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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 19:58

 

A force de fouiner, on trouve. Apparemment les dernières révélations ne permettent plus au ministre mis en cause de tenter de se faire passer pour un martyr. Comme on le dit chez moi, il n'y a jamais de fumée sans feu. Et là, le feu, il l'a aux trousses. Le voilà obligé de reconnaître qu'il est bien intervenu dans l'affaire de la légion d'honneur de PdM. La belle affaire, me direz-vous. Il semblait tellement droit dans ses bottes, il parlait tellement de lynchage médiatique qu'on était prêts à lui accorder notre bénédiction et même jusqu'à maudire ces vilains croquants de journalistes de le prendre pour cible, de lui en vouloir personnellement et de vouloir le descendre en flèche. Et vlan, voilà la preuve qui vient troubler sa défense. Coincé de coincé. Obligé d'avouer, contrairement à tout ce qu'il affirmait auparavant, qu'il y était pour quelque chose. Dommage pour lui !  Cette lapidation médiatique qu'il dénonçait avec de tels accents de vérité nous auront émus jusqu'aux larmes au point qu'on était prêts à lui accorder le bon dieu sans confession et à maudire ces journaleux qui n'avaient de cesse de le traquer et démolir sa réputation d'homme intègre.

Un flop énorme, un scoop sans pareille, une vérité toute nue. Qui aimerait se voir ainsi descendu de belle manière, preuves à l'appui ? Personne bien évidemment ! Grillé de grillé. Mais pourquoi n'a-t-il pas remis sa démission pendant qu'il en était encore temps ? Il n'avait pas (mais était-ce bien lui ?) compté sans la tenacité des enquêteurs de l'ombre, qui ont la main longue et les indics indispensables. Voilà donc un homme défait qui ne peut plus qu'avouer qu'il a trempé la main dans un bain nauséabond. Tout lui retombe dessus malgré lui, malgré ses dénégations et ses tentatives d'émouvoir par le truchement de l'acharnement dont il semblait être la cible gratuite.  C'est bien triste car il s'agit avant tout d'un homme. Mais d'un homme politique, et c'est là où le bât blesse : le citoyen lambda attend des politiques qu'ils soient d'honnêtes hommes.

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Enquêtes
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commentaires

Florentin 04/09/2010 18:06



Tous pourris. Je me demande s'il y en a un à sauver. Mais on est faits aux pattes. Je me souviens de quelques scandales du même tabac quand la gauche était aux affaires. Quand on met un
bulletin dans l'urne, on se compromet déjà. Hélas !



Le Mousquetaire des Mots 05/09/2010 01:09



Il ne faudrait donc plus voter ? C'est pourtant encore le seul lien que l'on ait avec la démocratie. Au 19ème, un certain Claude Bernard, scientifique et
sénateur, se désespérait de la "légèreté" et des mensonges des politiques. Quelque cent quarante ans plus tard, rien n'a changé.



ledif trocas 04/09/2010 11:11



une question me titille:
s'il est vrai que tous les politiciens sont "pourris",
qu'attendons-NOUS pour leur reprendre le pouvoir que NOUS leur avons confié ou abandonné?



Le Mousquetaire des Mots 04/09/2010 14:40



Excellente question cher ami



ledif trocas 04/09/2010 11:03



et si nous étions anglais -ce qu'aux dieux ne plaise!- nous dirions:
WOERTH IS NOT THE WORST !
je n'aime pas l'anglais mais je ne recule devant aucun sacrifice pour faire un jeu de mots que personne(?) n'a encore osé.



Le Mousquetaire des Mots 04/09/2010 14:42



Toujours aussi plaisantin à ce que je constate. Et c'est réussi : tu m'as arraché un soubresaut de rire fou.


Je l'admets, tu ne recule devant aucun sacrifice, mais au moins ai-je l'avantage de saisir  l'astuce (malgré mes lacunes) alors qu'en grec  je suis
une bille (jamais étudié de près ou de loin)



Jean-François Vionnet 03/09/2010 15:59



Ca serait drole, si ce n'était pas triste, qu'on se foute de la gueule des français, et des électeurs de l'UMP, surtout ceux de la base.


