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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 22:48

La crise, cette sacrée crise qui n'en finit pas, contrairement aux commentaires des gouvernements qui parlent de croissance "molle", mais qui parient surtout sur la croissance, oh, bien faible, mais elle serait tout de même là, donc il y aurait embellie. Ils oublients ces gouvernants que la crise a mis à mal la société libérale grâce aux marchés et aux banques qui, à peine remises de leurs frayeurs de banqueroute grâce aux renflouement de leurs fonds par la charité du contribuable, toujours aussi inconséquentes et avides d'empocher toujours plus de dividendes, ont repris de plus belle leur jeux dangereux. Et ça boursicote ici et là, glanant ces espèces sonnantes et trébuchantes, au point que non seulement elles ont remboursé les avances étatiques, mais surtout ont remis en route leur système mafieux.

Ah, la crise... Elle n'en a pas fini avec nous. Après la Grèce, voici l'Irlande qui plonge à son tour. L'effet boule de neige risque fort d'entraîner d'autres pays de la zone euro dans la spirale infernale de l'endettement. On craint pour le Portugal, pour l'Espagne. Bizarrement, on n'évoque jamais la France. Et pourtant, notre situation est aussi piteuse que les états susnommés. Certes, on a enfin un budget de rigueur. mais cela suffira-t-il à enrayer la machine qui s'est emballée ? On licencie (comment parler autrement ?) jusque dans les ministères : le gouvernement est resserré (de 37, on est passé à 30 ministres), mais la ceinture n'a pas su rejoindre le dernier cran et on pourrait encore dégraisser. Sauf que ça ne servirait à rien puisque les ministres remerciés sans élégance trouveront bientôt des postes lucratifs dans de grandes entreprises en affaire avec l'état. On ne remplace plus qu'un fonctionnaire sur deux. On ferme des classes et on crée moins de postes d'enseignants. Bref, des mesures faites pour complaire à l'Europe dont l'oeil est rivé sur ces mauvais élèves qui n'en font qu'à leur tête et qui risquent de subir des revers de fortune catastrophiques. La France fait partie de cette classe dissipée : elle est arrogante, sûre d'elle, toujours en grève, refuse les réformes. Bref, elle devrait être au piquet depuis longtemps.

Alors si nos cousins irlandais sont dans la mouise, si les cousins portugais et espagnols ne devraient pas tarder à leur emboîter le pas et recevoir l'aide de la communauté européenne, on ne peut négliger cette pente sur laquelle nous glissons depuis un certain temps et donc envisager de nous retrouver parmi les derniers de la classe. Rassurons-nous : cela reste une affaire de famille. Même et surtout en temps de crise.

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans actu finance
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commentaires

Jean Georges 26/11/2010 00:03



Bonsoir Fred,


Ton billet m'interpelle surtout parce que  l'Irlande je ne dirais pas que je connais bien mais j'ai eu l'occasion d'y faire deux courts séjours dans les années 80 à l'époque où le tournoi
des 5 nations se jouait vraiment entre nations alors qu'aujourd'hui des joueurs irlandais jouent dans des clubs français et vice versa, et se connaissent tous.


A cette époque pas si lointaine ce pays était plus que pauvre je dirais que des centaines de milliers d'emmigrés irlandais, aux states notamment, tenaient ce pays à bout de bras depuis des
lustres. C'était à cette époque un pays où seul le centre ville de cités comme Dublin pouvaient faire illusion.


Et voilà que vingt ans plus tard tout cela est devenu un eldorado d'abord dans les années 90 avec les subsides de l'Europe qui ont permis des investissements conséquents et à partir de 2000 ,
2002, du fait de la fiscalisation plus qu'intéressante on a vu les grosses start up informatiques, et les banques internationales  installer leurs sieges sociaux et constituer des revenus
colossaux en quelques années grace à une main d'oeuvre jeune et volontaire qui a qui on a fait croire au père Noël et à une imposition unique sur les société d'"environ 8%


Je me souviens la France et l'Europe s'esbaudissaient devant cet essor incomprehensible de ce petit pays où 20 ans plutot   on  trouvait encore sur des routes étroites, des petites
voitures à trois roues et où le vert des paturages clos de murs en pierre ,faisait ressortir le  superblanc des innombrables moutons.


