Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 15:42

Voilà deux jours de manifs qui se succèdent et rien n'en ressort. Quel que soit le nombre de personnes descendues dans la rue, quels que soient les slogans hostiles à la réforme des retraites, rien n'en émerge qui soit positif. Seulement de la mauvaise foi et une surdité stupéfiante. Deux fois que l'on ne tient compte de rien, sinon de l'objectif fixé et entériné par le parlement. La semaine prochaine, ce sera au tour du sénat de rendre sa copie. Nulle illusion à avoir quant à la version qu'il donnera de cette réforme : le texte devra être voté comme au parlement puisque sa majesté a décidé une "longue" concertation, six mois pour réfléchir et dialoguer. Six mois, c'est vraiment le temps nécessaire effectivement, du moins du point de vue des prêcheurs réformistes. Pour le reste, le mépris affiché envers les salariés et les syndicats - qui ne représentent plus personne  à, force d'avoir fricoté avec le pouvoir - démontre bien que le passage en force est devenu la norme. Comme pour les autres réformes engagées et votées, bien sûr, à une large majorité. c'est vrai qu'en ce monde mené à la baguette, les opinions divergentes ne sont pas admises. Elles sont même clouées au pilori et quand, par hasard, des voix se font entendre au sein du parti majoritaire, quand par hasard elles osent se faire entendre par un vote contraire à la volonté royale, elles sont vite rappelées à l'ordre et si besoin s'en fait sentir, une seconde séance vient suppléer aux votes discordants afin de ramener le troupeau dans les limites imposées par le berger.

C'est ce qu'on appelle la démocratie appliquée selon un angle de vue étroit, pour ne pas nommer avec plus d'exactitude ces manipulations des représentations élues. Surtout ne pas oser un langage plus direct, ce serait messéant. Alors usons de périphrases discrètes mais claires.

Comment ne pas être découragés ? Comment ne pas éprouver de lassitude ? Et plus tard, comment ne pas éprouver de l'amertume ? A force de n'être pas écoutés, il faudra bien qu'un jour le couvercle scellé au plomb explose et chahute le bel ordonnancement imposé à tous.

Partager cet article

Repost 0
Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Réformes
commenter cet article

commentaires

Philippe 04/10/2010 16:23



On m'a dit qu'il était petit avec des talonette, mais je ne t'ai rien dit, hein ... ;)



Le Mousquetaire des Mots 04/10/2010 16:42



Ouh, ça, c'est mesquin...  (on n'est pas responsable de son physique, mais ce n'est pas une raison pour en faire des complexes. Passer au-dessus de ce
ressenti désagréable, cela s'appelle de la maturité). Non, effectivement, tu ne m'as rien dit.



Philippe 02/10/2010 15:32



oui mais y'en a un à l'Elysée, on n'a toujours pas mis la main dessus ...



Le Mousquetaire des Mots 02/10/2010 16:42



Ah oui ? Lequel ?



Philippe 01/10/2010 20:21



Ca va se durcir c'est sûr. Après on dira il y a le feu dans les banlieues et on se demandera pourquoi ...



Le Mousquetaire des Mots 02/10/2010 08:40



Bonjour Philippe,


Il y a toujours un feu à éteindre : les pyromanes - dont on sait que certains sont également pompiers... - s'y emploient



Lumieres contemporaines 26/09/2010 18:34



Bonsoir Fred,


La démocratie est une institution où les gens se déplacent pour voter un homme qui leur mènera la vie dure. Les gens le savent mais ils iront quand même voter pour lui. C'est une
institution où les gens ne se déplaceront pas pour voter et qui pleureront par la suite que la vie est dure. Ils savaient pourtant que cela serait ainsi mais ils n'ont rien fait. Donc en
attendant qu'une alternative autre que politique, puisse se dessiner un jour, la seule arme que disposent les citoyens pour le moment est le vote. Donc il faut s'en servir le jour J et utilement
ou accepter la situation.



Le Mousquetaire des Mots 27/09/2010 06:21



Bonjour Alex,


Je sais tout cela, surtout que la démocratie n'existe pas vraiment. J'incite cependant tout le monde à avoir un comportement civique. Le droit de vote a été
chèrement acquis, notamment pour les femmes. Abandonner ce droit reviendrait à dire que les acquis passés n'ont aucune valeur et que ceux qui se sont battus pour qu'ils soient mis en place l'ont
fait en vain. Le vote est le dernier rempart contre la tyrannie, ce serait criminel de le jeter derrière rhododendrons.


