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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 19:47
Les arboriculteurs du sud-ouest manifestent. Non sans raison. Leur stratégie pour interpeler les pouvoirs publics a  consisté à répandre des tonnes de fruits, bloquant ainsi les entrées d'une grande surface. On sait en effet que la grande distribution casse les prix et revend au prix fort ce qu'elle a acheté une misère.
Fruits et légumes se porteraient sans doute mieux en ce royaume si l'on n'importait pas à bas coût des produits venus de l'étranger (ça vient même du Pérou dit-on). La colère des producteurs enfle, enfle et ils sont prêts à tout pour se faire entendre.
Pour ces ruraux, c'est la ruralité toute entière qui est menacée d'extinction. Espérons que leur appel sera entendu et qu'on moralisera les relations que la grande distribution entretient avec le monde rural.

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Published by Fred de Roux - dans phénomène de société
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commentaires

Pat59 29/08/2009 12:57

RE Fred,Je vais regarder après l'adresse, ou si tu l'as tu peux me la donner ?Je vais leur envoyer un petit courrier du coeur... qui va servir dans des endroits moins honorable je suppose. Mais je suis capable de le faire !Car, bien que je n'en parles pas souvent, c'est par des actes que j'agis, pas seulement pour brasser du vent et des mots.AmitiésPat

Fred de Roux 29/08/2009 19:49



J'ai trouvé un site et une adresse :

http://www.fdsea51.fr/Internet/Default.aspx. Sur ce site, dans la bannière horizontale, tu trouves un bouton Contact (je ne sais pas si c'est le meilleur moyen de discuter avec eux).

Groupe FDSEA 51 - Maison des Agriculteurs - 2, rue Léon Patoux - 51664 REIMS cedex

Je n'ai pas enquêté très loin, mais apparemment ce syndicat concerne bien l'agriculture et est originaire de la Marne.
A toi de voir si c'est intéressant ou non.

A la rubrique Espace Presse, j'ai trouvé ceci

Carole MEILLEUR Responsable Communication Groupe FDSEA 51
Tél. : 03.26.04.74.37
Portable : 06.08.35.90.55
E-mail : cmeilleur@fdsea51.fr

Je continue de chercher... Bonne soirée



Pat59 29/08/2009 07:10

Bonjour Fred,J'en reviens à ta réponse suite à mon commentaire préconisant de faire don de la nourriture aux oeuvres caritatives comme les resto's du coeur etc...A ton avis, jeter la nourriture sur le sol devant les grandes surfaces ou ailleurs c'est légal ?Ou je me porte en faux lorsque tu dis qu'il est illégal de faire don de sa production pour les agriculteurs ou autres, je n'en suis pas certain du tout.En effet, s'il est illégal de vendre à perte ou faire ce qu'ils font actuellement, il est tout à fait légal de faire des dons à des oeuvres caritatives reconnues, ceux-ci seraient dès lors des dons "en nature" au lieu de numéraire. Le tout est de le présenter dans les formes, faire un stand à la sortie des grandes surfaces, et faire venir les dites oeuvres qui en prendraient une partie dans leurs dépots et distribueraient directement à la sortie pour les plus démunis à la sortie des dites GS.Tout l'art réside dans la manière de le présenter dans les formes et cela ne poserait aucun problème. De plus une partie de ces dons seraient déductibles fiscalement !AmitiésPat

Fred de Roux 29/08/2009 09:55



Bonjour Pat,


 


Tu mets le doigt sur le point le plus crucial de ce type d'action : l'organisation parallèle avec les associations caritatives. C'est ce qu'il y a de plus délicat à mettre en place. Ce qui
signifie que les fédérations paysannes et organes syndicaux les représentant doivent accepter le principe.


Quand les gens sont en colère, ils se laissent emporter par elle et ne songent pas à se fédérer. Ils agissent au coup par coup et laissent déborder leur ressentiment par des actions ponctuelles
fortes.


Qui va contacter la FSDEA ?



Tibicine 28/08/2009 18:25

J'espère qu'ils vont nous faire une grosse colère, mais une très grosse! J'ai connu les Leclerc père et fils. Ils venaient dans un cabaret où je chantais à paris. Ils ne venaient jamais seuls ; tu vois ce que je veux dire...Ces gens-là, ont la tête comme des melons et représentent l'ère Tapie qui t'en mettent plein la vue avec leur oseille quand on sait qu'ils imposent des 3/4 temps aux caissières à qui ils versent 900€, alors qu'ils en dépensent 4 fois le montant pour se faire valoir dans une soirée avec champagne! Et encore je suis gentille...L'indécence totale! C'est simple, tu vas dans un supermarché, t'as pratiquement plus de légumes et fruits français! Si les gens se mobilisaient aussi, s'ils comprenaient qu'en achetant chez les petits commerçants, c'est pour leur avenir qu'ils font un geste aussi...Pardonne-moi, mais des fois, je m'dis que la connerie est le pire des virus...Coluche nous le disait : "On est cerné par les cons mais on se rend pas compte à quel point!"...à méditer l'ami...à bientôt, Tibi

