauvais instincts, dont un voyeurisme exacerbé, ce ne sont plus des reportages, mais de vulgaires propos serinés à longueur d'ondes, d'antennes, de pages. L'atmosphère est devenue lourde, malsaine.

 

Qu'on nous laisse donc tranquilles et qu'on laisse l'affaire se dérouler sans tomber dans un marécage merdique où la seule chose qui émerge est le sordide. A force de répéter que ceci, que cela, la tête tourne. C'est à se demander si la vulgarité ne l'emporte pas sur le sérieux. Plus aucune part de vérité, alors que les titres se font sensationnels, ne semble de mise. Les relais médiatiques pataugent dans un psychodrame dont se délectent auditeurs ou lecteurs. Comme si cette passion soudaine était partie intégrante de la réalité de chacun. Or, il s'agit d'une affaire individuelle où les coups endurés par la victime de ces assauts médiatiques font plus de mal que de bien. Entretenir le mélodrame en couches superposées selon la sensibilité de celui qui dégoise devant un micro ne donnera jamais une idée représentative de ce qu'il s'est passé.

 

Je sais pourquoi  on s'entête à monter des reportages ou des émissions, à écrire des hypothèses : ça rapporte gros.  Aucune pitié pour les mis en cause. Il faut de l'information à tout prix. Quitte à dire n'importe quoi : il faut tenir en éveil auditeurs et lecteurs. Les journaux ne se sont jamais aussi bien vendus, preuve que le public se repaît de ce drame. Où est le respect dû aux protagonistes ? On n'est ni sur une scène de théâtre, ni au cinéma. Et ce ne sont pas les théories échafaudées à la hâte qui éclaireront le public. Qu'ils la ferment !

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Mauvaise humeur
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commentaires

Jean Georges 28/05/2011 23:50



Bonsoir Fred,


Certains mis en examen dans notre pays ainsi que leurs amis s'evertuent, quand ils sont à bout d'arguments a y aller de la formule consacrée " je crois en la justice de mon pays" . Et bien moi je
n'y crois pas, et je crois encore moins en celle d'un pays comme les US.


Notre justice devient une mauvaise copie de celle des Etats Unis, ce qui n'enlève rien en cette parodie américaine, basée sur le fric, le fric. et encore le fric.


Ajourd'hui dans " le Parisien" un chroniqueur déballait la facture de la " liberté" toute relative de DSK, en Euros


Loyer 35 000 mois  - sécurité 140 500 mois - Avocats 4 400 jour par deux- détectives 4000 et ils sont plusieurs - Contre expertises 350 000 - caution 700 000  cash - Caution 3 500 000 -
frais d'assurance 350 000 .


Qui a le pouvoir de mettre un tel paquet de pognon sur la table? vous m'accorderez que ce n'est pas le citoyen lambda, américain ou français que ce ne peut-être qu'un nanti richissime, un
seigneur narcissique démocrate de pacotille, un ennemi du peuple.


Ce évennement aura au moins servi à quelque chose c'est de faire savoir au peuple français qu'il l'a échappé belle, car au dire de certains sondages il ( le peuple) allait se l'infuser pendant au
moins 5 ans


Certes les médias continuent de se repaître des supputations de culpabilité ou d'innocence de DSK avec une indécence sans limites une densité d'infos enrobées de compassion et de textes
sulfureux. Des plateaux télés où des journalistes et autres experts y déballent leur science empreinte de suffisance devant un meneur de jeux leur posant des questions de plus en plus vicieuses.


Et à côté de cela depuis un mois avez-vous vu ou lu beaucoup d'infos sur le séisme , le tsunami , la catastrophe nucléaire qui s'est abattu sur le Japon. Oubliés les japonnais, oubliés les 100
000 personnes qui restent exposées, oubliés les dégats, la pollution etc... . C'est vrai que pendant un mois on avait entendu que cela, mais une piqure de rappel de temps en temps ce serait sympa
je trouve. Cordialement JG.



