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Le problème de la concurence à l'intérieur du Marché Commun est un problème sérieux, est un problème grave. Seulement ce que je souhaiterais, c'est que ceux qui s'adressent, comme vous-même, aux industriels, aux commerçants, à ceux qui dirigent les communes, au lieu de leur dire, ça va mal, et c'est la faute du gouvernement, leur disent : Vous avez pendant 50 ans vécu à l'abri de protections inadmissibles. Pendant 50 ans, vous étiez tranquilles, chacun produisait sa petite affaire, sans savoir à quel prix de revient et la vendait tranquillement avec son petit bénéfice, il y avait de bonnes frontières douanières, il n'y avait aucune concurrence et le client français était traité comme un client qui était obligé de payer ce qu'on lui donnait au prix qu'on demandait. Nous vivrons, et l'économie française, et les industriels et les commerçants français doivent vivre désormais dans la préoccupation permanente. Il s'agit de se dire qu'ils sont toujours menacés par la concurrence, qu'il faut toujours qu'ils fassent mieux, qu'il faut toujours qu'ils produisent à meilleur compte, qu'ils vendent la meilleure marchandise au meilleur prix et que c'est ça la loi de la concurrence et la seule raison d'être du libéralisme. Car si ça n'est pas ça, je ne vois pas pourquoi on se livrerait à ce genre de spéculations et pourquoi on prendrait tous ces risques et tous ces ennuis. Nous serons donc en risque permanent. Et le gouvernement en est parfaitement conscient, son rôle est de diminuer ces risques, parfois, mais son rôle n'est certainement pas d'inviter les gens à la paresse en leur créant de nouvelles protections.
C'était en 1967 et c'était Georges Pompidou qui tenait ces propos. Nous avons là ce que représente, sur le fond, le libéralisme. On ne peut pas dire que ce soit enthousiasmant. Et personne ne s'étonne plus que tout aille mal. Ce système n'est pas français. Si mes souvenirs sont bons le libéralisme remonte au 17ème et ce sont les Hollandais qui l'ont mis en place.
Aujourd'hui, il ne s'agit plus du libéralisme de la première heure, mais d'un système néo libéral, devenu ultra-libéral. Un système à bout de souffle, exsangue, mais qui veut perdurer. La force de la mauvaise habitude en quelque sorte. Inclure le risque comme modus vivendi paraît déraisonnable, surtout à notre époque où toutes les données primitives ont disparu pour laisser place à des manières bien peu cordiales, où tout semble permis pour peu qu'on prétende amasser de l'argent plus qu'il n'en faut réellement pour vivre. On peut donc, sans trop se tromper, affirmer que le système actuel des échanges mérite d'être comparé à une jungle inextricable et dangereuse. Il faudra bien qu'un jour ou l'autre, on débroussaille car une forêt, pour se développer, a besoin de coupe-feux. Assainir cette forêt qui s'étouffe d'elle-même est de l'ordre de l'urgence absolue.
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