Une question : le vote utile existe-t-il ?



Blanche de Marseille 26/09/2010 10:03



L'écoeurement est TOTAL  et je conclus que CE Gouvernement sera entièrement responsable SI des événements grâves se produisent ! Je suis prise de haut-le coeur dès que je vois ou que
j'entends ce qui se passe ! TOUT UN PEUPLE demande instamment que soit pris en considération l'usure de la santé à des travaux pénibles , la dangerosité ( pompiers , police etc)  que soient
mis à contribution les Profits scandaleux qui continuent de plus belle , que Justice soit respectée ( elle est sous mainmise du Pouvoir )  et ce Peuple ne reçoit aucune considération ! Il
est traité par le mépris !!!  On sait où cela mène ...des gouvernances à la Pinochet  ( c'est le premier qui me vient à l'esprit mais la liste est longue des Citoyens broyés par
l'abjection de dictateurs ! )  La porte est de plus en plus ouverte à cette dérive ! je ne peux plus supporter ces mensonges débitès systématiquement , et abondament , par les médias à la
solde !!! Télé en tête !!!  J  'ACCUSE NS  D 'AVOIR OUVERT LA BOITE DE PANDORE sur le PIRE !!! Pardon cher Frédéric je m'énerve mais c'en est trop pour moi ! Amicalement



Le Mousquetaire des Mots 26/09/2010 13:09



Bonjour Blanche,


Il fait vraiment froid mais toi tu es bouillante. Pour moi, il n'y a pas que la pénibilité (encore faudrait-il s'entendre sur ce que sous-tend ce terme), il
y a des boulots apparemment "tranquilles" qui génèrent un stress important, d'autres comme celui des infirmières qui usent l'ossature et provoquent des douleurs intenses (je ne parlerai même pas
des travaux dans le bâtiment ou le génie, c'est tellement évident), bref, on reforme un nouveau sectarisme parce qu'on refuse de prendre en compte tous les facteurs susceptibles de créer de la
pénibilité. l'aspect catégoriel va encore créer des disparités et donc des tensions. Pour moi, tout boulot a quelque chose de pénible, qu'on l'admette ou non. Les politiques ont gardé l'atout
dans leur manche pour avoir l'air d'être à l'écoute. J'en veux pour preuve qu'ils ont retardé la mise à plat des régimes spéciaux pour lo'après 2012, tout simplement pour ne pas voir ces
catégories de travailleurs défiler avec les autres. Et tout le monde tombe dans le panneau. La réforme qui serait la mieux, de mon point de vue, serait d'apprendre aux gens à réfléchir tous
azimuts. Au lieu de cela, on dissèque chaque truc, ce qui crée de la rancoeur (tous des privilégiés, n'est-ce-pas ? Notamment les fonctionnaires, ces planqués de la république, engraissés par nos
impôts). Diviser pour régner... la devise a toujours cours.


Allez Blanche, ne t'énerve pas, conserve ton calme pour la suite. Accroche-toi à tes idées et ne perds pas de vue que chaque mot peut être
entendu.


Bon dimanche. Amicalement          Fred


 



Pat59 26/09/2010 08:36



Que te dire de plus sinon que cela va plus loin. Le traficotage sur le nombre de manifestants a fait dire ces phrases qui ne manquent pas de piquant ni d'air c'est le moins que l'on puisse dire :
" La plus faible participation que le 7 sept est du au fait que notre pédagogie porte ses fruits et que les Français comprennent le bien fondé de notre réforme (dixit :UMP)"


Alors là !!! Là !!!! Il faut oser ! en pleine tourmente, 3 millions de personnes dans les rues et sortir cette phrase...


Je suis écoeuré, au lieu de tirer les conséquences l'UMP retourne avec une mauvaise fois sans égal les résultats pour en faire une victoire... pour eux ! Bientôt ils vont dire que les Français
sont content de cette réforme... si, si, encore une semaine...


Que dire de nos politiciens d'opposition ? Ils avancent en crabe car ils ont un oeil rivé sur le calendrier et ont peur de se faire dépasser par un autre qui est dans son dos...