Le Mousquetaire des Mots 29/05/2011 21:42



Bonsoir Jean Georges,


Oui, c'est vrai, la presse télévisuelle et papier se gave et nous repaît de détails sordides en couches plus que superposées. Que veux-tu ? Ainsi en va-t-il
des envieux, des décérébrés, des pipolisés. Quant au reste, cela touche moins : le Japon, c'est loin. On ne parle plus ou presque de la Lybie où MK s'entête à rester sans aucune dignité, de la
Syrie où ça gronde parce que le dictateur refuse de partir, des exactions en Côte d'Ivoire où le nouveau potentat élu vient d'être intrônisé en grandes pompes. Oh bien sûr on arrose à la une les
concombres espagnols qui sont mortels parce que porteurs d'Eschiaricoli entérohémolytiques, voire de Rolland Garros (il faut bien se divertir), d'un homme-tronc soupçonné de harcèlement. mais ça
intéresse moins que l'ex-favori des sondages donné gagnant avant même que de s'être présenté. Tout cela reste bien franco-français, de cet esprit clanique et vision de clocher caractéristique
d'un peuple qui subit les pires injures et qui se gloutonne de mariages princiers, de séries plus débiles les unes que les autres, qui s'américanise sans le voir et qui en redemande, histoire
d'être encore plus décervelés. Un drôle pays que le nôtre ne trouves-tu pas ? Mais est-ce étonnant ?



Blanche de Marseille 28/05/2011 11:57



Tu permets cher blogueur ? ...Attendez...les réjouissances ne font que commencer ! Chr.Lagarde est pressentie pour présider le FMI en remplacement de Dominique - Plus Ultra Libérale
qu'elle je ne connais pas !!! Dominique ( que je ne plaindrais que s'il est innocent ) avait fait son possible pour venir en aide à la Grèce - le pire est à venir   oui je crains le pire dans les pays en difficultès - ces gens du FMI nous conduisent aux révolutions qui n'auront peut-être rien de
pacifique j'en ai peur !



Le Mousquetaire des Mots 28/05/2011 15:35



Il faut bien remplacer celui qui ne peut plus exercer ses fonctions. La bagarre sera rude car les pays émergeants veulent avoir leur mot à dire et dénoncent
l'emprise de l'Europe sur cet organe : ils se mettent dans la course et tenteront de damer le pion à ce vieil occident de plus en plus décrépi. Deauville semble être un excellent tremplin pour
que CL soit intronisée par les pays occidentaux. Sans doute l'occident ne voit-il pas d'un bon oeil la perspective que lui échappe ce qu'il considère comme sa propriété. Les jeux ne sont pas
faits.



ledif trocas 27/05/2011 00:40



en Grèce nous avons beaucoup de salutations. En fait on passe beaucoup de temps à se saluer et c'est peut-être une des causes des problèmes économiques
les prnicipaux salut
καλημέρα = kaliméra = bonjour
καλησπέρα = kalispéra =  bonsoir
καλή νύχτα = kalinyichta = bonne nuit  
για χαρά = ia chara (ch de choeur) = pour la joie
χαίρετε = chairété = réjouissez-vous
γεία συ = ya sou = salut!
voilà pour les plus courants
En ce moment il n'est pas rare d'entendre "kal'épanastazi" =bonne révolution!


sûr que ça bouge! tandis que les auto-proclamés "grands de ce monde" sz prélassent sur les planches à Deauville.
sûr que ça bouge et que çq va continuer parce que, cette fois à la différence de 68 où il s'agissait d'une révoulution de "nantis", c'est la MISèRE du MONDE quise révolte!  et cette MISèRE
est de plus en plus grande. La révolte sera donc de plus en plus importante de plus en plus forte.
ça va péter!



Le Mousquetaire des Mots 28/05/2011 15:30



Merci pour les traduction des salutations en grec. Ca manquait à ma culture (je n'ai jamais même abordé le grec ancien). Du coup, "j'entends" encore mieux la
chanson pour laquelle tu avais établi un lien. Kaliméra, un mot tout en douceur, du moins à mon oreille, un peu comme s'il disait bienvenue, asseyez-vous et parlons.


