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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 22:20

 

Le Monde  du 24 août reçoit trois invités dans ses colonnes. D2V, LJ et RD. Trois visions qu'il faut étudier à la loupe. La différence essentielle entre ces trois articles réside dans le fait que l'un des trois n'a jamais brigué de mandat électif alors que les deux autres, en revanche, ont franchi le pas avec aisance. Soit par conviction, soit par intérêt (mais le débat n'est pas là).

Lorsque je lis, je me fie généralement à ma première lecture. C'est donc mon instinct qui me dicte mon impression. Je n'en reste pas là car je peux me tromper. Alors je me penche à nouveau sur ce que j'ai lu, afin de mieux comprendre mon adhésion ou mon rejet. Rien de tel que l'éclairage linguistique pour confirmer ou infirmer mes impressions.

 

Trois opinions selon la sensibilité de chacun.

 

Se taire, c'est déjà être complice. Voilà un concept auquel je suis particulièrement sensible car il reflète ma pensée profonde. A lui seul il appelle à se poser des questions. Quand, bien sûr, on n'appartient pas au rang des extrémistes.  La phrase est simple, directe. Un peu plus loin, il écrit qu'il s'agit d'une dérive inacceptable, puis la rupture entre entre le sommet de l'état et la nation est en marche. vous direz qu'il y a là de la grandiloquence. Pas du tout. Ce ne sont que des constats, d'autant que la politique actuelle ne propose rien d'autre que de faire effectivement de nous ses complices. Ce n'est pas nous qui avons décidé de stigmatiser les Roms, de démanteler leurs camps, de les renvoyer dans leur pays d'origine, de les assimiler à la délinquance. On nous l'a imposée et pour le coup, malgré nous, nous sommes tous devenus des racistes primaires. Merci pour cette étiquette qu'on nous colle et dont l'opprobe rejaillit sur nous tous, sans distinction. Ce "devoir de refus" (sic) en appelle à notre morale, à l'esprit républicain, à notre fière devise. Il nous ramène à ce que nous sommes, pour la plupart d'entre nous, à la réalité du pays des Droits de l'Homme. C'est un appel au rassemblement sous les vraies couleurs de notre drapeau, symbole de notre unité. Car il s'agit là de faute morale, faute collective commise en notre nom (autrement dit, sans nous demander notre avis).

 

Le deuxième rédacteur défend tout d'abord le bilan de son gouvernement. Il reconnaît qu'il n'est pas parvenu à endiguer la violence et à ramener les banlieues dans les limites du raisonnable. Il n'en fait pas moins l'apologie de sa propre politique de sécurité. Il n'a pas tout à fait tort car des efforts avaient été consentis, notamment avec la police de proximité que l'actuel gouvernement s'est empressé de supprimer. Il n' a pas tort non plus quand quand il pose cette question : Pour le pouvoir,... l'objectif est-il moins de réduire l'insécurité que de l'exploiter ? En cela, et avec d'autres mots, il rejoint le premier rédacteur : il existe en effet plusieurs manières de dire des vérités. Et de conclure : La stratégie de la tension est dangereuse pour le pays. Contrairement au précédent article, il n'appelle pas au rassemblement et à la renaissance de l'esprit civique. Dommage car il est aveuglé par son esprit partisan et ne fait aucune proposition que je puisse retenir.

 

Le troisième rédacteur (une femme) est également animé par l'esprit partisan. Et c'est bien regrettable. Elle se contente surtout de tâcler l'opposition engluée  dans un conservatisme et des tabous idéologiques d'un autre âge. Et de citer des pays européens dont la politique est tout autre que la nôtre car ils savent endiguer et contrôler l'immigration.Seul ce gouvernement aurait pris la question à bras le corps, malgré des dérives, et ce ne seraient pas les propositions qui seraient malsaines, mais le débat qui s'en est suivi. Elle regrette que certains aient pu se laisser à un amalgame entre immigration et délinquance. Etrange phrase qui semble accuser son propre parti, mais sans le dénoncer vraiment. Je note qu'à la fin elle conclut en rappelant les méfaits du PS qui, selon elle, aurait vu partir les vrais défenseurs de la République.

 

Lorsqu'un sujet aussi périlleux que celui lancé quant à la délinquance des immigrés et que le discours est suivi d'effets immédiats, je rappelle que le débat devrait s'élever au-dessus de la mêlée, faire fi de tout esprit partisan. Apparemment, ceux qui prétendent donner des leçons sont quelquefois bien mal placés puisqu'ils ne peuvent s'empêcher d'écornifler leurs adversaires. Ils se rabaissent, hélas, au rang des promoteurs des idées toutes faites.