Je pense c'est cela qui a inspiré Sarko et d'autres que souvent citant ce pays, le slogan " travailler plus pour gagner plus" a été mis au goût du jour. Vous aurez remarqué que l'on en parle plus
aujourd'hui. Ils en ont trouvé d'autres de slogans mais c'est déjà beaucoup moins appuyé et Fion dans son discours de politique générale s'est bien gardé d'aborder le sujet omettant dans sa
politique de rigueur de parler des milliards que devront payer les contribuables européens afin que les irlandais ne mettent pas deux siecles pour combler  leurs dificits et leurs dettes.
JG.



Le Mousquetaire des Mots 26/11/2010 06:57



Bonjour Jean-Georges,


C'était un mirage et rien d'autre. L'implantation des multinationales aura permis de spéculer davantage. Et c'est bien dommage. Pour l'instant elles sont
encore présentes sur le sol d'Irlande, mais si la fiscalité devient moins avantageuse, elles se déporteront vers les pays de l'Est. Les politiques y réfléchiront à deux fois, du moins on peut
l'espérer.


Wait and see, disent nos voisins. Il faudra bien qu'un jour ou l'autre les politiques soient révisées. On aimerait que ce soit demain, mais ce n'est pas
encore inscrit au programme.


Courage, on en verra le bout. Amicalement            Fred



Yazan 25/11/2010 12:58



Au fond, si on regarde plus loin, la crise, ça fait presque 40 ans que ça dure... Le chômage augmente, la dette s'accroît inexorablement. Depuis 40 ans, ce mouvement est immuable, sauf quelques
périodes ponctuelles d'embellie artificiellement propulsées par l'emballement d'une bulle financière qui éclatera d'autant plus vite que tout le monde se jette dessus afin de récupérer sa part du
gateau... Et si on met en parallèle l'argent généré par la finance (les marchés secondaires boursiers particulièrement, ceux qui font du fric avec du vent et de la spéculatuin, ceux qui poussent
à la précarisation des sphères ouvrières - je ne dénigre aucunement les marchés primaires qui ont eux toute leur place), on présage de qui est responsable de ce beau bordel et de ce qu'il
faudrait faire pour inverser la tendance! Les politiques là dedans? Je n'attend rien d'eux, du moins, des deux camps qui se partagent le pouvoir depuis trop longtemps.... Ils souffrent d'une
forme de corruption latente: l'influence de lobbies toujours plus influents! Au service du fric tout puissant!



Le Mousquetaire des Mots 26/11/2010 06:31



Bonjour Yazan,


S'il n'y avait que notre pays à être en crise, ce ne serait pas le bout du monde. L'inconvénient, c'est cette mondialisation sans frein que les politiques ne
sauront jamais arrêter. Question de volonté pourtant. Il suffirait d'un seul qui mette tout ce merdier aux orties pour que le monde se reprenne. Je crois qu'on l'attendra longtemps celui-là. Mais
quel dommage !


La devise qu'on pourrait appliquer aux frontons des mairies : saint-fric, priez pour nous. Et dire que, quelle que soit notre fortune, nous finissons tous
dans l'assiette du diable...



Florentin 24/11/2010 13:46



Nous sommes, hélas, impuissants. Comme celui qui, assis, regarde sa maison flamber sans pouvoir rien faire. Nous ne possésons ni l'eau de la rivière ni le vent. C'est à désespérer. Et pendant ce
temps des économistes lucides, "attérrés", prêchent dans le désert. Flo.



Le Mousquetaire des Mots 24/11/2010 22:58



Bonsoir Florentin,


Les économistes, en leur temps, prêchaient le libéralisme. Aujourd'hui, ils ont compris leur erreur mais ils ne sont plus écoutés : le pli de la richesse
facile est pris. Ce ne sont pas les économistes qui convaincront les spéculateurs de cesser de boursicoter. Hélas pour nous.