Effectivement il n' a aucune comparaison avec 68. Mais est-ce si différent ? 68 était une révolution. Ce qu'il se passe désormais, c'est que l'esprit
révolutionnaire semble avoir dépéri et qu'il a fait place à un certain laxisme. Comme si tout le monde était anesthésié. C'est vrai que, si rien n'incite au farniente, rien non plus ne pousse à
brandir un gourdin ou hurler des slogans. L'époque est en ébullition mais également soporifique. Tout et son contraire en fait. Ca tempête, mais ça ne se révolte pas. Sans doute est-ce pourquoi
les pays, hors sud, semblent assaillis par la torpeur. Sans doute par trop de confort, une notion qui, autrefois, n'existait pas au point d'aujourd'hui. Peut-être que la plupart espère sauver les
meubles en ne bougeant pas..., en attendant que les autres se mettent en mouvement. Tout est si passif.


 



barovin 26/05/2011 14:07



Et cela s'appelle encore de l'information.....Putain que çà sent mauvais dans cette fange médiatico politique. Si on parlait d'avenir, d'une société plus humaine où chacun pourrait mieux
s'apanouir.....CHICHE....


L'Europe et sa construction
actuelle loin d'émanciper les peuples, veut les contraindre aux dogmes…



Le Mousquetaire des Mots 26/05/2011 20:47



Bonsoir Barovin,


L'information que l'on entend n'est jamais celle que l'on attend. Les baveux aiment à répandre leurs postillons à longueur de pages au point qu'ils nous
saoûlent très vite.


Je file sur ton blog. Bonne soirée



ledif trocas 26/05/2011 08:07



allez! pour oublier un peu toutes ces turpitudes


ΚΑΛΗΜΕΡΑ
http://youtu.be/XK5WiY2rWnU


et nous vous prêtons "notre" ΧΑΡΙΣ qui sera en France début juin (Olympia le ?)



Le Mousquetaire des Mots 26/05/2011 20:46



Un régal que cette musique aux sonorités un tantinet orientales. Quant à la voix de la chanteuse, une pure merveille. Dis-moi, que signifie le mot Kalimera
?



ledif trocas 26/05/2011 04:43



Ah! une petite précision!
un MORATOIRE sur les RELATIONS SEXUELLES
imposerait non seulement de n'en point parler mais encore et d'abord de ne pas les exposer.



Le Mousquetaire des Mots 26/05/2011 20:42



Une précision qui méritait de l'être (précise s'entend).



ledif trocas 26/05/2011 04:37



oh là là!ça se Qorse! Qomme ils disent à Qargèse!
enQore une autre histoire de harcèlement! et par un homme-tronQ en plus!
il serait temps de s'INSURGER
non pas Qontre les relations parfois un peu sQabreuses Que les femmes peuvent avoir avec les hommes mais Qontre la divulgation
de ces faux événements.
Un grand MORATOIRE sur les RELATIONS SEXUELLES s'impose!!!
avec un joli slogan
FAITES-LE MAIS N’EN PIPEZ MOT !!!


on peut même ajouter une image ; nous n'en
manQuons pas
Et finissons-en avec cette hypoQrisie de moine chartreux ! Que l'homme Qui n'a pas insisté
un tantinet auprès d'une jolie "pouliche" rétive se saisisse de la première pîerre
Que la femme Qui n'a pas surjoué de ses charmes pour exciter la fougue d'un bel étalon se saisisse de la seconde pierre
et Que ces deux pierres soient la base d'une relation solide et fruQtueuse
FAITES L'AHUMOUR PAS LA GUERRE !
"all wy need is love love love love love love love love love love love love love love love αγάπη"



Le Mousquetaire des Mots 26/05/2011 20:41



Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais je ne reçois plus de message d'alerte des commentaires postés. Et ce depuis hier. Et vous ? Déjà que c'est la course
pour répondre, alors s'il n'y a plus d'alerte, je vais encore moins répondre.


C'est le printemps cher Ledif, alors le gran nettoyage de printemps commence. Crois-tu qu'ils vont tous passer à la casserole ? On dirait bien que oui. Il
faut dire que cela permet de faire parler de soi. Bon, le parquet a été saisi et a donné suite. Attendons donc de savoir ce qu'il en est.