 

 

 

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Langage
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commentaires

mamadomi 30/08/2010 16:55



j'aime beaucoup ce ton, s'élever au-dessus de la mêlée, ne pas agir à l'emporte-pièce, et bien sur résister à la tentation de l'écorniflage, tellement facile et tellement peu profitable à
l'effort de transigence...de convergence, d'empathie, de partage des points de vue etc...


belle journée à toi



Le Mousquetaire des Mots 31/08/2010 20:43



Merci


 



La Bernache 26/08/2010 06:41



Cher Mousquetaire des mots , je vais faire court  ( d'ailleurs je te réponds sur mon blog )  Ils portent une lourde responsabilité car on ne peut ni ne doit cautionner d'une
façon servile les quatre volontés d'un autocrate ! le résultat n'est vraiement pas beau pour le pays ! amicalement à toi et à Félix



Le Mousquetaire des Mots 26/08/2010 16:44



Je reviens de chez toi, chère Blanche, et j'ai répondu à ta... réponse. Si sa splendeur était moins imbue de sa personne, s'il ne
se prenait pas pour ce qu'il n'est pas et s'il était un tantinet plus ouvert aux autres, nul doute que celui qui lui sert de pare-feu n'aurait pas à s'écraser et se la fermer. Il y a des gens qui
ne savent pas se tenir à leur place et sa splendeur en fait partie. D'où tous les problèmes actuels auquel le grand chambellan doit faire face, servir de para-tonnerre et calmer le jeu (en pure
perte généralement).



felix 25/08/2010 20:45



extrait d Monde ( lien chez Blanche ) 


.......


"VILLEPIN


Dominique de Villepin, lui, va encore plus loin dans sa tribune, parue dans Le Monde du mardi 24
août. Il y dénonce la "faute morale" du gouvernement et honnit cette "tache de honte sur notre drapeau". Usant d'une rhétorique gaullienne, le célèbre orateur de
l'ONU en appelle à "l'article premier de notre Constitution", assure que "se taire, c'est déjà être complice" et qu'il faut "marquer à sa façon son refus
de cette dérive inacceptable".


Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, et le secrétaire d'Etat au logement,Benoist Apparu, se sont empressés
de lui rappeler que Nicolas Sarkozy ne faisait qu'appliquer des textes votés alors qu'il était premier ministre. "Il est dans un total déni de réalité", estime M. Apparu,
tandis que M. Chatel se félicite de ne pas avoir, lui, "la mémoire courte".


C'est en effet la loi de 2006 sur l'immigration et l'intégration qui
a ouvert la porte à une plus grande sévérité envers les étrangers. Elle a restreint les conditions du regroupement familial et d'obtention d'une carte de séjour, supprimé les régularisations
automatiques prévues par la loi Chevènement de 1998 et simplifié les procédures de reconduite à la frontière. "


.....



Le Mousquetaire des Mots 26/08/2010 02:53



Bonsoir Félix,


J'ai lu cet article. Très intéressant et permettant à la mémoire d'être rafraîchie. Je n'en maintiens pas moins ce que j'ai suggéré ou affirmé dans mon
article. L'homme (au sens large du terme) n'est ni noir, ni blanc, mais gris. Et celui-là comme tous les autres. Il n'était que ministre et suivait les consignes du chef de l'état. Aujourd'hui,
c'est le président qui décide de tout (comme ses prédécesseurs) mais surtout il impose tout. Et il n'y a plus qu'à appliquer. En tout cas, c'est ce qui se dit de plus en plus souvent et de plus
en plus fort.



Pat59 25/08/2010 17:57



Bonsoir Fred,


Les mots mis comme cela dans un journal, comme tu le souligne sont sujets à interprétations. Je me doute des auteurs de chaque phrases, et certaines paroles sont dites non par conviction mais
plus par convoitise électorale ou pour plaire à son maitre du moment qui a le pouvoir, juste pour en avoir une miette.


La seule et vraie chose importante, c'est que c'est l'entièreté du peuple Français qui est jugé sur les actes et volonté, en vue d'élection surtout, d'une personne voir d'un petit groupe de
personne qui confondent charge de l'état et pouvoir personnel.


La seule chose qui pourrait nous sauver, c'est une levée de bouclier massive, et rejeter en bloc ces dérives voir à réclamer la démission de ce gouvernement et son chef par trop totalitaire.


Notre honneur et fierté passe par là, mais encore faut-il qu'il reste assez de personnes capables de défendre ces valeurs.


Amicalement


Pat



Le Mousquetaire des Mots 25/08/2010 19:51



Bonsoir Pat,


L'étrange dans cette affaire, c'est que le Monde, après avoir offert un espace pour ces gens de bien, sort tout aussitôt un article qui contredit
l'apparition d'au moins un article. va savoir ce qui passe par la tête des journalistes. N'empêche, je préfère le premier article aux deux autres car il vole bien plus haut. Il manie des idées
intéressantes et même si c'est calcul purement politique, il ouvre une voie médiane non négligeable. Sans doute, parce que cet homme-là n'a jamais encore brigué de mandat électif... Atendons,
septembre arrive à grands pas.



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