La Bernache 24/11/2010 11:55



Là où le bât blesse , à mon sens , c'est dans cette espèce d'uniformisation à marches forcées - vers une monnaie unique dont on voit les ravages - paupérisation partout en Europe , qui
jamais ne fut instituée l'Europe des Peuples , mais bien plutôt , et ce dès Mr Delors , bâtie sur la cagnotte de 800 Millions de Francs qu'il envisageait à l'époque pouvoir tirer de nos poches -
Les centaines de Millions sont devenus des centaines de Milliards ....de dettes ! Pourtant l'Europe des Hommes ç'eût été si beau ....C'est foutu de chez foutu !!!! - mon dernier post n'est
pas très folichon , traitant du chemin pris justement . Amicalement à toi chère boussole -



Le Mousquetaire des Mots 24/11/2010 22:56



Bonsoir Blanche,


Tu résumes tout parfaitement. L'Europe n'est que monétaire pour conserver sa position dominante. Comme le rappelle L.T., c'est également l'Europe de la paix
et si, 60 ans plus tard, nous ne connaissons plus la guerre sur notre sol, la crise née de la spéculation nous réduit à presque rien. Aucune de ces deux époques n'est enviable. Justement parce
que d'être saignés comme des porcs ou saignés à blanc par la folie financière revient strictement au même. On peut se demander dans quel état nous serons si nous connaissons un jour l'issue de
tout ce merdier.


Bonne nuit Blanche, rêve uand même d'un monde meileur, le rêve, c'est l'unique chose qu'on ne nous enlever.



ledif trocas 23/11/2010 18:01



Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas totalement d'accord.
Tu parles de mesures prises "pour complaire à l'Europe"; or dès qu'il y a des décisions impopulaires "on" prétend que c'est à cause de cette pauvre Europe. Europe serait responsable de tous nos
maux. C'est faire bien peu de cas de tout ce qu'elle nous a apporté depuis 50 ans, à commencer par la Paix.
Alors que de plus en plus de gens pensent qu'il faudrait sortir de l'UE, je crois qu'il faudrait au contraire mettre le paquet sur une harmonisation de la fiscalité et de l'organisation sociale.
Et surtout une vraie politique européenne. Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il faut renoncer.
Quand à la cause de nos malheurs, il vaut mieux regarder d'un oeil sur la spéculation, et de l'autre sur nous-mêmes et notre mode de vie...
je réagis évidemment en individu ayant un pied en Grèce, un autre en France et un troisième qui cloche tout autour du monde...
ΦΙΛΙΚΆ



Le Mousquetaire des Mots 23/11/2010 21:43



Bonsoir AMi,


Tu n'as pas tort. Quand je parle de complaire à l'Europe, je ne la critique pas vraiment, j'émets seulement une évidence. Ce que ses prédécesseurs n'ont pas
osé faire, lui y est allé comme un va-t-en-guerre. Comme possédé par une de ces obsessions qui montrent combien la "popularité" tient à peu de chose et qu'il suffit d'un grain de poussière pour
faire prendre la mayonnaise d'un libéralisme échevelé. Le passage en force de toutes les réformes est la preuve qu'il faut entrer dans le jeu voulu par de spolitiques et comme il prétend être le
meilleur de tous, il ne se gêne pas pour agir comme s'il était tout seul et que sa survie historique en dépendait.