Florentin 25/05/2011 13:50



Prochaine étape, le 6 Juin, jour où on saura si DSK plaide coupable ou non. Je salive déjà et je me me frotte les mains d'aise ! Tu parles. Je suis comme toi, je trouve qu'en l'affaie
on en a fait trop. Mais, les jours passent et on passe à autre chose. Aujourd'hui, un autre scandale est né : Georges Tron, le ministre, est accusé de harcèlements sexuels (voire plus) sur des
anciennes employées de sa bonne mairie de Draveil. On va encore se marrer. En attendant, je te quitte. Pour une activité plus pépère : assiter au spectacle telévisé du tournoi de Roland Garros.
Florentin.



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 22:13



Bonsoir Florentin,


Je n'ai donc pas eu la berlue : une affaire en entraîne une autre. J'avais commencé un article justement parce que je me posais des questions du type : la
période semble scandaleuse, Combien de cadavres dans les placards, etc. Si tout le monde ressort ses vieilles histoires de culottes, on n'a pas fini de voir notamment les politiques tomber un peu
plus dans un marécage puant.


Bon Rolland-Garros



sixtine 25/05/2011 11:01



Bonjour, Fred,


Je partage ton point de vue, mais tout est si bien orchestré par les médias que cette affaire est une véritable aubaine ! Et si les gens étaient moins bêtes, le soufflé retomberait aussi vite
qu'il est monté !


Je te donne un grand et amical bonjour de mon Jura qui fait partie des départements " sécheresse " ... ce qui est véritablement très surprenant !


Sixtine



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 22:09



Bonsoir Sixtine,


Même le Jura est envahi par cette sauvagerie journalistique. Et en plus vous avez la sécheresse. Pas de chance. Les journaleux auraient pu vous éviter la
première calamité puisqu'ils ne pouvaient rien pour la seconde. Mais voilà, la sécheresse passe à l'arrière-plan, car elle ne rapporte rien. Alors que le scandale. c'est choux gras. Pas étonnant
que la masse plonge tête baissée dans tous les traquenards : on fait tout pour lui faire oublier sa condition misérable et puis si jamais elle venait à penser normalement, ce serait
dangereux.


Merci de ta visite. Mon bonsoir du Rhône, lui aussi devenu ultra-sec.



Blanche de Marseille 25/05/2011 10:17



De tout ce déballage médiatico-politique bien écoeurant , il en ressort à mon avis , que les journalistes sont très conscients de la colère qu'ils soulèvent à traîner ainsi dans la fange
, à temps et à contre-temps , des infos qui auraient pu être données d'une manière plus sobre et plus respectueuse de leur public - écrit ou visuel - car je constate pas mal de plateaux
importants , où se posent cette question de manière précautionneuse  " avons-nous eu raison de...."  Il va de soi que je ne prends que le parti d'attendre en silence le jugement quel
qu'il soit !  Contentement ce matin d'apprendre que Sarbuku Premier se dit  " débordé par le web "  et je rigole à m'en plier les côtes en deux ! Pauvre p'titou 



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 22:04



Bonsoir Blanche,


Eh oui, c'est vrai qu'il y a le sommet du vouaibe, ce fameux rassemblement du G Numéro 8... C'est tellement important que je ne comprends pas qu'il n'ait pas
demandé qu'on parle moins de son (ex) concurrent (dans les sondages) et davantage de son action... Pas de chance, il est encore le moins bien placé et il n'attire pas les foules. On se donne
l'importance qu'on peut, non ?



La Ségaline 25/05/2011 08:32



Hélas ce genre d'affaire rééveille les bs instincts (qui ne dorment jamais vraiment) et présente tous les éléments d'une serie B bien glauque: du sexe, de préférence violent, des notables, des
gros sous, plus tout ce qu'on échaffaude autour? Personnellement ça ne me fait plus tourner la tête, ça me donne envie de vomir. Heureusement que quelques cendres islandaises et un peu de terre
battue de Rolland-garros vont estomper un peu tout ça.



