Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 11:06

La course est bien partie. Les différents concurrents en rajoutent une couche, pour convaincre les hésitants, les abstentionnistes, les perdus d'avance. Bien évidemment, tout semble permis et notamment les attaques personnalisées  contre le rival de choix, d'un camp comme de l'autre. On ne le nomme pas, mais on abreuve son auditoire de critiques et de jugements à l'emporte-pièce. C'est de bonne guerre ? Pour certains, oui, pour moi, non et plus deux fois qu'une seule fois non.

Au lieu de viser son rival préféré  (de quelque camp qu'il soit) et d'en faire la cible de ses commentaires acides, il ferait mieux de se concentrer sur les préoccupations des électeurs. Non, ils ne sont pas inquiets pour leur sécurité, non, ils ne réclament pas qu'on boute hors sol les immigrés, non, ils ne sont pas aussi racistes et bouchés qu'on leur donne  si facilement à penser. Il devrait centrer ses efforts pour comprendre les attentes de la majorité dite silencieuse et qui se fait de plus en plus entendre. Car enfin qu'est-ce qui nous préoccupe le plus si ce n'est ce chômage grandissant et qui touche plus particulièrement notre jeunesse ? Mais pas que : l'augmentation déguisée des impôts sur le revenu grâce à un tour de passe-passe, les complémentaires de santé dont le coût pèse de plus en plus lourd, les loyers qui en prennent un coup, le pouvoir d'achat qui se réduit, l'éducation qui fout le camp, en peu de mots, l'avenir qui n'annonce rien de lumineux ou de libératoire, voilà ce qui est au centre des inquiétudes de ce peuple malmené, mal traité, ignoré des politiques, systématiquement sucé de partout et principalement au porte-monnaie.

Tout le monde parle de clivages. Encore un mot très français, dont on use et abuse. Le seul clivage existant, bien réel, c'est l'abîme qui sépare le peuple des politiques. Des politiques qui ne peuvent surtout pas saisir, parce que leur niveau de vie est au-delà de l'imaginable pour Monsieur Toutlemonde, les angoisses de parents qui se demandent s'ils vont pouvoir porter encore longtemps ces enfants en mal de travail et contraints d'en appeler à leurs géniteurs pour ne pas crever la dalle.

Dans ce monde où tout fout le camp, où la crainte du lendemain prend aux tripes, existe-t-il un individu qui saurait vraiment prendre le taureau par les cornes et proposer autre chose que ce libéralisme outrancier ? Anne ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Par Le Mousquetaire des Mots - Publié dans : critique - Communauté : Coup de gueule !
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