Fred de Roux 28/08/2009 19:02



Ca râle de partout. A lyon, des paysans sont venus cette semaine répandre du fumier sur la place de l'hôtel de ville. Ma fille qui passait par là m'a dit que ça empestait vraiment. Pour elle, ces
odeurs ne la dérangent pas à la campagne (elle été habituée dès son plus jeune âge), en revanche, en ville, cela la dégoûte. Moi, ça me fait rire. Ben oui. Je trouve que cette idée est bonne :
venir en plein centre ville épandre le purin, ça remet les naseaux en contact avec la vraie nature. Surtout que les citadins n'aiment guère voir débarquer chez eux ces péquenots mal dégrossis.
D'autant qu'ils avaient auparavant investi la place Bellecour pour y déverser des tonnes de fruits, tout en bloquant les accès par des tracteurs.
Pour que des ruraux descendent dans une grande ville, il faut vraiment qu'ils en aient ras le bol. C'est bien qu'ils manifestent : cela bouscule les habitudes et l'atonie des gens des villes.
Je me demande si une seule région de France a échappé à ces manifs coléreuses... (je ne parviens pas à tout suivre, tout va si vite et les médias ne relaient pas forcément les actions. Coluche
avait raison. S'il était encore vivant, je pense qu'il nous dégrossirait tout ça en nous faisant rire, mais également en nous faisant prendre conscience que trop c'est trop.



Tisserande 28/08/2009 13:49

Pour Pat... les agriculteurs le font! Evidemment la tv ne le montre pas, ils préférent montrer (peut-être de vieilles images!) montrer le négatif! Dans ma région, vient d'être décidé par une association d'agriculteurs indépendants de la FDSEA ayant par ailleurs reçu le soutien de la confédération paysanne, des actions à durée indéterminée pour distribuer du lait gratuitement devant les super marché. Mais sera-ce efficace ?

Fred de Roux 28/08/2009 18:07


Bonsoir Tisserande,


Tu ne voudrais tout de même pas que des reporters osent filmer ces réalités solidaires. La solidarité, ce n'est pas dans l'air du temps.  Si tu lis ma réponse à Pat (que je viens seulement
de poster pour cause de réseau overbloguien rétif hier au soir), tu verras - mais sans doute le sais-tu déjà - qu'il est illégal de donner de ses produits. Ces producteurs sont courageux car ils
enfreignent un consensus largement acdepté : tout se vend, rien n'est gratuit.
Ces actions, si elles ne sont que ponctuelles, feront couler l'encre des journaux le temps de... Si elles se mettent à durer, on pourrait penser qu'on n'en entendra plus parler. Mais ce sera le
contraire car les grandes surfaces auront un tel manque à gagner qu'elles protesteront en haut lieu pour que ce "commerce" d'un genre nouveau soit interdit. Car enfin, l'argent appelant l'argent,
c'est impensable qu'elles acceptent sur la durée de regarder ce type d'action d'un oeil serein.
Je n'ouvre pas de pari, ce n'est pas mon genre, mais il reste à parier tout de même que ça fera du bruit. Donc, espérons que ces "laitiers" aient le cran et la volonté de les affronter pendant
assez longtemps pour que la population prenne enfin conscience que, dès qu'on se sent fort, on se croit tout permis (je ne parle pas des producteurs...), qu'il y a des lois immondes puisqu'elles
ne protègent pas les innocents (qui n'ont pas les mains pleine)s mais ceux qui savent s'en servir.



Pat59 27/08/2009 13:21

Bonjour Fred,Juste une petite idée comme cela, déverser les fruits et légumes devant les grandes surfaces, sur l'autoroute ou autres lieu en général aurait peut être un autre impact en faisant autrement.Je m'explique, se mettre devant les grandes surfaces et distribuer gratuitement ces mêmes fruits et légumes aux plus démunis, faire venir les associations tels "les resto's du coeur - le secours populaire - la croix rouge - l'armée du salut" et faire médiatiquement don d'une partie de ces nourritures en contestation, Non seulement, le public se sentirait solidaire et verrais d'un bon oeil le mouvement et agiraient solidairement avec eux !Dans ces périodes où il devient de plus en plus difficile de se nourrir, jeter de la nourriture de n'importe quelle manière me révulse jusque dans mes tréfonds.Ayant eu faim, m'étant et me sacrifiant sur tout pour le laisser à mes proches, je sais ce que c'est, seul celui qui n'a jamais eu a affronter ce désespoir reste insensible.Que pense la mère de famille qui n'a pas les moyens de faire un potage ou de donner un fruit necessaire à son enfant de voir cette nourriture jetée sur le sol ?Oui, pour soutenir les agriculteurs, non sur la méthode !AmitiésPat

Fred de Roux 28/08/2009 17:47



Je te colle ci-dessous le message que je voulais te faire parvenir aux alentours de minuit mais qui refusati de faire son office (sans doute dû à un problème chez OB, problème récurrent, au point
que je fais systématiquement des copier-coller car cela m'agace de recommencer.