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 22:00



Bonsoir Ségaline,


Mais on aime, chez nous, faire appel à tout ce qu'il y a de plus vil chez les individus. Je veux bien qu'on soit des demeurés, mais quand même... Apparemment
c'est payant d'envahir les esprits et leur faire tourner les idées. Tu as raison, un volcan qui fume et des balles qui traversent l'espace, c'est plus ordinaire, mais nettement plus intéressant
que ces déballages malsains.



ledif trocas 24/05/2011 19:05



La Légende de la Nonne


Victor Hugo



Venez, vous dont l’œil étincelle,
Pour entendre une histoire encor,
Approchez : je vous dirai celle
De doña Padilla del Flor.
Elle était d’Alanje, où s’entassent
Les collines et les halliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Il est des filles à Grenade,
Il en est à Séville aussi,
Qui, pour la moindre sérénade,
À l’amour demandent merci ;
Il en est que d’abord embrassent,
Le soir, de hardis cavaliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Ce n’est pas sur ce ton frivole
Qu’il faut parler de Padilla,
Car jamais prunelle espagnole
D’un feu plus chaste ne brilla ;
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Rien ne touchait ce cœur farouche,
Ni doux soins, ni propos joyeux ;
Pour un mot d’une belle bouche,
Pour un signe de deux beaux yeux,
On sait qu’il n’est rien que ne fassent
Les seigneurs et les bacheliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Elle prit le voile à Tolède,
Au grand soupir des gens du lieu,
Comme si, quand on n’est pas laide,
On avait droit d’épouser Dieu.
Peu s’en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Mais elle disait : « Loin du monde,
Vivre et prier pour les méchants !
Quel bonheur ! quelle paix profonde
Dans la prière et dans les chants !
Là, si les démons nous menacent,
Les anges sont nos boucliers ! »
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Or, la belle à peine cloîtrée,
Amour en son cœur s’installa.
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit : Me voilà !
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Il était laid : les traits austères,
La main plus rude que le gant ;
Mais l’amour a bien des mystères,
Et la nonne aima le brigand.
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Pour franchir la sainte limite,
Pour approcher du saint couvent,
Souvent le brigand d’un ermite
Prenait le cilice et souvent
La cotte de maille où s’enchâssent
Les croix noires des Templiers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

La nonne osa, dit la chronique,
Au brigand par l’enfer conduit,
Aux pieds de sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit,
À l’heure où les corbeaux croassent,
Volant dans l’ombre par milliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !



Padilla voulait, anathème !
Oubliant sa vie en un jour,
Se livrer, dans l’église même,
Sainte à l’enfer, vierge à l’amour,
Jusqu’à l’heure pâle où s’effacent
Les cierges sur les chandeliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Or quand, dans la nef descendue,
La nonne appela le bandit,
Au lieu de la voix attendue,
C’est la foudre qui répondit.
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Aujourd’hui, des fureurs divines
Le pâtre enflammant ses récits,
Vous montre au penchant des ravines
Quelques tronçons de murs noircis,
Deux clochers que les ans crevassent,
Dont l’abri tuerait ses béliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Quand la nuit, du cloître gothique
Brunissant les portails béants,
Change à l’horizon fantastique
Les deux clochers en deux géants ;
À l’heure où les corbeaux croassent,
Volant dans l’ombre par milliers...
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Une nonne, avec une lampe,
Sort d’une cellule à minuit ;
Le long des murs le spectre rampe,
Un autre fantôme le suit ;
Des chaînes sur leurs pieds s’amassent,
De lourds carcans sont leurs colliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

La lampe vient, s’éclipse, brille,
Sous les arceaux court se cacher,
Puis tremble derrière une grille,
Puis scintille au bout d’un clocher ;
Et ses rayons dans l’ombre tracent
Des fantômes multipliés.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Les deux spectres qu’un feu dévore,
Traînant leur suaire en lambeaux,
Se cherchent pour s’unir encore,
En trébuchant sur des tombeaux ;
Leurs pas aveugles s’embarrassent
Dans les marches des escaliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Mais ce sont des escaliers fées,
Qui sous eux s’embrouillent toujours ;
L’un est aux caves étouffées,
Quand l’autre marche au front des tours ;
Sous leurs pieds, sans fin se déplacent
Les étages et les paliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Élevant leurs voix sépulcrales,
Se cherchant les bras étendus,
Ils vont... Les magiques spirales
Mêlent leurs pas toujours perdus ;
Ils s’épuisent et se harassent
En détours, sans cesse oubliés.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