Amitiés.



Le Mousquetaire des Mots 03/09/2010 23:57



Bonsoir Jean-François,


Dans le tragique, il y a du comique et l'inverse est également vrai. Ce qui est triste dans cette histoire, c'est effectivement que tout le monde est trompé.
Trompé par des apparences, cette tare congénitale de notre époque où seul le clinquant a droit de cité. Les politiques semblent tous être des hommes de conviction. Mais qui sont-ils vraiment ?
Sans doute l'homme privé est-il toujours quelqu'un de bien. Mais l'homme public, sous un couvert souverain, n'est jamais qu'un leurre qui oscille entre ses idées et la soif du pouvoir. Pas
étonnant que le "Tous pourris" soit aussi facilement éructé, d'un bord à l'autre et en sens inverse.


Le foutage de gueule, c'est d'avoir l'air d'être ceci plutôt que cela et, au fond, se foutre comme d'une guigne de tous ceux qui n'appartiennent pas au clan
auquel on appartient soi-même. Ca ressemble fâcheusement à la lutte des classes. Finalement, les électeurs se laissent piéger par le miroir aux alouettes que sont les promesses de campagne, la
grandiloquence, cet art de la communication mise en place par des "experts" dont c'est le métier. Pas étonnant que certains changent aussi facilement de bord. d'une certaine manière, la seule
conviction qu'ils ont, c'est qu'ils sont faits pour le pouvoir absolu et que les autres n'ont qu'à se taire.


Les hommes de pouvoir ne sont fidèles qu'à eux-mêmes et n'aiment que le pouvoir. Plus ils en ont, plus ils en veulent... Le mensonge n'est que l'un des
artifices qu'ils utilisent pour asseoir leur position.



GIHER 03/09/2010 07:43



Il avait également dit qu'il connaissait à peine De Maistre. Qu'il ne l'avait vu que deux ou trois fois. Les enquêtes montrent que c'est faux.


Derrière la façade qui se veut bien lisse, bien exemplaire, comme la République de Sarkozy, les citoyens lambda découvrent qu'il se passe de drôle de choses. Comme dit Julliard dans le nouvel
obs, l'affaire Bettencourt nous montre en " écorché" la réalité du monde sarkozien. Celui de l'argent , de ses réseaux, de ses échanges, de ses influences, de ses complaisances, de ses
magouilles. C'est accidentel. Sans le magnétophone illégal du majordome, les Français pourraient continuer à croire qu'ils vivent au pays de Candy



Le Mousquetaire des Mots 04/09/2010 00:12



Bonsoir Giher,


Le mensonge est un art communicatoire éprouvé. On peut donc dire tout et son contraire. Mais les mensonges sortent de leur bulle et éclaboussent toujours
ceux qui les profèrent. Je ne pense pas qu'on puisse attendre autre chose des politiques : le pouvoir est corrupteur et comme il enrichit, il doit être difficile de s'en passer. Ca fait un moment
que j'observe et que je note des phénomènes comportementaux stéréotypés. La communication est un art, elle est même la mère du mensonge. Quand on écoute les uns et les autres, on dirait bien
qu'ils sont sincères, mais tous leurs propos ne sont que calculs, se laisser aller en public à l'indignation et parler de lapidation médiatique, ça devrait être payant. Ce n'est que l'entêtement
de certains qui permet de lever le voile sur la turpitude de cette communication particulière. D'ailleurs, proférer des mensonges ne peut que précipiter l'enferrement de leurs auteurs. Si des
"vérités" viennent au grand jour, c'est déstabilisant. Il semble bien alors qu'il ne reste plus qu'à avouer tout en se dédouannant. En tout cas, c'est ce qui s'est passé. Je me demande jusqu'où
cette histoire va dégénérer...



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