Ces 50 ans que tu évoques ont fait suite à la seconde guerre mondiale dont on connaît toutes les horreurs qu'elle a engendrées. La prise de conscience a mu
la volonté politique pour que ça ne se reproduise pas. En tout cas, chez nous. C'était louable. Mais apparemment il y a eu du brouillage avec les accords de l'AGCS et la suite on la connaît :
2008, la crise et ses conséquences. Et les réformes à fond de train, la démolition programmée d'un système juste. Cette harmonisation n'est possible que si les peuples sont d'accord. Mais le
sont-ils ? Chacun voyant midi à sa porte, je crains qu'il n'en soit rien. Le protectionnisme renaît de ses cendres encore chaudes, on devient frileux et on rejette tout ce qui n'est pas de chez
nous. L'euro semble être une victoire mais comme toute médaille il a son revers : l'inflation des prix, la surchauffe de la mondialisation, les crises successives et la toute dernière qui a enfin
montré toute la faiblesse et la faillite du système mis en place.  La politique européenne : rien que des commissions qui s'empilent les unes sur les autres, une administration lourde qui
matérialise mal les désirs des peuples, le leurre de l'union car trop artificielle, bref, l'harmonisation n'est pas pour demain. L'Europe a trop grandi ces dernières années. Pour contrer le reste
du monde. Une unité artificielle qui ne peut emporter l'unanimité des peuples. L'Europe ne peut faire entendre sa voix dans la cacophonie du monde actuel, chacun voulant une poule aux oeufs d'or.
Elle semble stabiliser l'occident, mais c'est par son opposition à l'hégémonie américaine. Son rôle ne consiste qu'à ça : matérialiser un versant assez fort pour contrer l'emprise presque
séculaire. On voit ce que ça donne : une crise pire que celle de 29. Et qui, comme la première, vient d'outre-atlantique. L'Europe gère comme elle peut, mais en fait subit tous les contrecoups.
Elle est impuissante, elle n'est pas le gendarme du monde, elle n'en a pas la vitalité. Ni peut-être pas l'envie. Le juste équilibre n'existe pas : selon que vous serez puissant ou misérable...
L'Europe est empêtrée dans le magma financier car elle a voulu y participer. Sans doute voulait-elle aussi sa part du gâteau. La création d'un fonds monétaire pour épauler les peuples en
difficulté semble la dire solidaire. Mais elle ne l'est pas : chacun dans ses frontières espère échapper au carnage né de la crise. Et c'est pour se sauver eux-mêmes que les politiques ont
consenti à cet effort. Encore de l'endettement. C'était inévitable et c'est crucial pour chacun d'entre nous. La gouvernance financière mondiale n'est pas pour demain : les différences entre les
vieux pays et les pays émergents sont trop grandes. Nous sommes emportés par un maelström incontrôlable. Même si nos politiques semblent prétendre le contraire. La crise a montré le vrai visage
de la mondialisation, maéis ça, personne ne veut le reconnaître. L'Europe dans tout ça, c'est de la bibine, du pipi de chat, une légende unitaire absurde. Elle est inconsistante.


Nous en reparlerons. Pour l'instant, je vais tenter de penser à tout sauf à l'Europe.


Bonne soirée sous la lune grecque. Amicalement             Fred



Jean-François Vionnet 23/11/2010 12:18



Le libéralisme vit certainement son agonie, mais pour quelle modèle économique ?


Je ne sais pas ce qu'il adviendra, mais surement un nouveau modèle bien mieux pour le bonheur des gens.


Un utopiste qui croit que les gens peuvent encore faire leur bonheur.



Le Mousquetaire des Mots 23/11/2010 21:19



Pour vivre heureux, vivons éloigné de la modernité. Autrement dit, il faut migrer sur une autre planète ou dans des contrées si éloignées que le progrès est
encore ignoré (enfin, encore à peu près).



barovin 23/11/2010 07:45




L'Irlande était le modèle incontournable du libéralisme


d'après les tenants du libéralisme à tout crin que sont la droite et le medef réunis. un exemple à suivre de dynamisme où la pression fiscale était quasiment nuelle et le droit du travail non
inscrit dans les moeurs. un paradis pour les spéculateurs de tout poil....Il risque d'être l'enfer pour ceux qui vivent de leur travail....




Le Mousquetaire des Mots 23/11/2010 21:18



Je reviens de chez toi. Un article bien court et sans fioriture mais d'une très grande évidence. Hélas, on ne peut que faire de tristes constats. Et demain,
à qui le tour ? On évoque le Portugal, l'Espagne, mais étrangement on ne cite surtout pas la France. Et pourtant, cela lui pend au nez.



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