La pluie alors, à larges gouttes,
Bat les vitraux frêles et froids ;
Le vent siffle aux brèches des voûtes ;
Une plainte sort des beffrois ;
On entend des soupirs qui glacent,
Des rires d’esprits familiers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Une voix faible, une voix haute,
Disent : « Quand finiront les jours ?
Ah ! nous souffrons par notre faute ;
Mais l’éternité, c’est toujours !
Là, les mains des heures se lassent
À retourner les sabliers... »
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

L’enfer, hélas ! ne peut s’éteindre.
Toutes les nuits, dans ce manoir,
Se cherchent sans jamais s’atteindre
Une ombre blanche, un spectre noir,
Jusqu’à l’heure pâle où s’effacent
Les cierges sur les chandeliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Si, tremblant à ces bruits étranges,
Quelque nocturne voyageur,
En se signant demande aux anges
Sur qui sévit le Dieu vengeur,
Des serpents de feu qui s’enlacent
Tracent deux noms sur les piliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Cette histoire de la novice,
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu’afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut,
Les prieures la racontassent
Dans tous les couvents réguliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !



ledif trocas 24/05/2011 18:56



Cher Fred


je pense que ton dégoût est très largement partagé
mais ne t'énerve pas c'est quasiment terminé
puisque l'objectilf fixé est atteint: DSK est mort
innocent ou coupable, après ce qui a été déballé, il ne s"en remettra pas.
Depuis trois lustres les limiers des RG sous la conduite de St Yves Bertrand et ceux de la police aux ordres du grand inquisiteur
Guéant collent au train de toutes les personnalités -de gauche comme de droite- qui représentent un danger pour sarkubu. C'est comme ça qu'ont été mises à jour
les petites faiblesses des uns et des autres.
Après il suffit de réveiller les "bien pensants" et les grenouilles de bénitiers pour monter en épingle la moindre affaire de fesses. C'est fait. Et voilà la société
française qui s'imprègne d'une pudibonderie très anglo-saxonne. Bientôt il faudra, pour accéder à une fonction de responsabilités importante un "casier moeurs" absolument vierge. Comme si les
petites fantaisies qu'on peut parfois avoir dans ce domaine devaient interférer automatiquement dans l'action publique. Un jour on en viendra peut-être à ne porter au pouvoir qu'un moine ou un
eunuque.
je continue à croire que la vie privée et la vie publique sont deux domaines bien distincts comme je crois qu'il y a en tout homme un "Hyde" et un "Jekill" et que
personne ne peut prétendre à 100% de maîtrise de soi.

sur ce je vais lever mon verre de OUZO à la tolérance
cette tolérance à laquelle on se complait à présent d'accoler le 0


ΦΙΛΙΚΑ


 



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 21:55



Tu sembles mieux connaître que moi les méthodes des renseignements. En tout cas, si la sécurité intérieure se réduit à suivre les politiques et dénicher
quelques uns de leurs travers, on peut se faire du souci pour la protection de notre pays. En pllus, ça dénonce une mentalité assez répugnante. Qu'on ne vienne plus me parler de liberté et autres
fadaises, je crois que je me fâcherais pour de bon.



Pamphile 24/05/2011 18:13



Oui, la radio c'est moins putassier.


Je pense à la présumé victime qui va subir les enquêtes de détectives privés sur toutes les facettes de sa vie...



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 21:52



Bonsoir Pamphile,


Moins putassier parce qu'il n'y a pas l'image ? Peut-être. Encore que les mots peuvent faire une aussi mauvaise impression que les images car ils peuvent
être bien plus suggestifs et donc plus subversifs. La présumée victime ? J'espère pour elle qu'on ne découvrira pas à son propos quelque chose de sulfureux qui réduirait ses chances, si elle a
bien subi ce qui se dit, d'obtenir justice.