Chérèque CFDT ? Il a déjà le bénard sur les genoux et se penche en avant pour présenter l'orifice à Sarko en notre nom... Les autres idem mais plus discretement...


Bon, je rentre dans ma carapace et je vais commencer à hiberner... je sens que je ne ressortirait pas avant 2012...


Amitiés


Pat



Le Mousquetaire des Mots 26/09/2010 12:30



Bon jour Pat,


L'humeur se ressent des événements mais également du temps hivernal qui commence bien tôt alors qu'on n'est est seulement aux prémices de l'automne. Si
l'hiver est rigoureux, il fera sans doute bon d'aller marcher en rangs serrés pour se tenir chaud. Espérons qu'il y aura du bouillon cube à servir pour réchauffer les
entrailles...


Je crois que nous sommes tous estomaqués par le culot des commentaires suite à cette manif. Mais pouvait-on s'attendre à autre chose ? Tout est récupéré,
d'un côté comme de l'autre. C'est ce qui s'appelle le jeu des pouvoirs. Et ça, c'es éminemment politique. Il ne reste plus que la jeunesse, la crainte de tous les dirigeants et surtout le nôtre,
pour faire tout basculer. C'est aux anciens de les remuer et de leur faire comprendre les enjeux réels. Certains les ont déjà compris, mais pas tous. Dire que lors d'un passage d'une manif,
j'avais constaté de nombreux grands-pères venus soutenir les revendications, (c'était lors de manifs universitaires si mes souvenirs sont exacts) alors qu'ils n'étaient pas concernés. Venus par
solidarité. Un beau geste de leur part. Je me souviens également d'avoir aperçu des élus (ils portaient l'écharpe tricolore) sur les trottoirs (peut-être pas forcément pour être vus,
vraisemblablement pour apporter leur soutien). Un mélange hétéroclite que les gens qui défilaient ont apprécié.


Bref, sors tout de même avant 2012 : un + un a toujours fait 2.


Bon dimanche à vous deux. Amicalement            Fred



sylvie 25/09/2010 22:50



Constat amer, et juste. Mais finalement, devant le mépris et le cynisme affiché avec morgue, je continue. Y'a pas qu'en haut que l'on peut rester "droit dans ses bottes".


Et pas question de laisser qui que ce soit ch… dans les miennes !


 


Amitiés, et bonne soirée.



Le Mousquetaire des Mots 25/09/2010 23:26



Cette expression est passée, malgré son créateur, à la postérité directe. Plutôt amusant comme vestige, non ? Toute plaisanterie mise à part, tu as raison,
nos bottes doivent rester propres.


Bonne nuit



Florentin 25/09/2010 17:36



Malheureusement, le peuple ne peut se faire entendre que dans la violence, celle par exemple d'une grève générale prolongée et paralysante. Le système du partage des députés en
minoritaires et majoritaires au parlement est, en substance, anti-démocratique. Le chef des seconds a tous les pouvoirs, puisqu'aucune tête ne peut dépasser. Il gouverne sans partage. Le système
proportionnele serait plus juste, mais il peut rendre un pays ingouvernable. Alors, dans un cas comme dans l'aute, on est faits aux pattes. C'est là où se situe le découragement.



Le Mousquetaire des Mots 25/09/2010 23:23



Hélas, le mépris engendre toujours la violence. S'il persiste à faire la sourde oreille, ça ne promet rien de bon. J'ai toujours entendu dire que lorsque la
coupe est pleine, elle déborde. Quand la machine s'emballera, il y aura moins de cocoricos, mais ce sera trop tard. S'il abusait moins de la méthode Coué et si les élus n'abondaient pas si
volontiers dans son sens, il comprendrait peut-être qu'il fait fausse route. La réformite aigue est une forme d'obsession qui ressemble davantage à un caprice qu'à une volonté réelle. Un peu
comme un enfant gâté qui taperait du pied parce qu'on a refusé de céder à ses 36 volontés. Sans doute préfère-t-il passer pour quelqu'un de volontaire qui aura su faire avaler toutes les
couleuvres malgré les réticences et la mauvaise presse. Un moyen comme un autre de passer à la postérité, de marquer l'histoire ?



Présentation

  • : Le Mousquetaire des Mots
  • Le Mousquetaire des Mots
  • : Regard critique sur les mouvements du monde et impressions qui en découlent.
  • Contact

Recherche