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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 21:23

L'euro est chahuté ces derniers temps. Après avoir atteint des sommets tels que les exportations étaient plus difficiles, voilà qu'il ne cesse d'avoir des hauts minimes et des bas de plus en plus alarmants. L'europe tente de redresser la barre, mais à 27, c'est apparemment compliqué. La crise est l'une des causes, mais le pire vient de la mondialisation. Et que dire des spéculateurs qui épient l'état des finances des pays en difficulté pour mieux les expédier aux enfers ? Un sacré cocktail qui pourait bien faire tout exploser.

Voilà un moment que les économistes tirent la sonnette d'alarme, mais comme toujours, même s'ils élèvent le ton, l'écho qui leur est renvoyé n'est pas favorable. Il faut dire qu'on ne pense que finances et économie. Comme si le monde ne pouvait tourner qu'autour de ces deux pôles intimement liés. On ne pense que croissance alors qu'on est en récession. Je ne dirai pas que les états restent immobiles, non, ils se contentent des dogmes désormais bien établis. A savoir une croissance en difficulté mais qui ne peut que reprendre du poil de la bête.

L'Europe s'affole, se réunit, discute, tente de trouver une issue à cette spirale qui prend de l'ampleur et risque de l'engloutir. L'Europe n'est plus compétitive. les pays émergents la remplacent avantageusement : main d'oeuvre nombreuse et à bas coût, des marchés sur la planète entière, le désir de dominer le vieux continent et les Etats-Unis. Vers qui se tourner désormais ? Il ne reste rien ou presque de l'hégémonie européenne sur le continent africain. Ce n'est plus le temps des colonies et encore moins des empires.

La tentation protectionniste n'est pas exclure, même si l'on assure en haut lieu qu'il n'en est pas question. D'ailleurs, le voudrait-on qu'on ne le pourrait pas. Chaque pays est trop petit pour contrer à lui seul ces nouveaux géants dont le PIB va croissant car ils ont raflé toutes les industries qui faisaient la fortune des européens. La faiblesse de l'euro, cette monnaie voulue par les décideurs, pourrait bien flancher encore et représenter non plus une sécurité mais un handicap. Certains préconisent le retour aux monnaies nationales. L'erreur à ne pas commettre, surtout face aux tentatives de prise de possession par les spéculateurs des pays endettés. Il faut donc afficher une belle unité pour écarter la "bête". Alors nos professionnels de Bruxelles se serrent les coudes et affichent un optimisme de façade. Ils ont créé un fonds permanent afin de contrer les attaques des marchés sur les états les plus faibles. Voilà la nouvelle solidarité : si l'un coule, il entraîne tous les autres avec lui. En faisant front commun, les états opposent cette solidarité aux tentatives de déstabilisation financières. Le hic,  les 27 ne sont pas égaux et les disparités sont telles que les moins bien lotis rechignent à mettre la main au porte-monnaie. Cela signifie en effet plus d'austérité, des dépenses bridées, des subventions qui risquent d'alourdir la facture puisqu'elles seront supprimées. Sauront-ils vraiment s'imposer une diète rigoureuse ? L'avenir le dira.

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans Europe
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commentaires

Pangloss 24/12/2010 09:06



C'est la "retraite élastique" comme en 40 (on sait ce que ça a donné): les banques servent d'amortisseurs. Quand elles craquent, ce sont les banques centrales, puis les états, puis l'Europe et le
FMI. Et après? Pourvu qu'il existe une vie extra-terrestre, sinon on est foutus.



Le Mousquetaire des Mots 24/12/2010 17:25



Bonjour Pangloss,


Les banques craquent parce qu'elles ne détiennent plus de véritables fonds propres. Si tel était le cas, elles seraient plus regardante aux risques qu'elles
prennent avec l'argent de leurs clients (elles devraient rendre des comptes au centime près).


Pour la vie extra-terrestre, tu risques fort de prendre une gamelle : jusqu'à preuve du contraire, elle n'est qu'une utopie née dans l'imagination débridée
de quelques écrivains fous.


Bonne soirée de Noël (mais sans excès alimentaires ni alcooliques).



Florentin 20/12/2010 23:40



On est faits aux pattes. Comment, en effet, se défendre avec quelque chance de succès faces à tous ces pays à bas coûts salariaux et à protection sociale quasi-absente. C'est la lute
du boxeur de 50 kg contre le mastodonte de 90 kg. On peut se montrer un moment plus malin. Mais on ne peut faire longtemps illusion. On avait encore la supériortié des technologies. C'est de
moins en moins vrai. Il faut attendre la révolution des salariés chinois ou indiens, mais ce n'est pas pour demain, ni d'ailleurs pour après-demain.



Le Mousquetaire des Mots 24/12/2010 17:07



Allons, ne sois pas aussi pessimiste ! L'avenir, nul ne le connaît. Les salariés chinois ont protesté cette année et ils ont été augmentés. Normal, même si
le coût de la vie en Chine n'est pas comparable au nôtre.


Ce qui me fait rire, c'est la désillusion des commanditaires : Mattel, pour ne citer que lui, est oblige de rappeler les jouets produits en Chine. Comme
quoi, à trop vouloir gagner sur les salaires, on perd le bénéfice de la bonne façon. Ah, le savoir-faire... Irremplaçable. Et tant pis si les marges sont plus faiibles. Mieux vaut la qualité que
de la merde...



ALex 20/12/2010 20:30



Bonsoir Fred. Oui protectionnisme, un moment ou à un autre cela pourrait de mise. Certains comme Nicolas Dupont-Aignan proposent un retour à la monnaie nationale tout en gardant l'euro. Comment
par quel moyen ? A suivre...



Le Mousquetaire des Mots 21/12/2010 01:42



Bonsoir Alex,


Au départ, il fallait faire cohabiter les deux monnaies pour, peut-être, ensuite en arriver à un euro plus costaud qu'il ne l'est afin de mieux contrer les
attaques des marchés. Si chaque état n'avait pas été amené à tricher sur l'état de ses finances, il n'y aurait pas ce pendable tour de table pour sauver la mise à X état en faillitte. Si les
exigences de l'Europe  n'avaient pas été ce qu'elle sont, cette tricherie n'aurait pas eu lieu. En tout cas, quoi qu'il se fasse, on est dans une sacrée mouise...



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