Nouchkaya 24/05/2011 16:42



Cela me fait penser aux émissions où les journalistes demandent à X ou Y s'ils sont choqués par les images qui passent en boucle de l'arrestation de DSK...avec en fond ces mêmes images!!! Trop
c'est trop et c'est pourquoi le plus souvent je preéfère écouter la radio...



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 21:49



Bonsoir Nouchkaya,


Ils me donnent l'impression de vouloir combler le vide laissé jusqu'au 6 juin prochain. Une réaction apparemment qui répondrait à certains syndromes bien
français : entre la paille et la poutre, ils ne savent pas faire la différence. Et puis occuper l'espace médiatique cela permet de faire oublier tout le reste.


Bonne soirée



Lucien Aymard 23/05/2011 14:33



Bonsoir Fred,


Que voilà une saine colère!


Les journaux d'aujourd'hui ne sont qu'un ramassis de raclures d'inventions pseudo informatives qui sont uniquement basées sur la supputation et la fausse théorie. Les questions des journalistes
sont d'une mièvrerie qui n'a d'égale que l'incompétence qui les caractérise. Les écoles de journalismes ne doivent plus être que des cour destinés à trouver le moyen de faire rentrer des recettes
publicitaires et d'avilir l'esprit faibles de certains en attendant d'affaiblir celui du reste. Pauvres médias ...


Amitiés


Béa et Lucien



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 21:43



Bonsoir Lucien,


C'est effectivement putride à l'excès. S'ils n'espéraient pas vendre leurs torchons, ils en rajouteraient moins. Seule l'audience compte, qu'elle soit
visuelle ou auditive. Saleté d'esprit récupérateur ! Faut-il être vil pour ne pas hésiter à enfoncer quelqu'un comme on tape sur un clou ?


Pauvres médias ? Non, saleté de médias qui ne respectent rien et se font du gras sur le dos des autres. D'ailleurs, comme il n'y a rien à dire de plus avant
le 6 juin, il se pond des articles à propos de sa femme. Quelle cuistrerie !



Blanche de Marseille 23/05/2011 08:17



Je partage ta colère et ton immense dégoût cher Mousquetaire des mots ! Qu'ils la ferment !!!  Ils sont parfaitement répugnants ! ça charogne à longueur de communiqué et ce n'est pas
fini tu peux en être sûr - comme tu le dis  " ça rapporte"  



Le Mousquetaire des Mots 25/05/2011 21:39



Bonsoir Blanche,


L'impudeur fait rage en ce moment. Quant à la présomption d'innocence, ce ne sont que des mots dont on se gargarise. Tout ce qui se dit laisse entendre de
plus en plus qu'il y a culpabilité. Le génie français consiste à se régaler de potins et pour peu qu'ils touchent les gens de la haute, il va de soi qu'en leur for intérieur certains sont heureux
de voir leur déconfiture.


Oui, le silence serait préférable à cette propension aux commentaires quand il n'y a rien à se mettre sous la dent. Les cadavres, ça excite
salement.


Bonne soirée



youyou29 22/05/2011 20:23



Même les féministes se font manipuler.... c'est d'une absurdité .... va voir mon blog, je pique ma colère... Bibizzzzzzzzz de ti'te youyou29



Le Mousquetaire des Mots 22/05/2011 20:54



Bonsoir Youyou,


Oui, j'ai vu ça. C'est incroyable comme tout est prétexte à récupération. Encore un syndroôme bien français dont je me passerais volontiers. Je file sur ton
blog.



Pat59 22/05/2011 19:58



Est-ce que c'est parce que tu es venu chez moi ou alors tu es vraiment de méchante humeur ?


Te dires que je suis entièrement d'accord serait un pléonasme vu l'animation que j'ai faite


Bonne fin de WE Pat



Le Mousquetaire des Mots 22/05/2011 20:53



Mais non, c'est tout simplement que la surcharge est telle que je pète un câble. Trop, c'est vraiment trop. Et là, ils exagèrent vraiment. Me les gonflent
sérieusement.



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