Bonsoir Pat,


 


Je suis d'accord avec toi, ce serait mieux de donner que de jeter. Mais il y a un os : un paysan n'a pas le droit de donner, même à un orphelinat (je pense particulièrement à un "laitier" de
ma connaissance qui, ayant le droit de garder quelques vaches à la retraite, faisait des fromages pour sa consommation mais il en avait toujours trop. Il se cachait pour en offrir, ainsi que du
lait (rien ne doit être gratuit de nos jours, même par solidarité). Pour lui, jeter le trop plein de lait sur le tas de fumier, c'était impensable.


Je me demande si les restos du cœur et autres organismes venant en aide aux plus démunis pourraient accepter ces "dons".


 


De toute façon, pour proposer cette idée il faudrait connaître un réseau paysan, car on ne peut aller les trouver comme ça et leur dire : mettez-vous là, appelez les associations et leurs
bénévoles, donnez vos récoltes plutôt que de les jeter. Et il faut en plus convoquer la presse. Bref, toute une organisation...


Mais, je le répète, l'idée est bonne. Il faut donc creuser et voir si c'est réalisable.


 


Bonne soirée Pat et merci d'être venu répondre avec des suggestions en plus des commentaires.


 


A bientôt


 


Amicalement                 Fred



Moustic581 26/08/2009 20:09

Pourquoi les agriculteurs de fruits et légumes ne se chargeraient ils pas de la distribution ? En mettant les grandes surface hors jeu . A++

Fred de Roux 26/08/2009 21:27



Bonsoir Moustic,
C'est ce qu'ils veulent. Effectivement, en vendant directement leur sproduits, ils courcircuitent la grande distribution. Malheureusement, celle-ci est puissante : elle a rpis l'habitudfe de
faire els prix à son avantage et au détriment des producteurs. La culbute sentre le prix d'achat et le prix de vente peut être de 30 fois supérieure. Les marges bénéficiaires sont énormes. D'où
la colère en train de monter dans le monde rural qui dépérit pendant que les grandes surfaces s'enrichissent de manière honteuse et surtout sans aucun complexe. Le fric, ce n'est franchement pas
ragoûtant quand ça atteint des sommets de mépris. La question est : pourquoi quelques familles, toujours les mêmes, peuvent exercer leur pouvoir de façon aussi éhontée ? Quand on aura répondu à
cette question, le problème se résoudra. Cette réponse, je la connais, mais ce n'est pas à moi de la donner. C'est aux paysans de le dire. Et tant qu'ils ne sauront pas dénoncer les magouilles de
manière claire, ils se feront tondre.



kinou31-36 26/08/2009 16:57

Bonsoir. Je ne comprends pas pourquoi on importe des produits qui poussent en abondance chez nous. Parce qu'ils sont moins chers ?? Et bien, qu'est-ce que le gouvernement attend pour mettre son nez là-dedans , baisser les taxes et obliger les grandes surfaces à acheter les fruits et légumes aux producteurs au juste prix, hein ?? Il y a maintenant des exploitants agricoles qui s'installent aux abords des supermarchés et leurs bons produits font un tabac auprès des consommateurs.

Fred de Roux 26/08/2009 19:27



Certes, les producteurs font la nique aux grandes surfaces en se plantant auprès de ces enseignes. Mais sont-ils vraiment nombreux ceux qui s'arrêtent à leur banc et achètent leurs produits ?

Je ne sais pas si cela ferait changer la tendance au rabais que l'état s'en mêle. D'ailleurs, pour Bruxelles, il faut laisser libre cours à la concurrence. Je vois mal les politiques donner dans
la menace et faire admettre que nos seuls produits doivent être sur nos marchés. Il paraît que cela s'appelle du protectionnisme...



râleuse ex02468 26/08/2009 14:19

oui kaléi ce ne serait pas mal :!!!!!!, mais je me souviens d'un temps pas si lointain ,ou un journal que je lisais , a l'époque , et qui s'appelait 'l'huma'alertait le peuple en le mettant en garde contre cette grande distribution qui pour être avantageuse en ces temps ancestraux, allait devenir monopoliste et pratiquer des tarifs tout aussi monopolistes !!!!! et bien c'est fait, et a l'époque on disait des cocos qu'ils étaient ringards!!!!!maintenant il faut se défendre , et, oui, revenir aux marchés des villages avec ces petits distributeurs locaux, sera une solution, et accepter de payer le juste prix pour ces travailleurs de la terre,que l'on fait crever au profit de l'agro industrie !!!!!

Fred de Roux 26/08/2009 19:20



Bonsoir Râleuse,

Tu replace le débat au coeur du problème. D'un côté, en effet, les cocos qui grondaient, et mettaient en garde, de l'autre des consommateurs qui se précipitaient dans les grands surfaces. Ce sont
eux, c'est nous qui avons précipité la mort du petit commerce et du paysan. C'est donc à nous de changer de braquet, de faire un retour en arrière et de reprendre des habitudes plus humaines.
Reste que l'art d'induire des comportements se fait via la pub, mais également par la com du gouvernement (dois-je vous rappeler l'incident récent avec le ministre de l'EN ?). Qui va arrêter ces
méthodes ?



kaléi 26/08/2009 12:33

Moi je pense qu'en déposant des affichettes dans les magasins où seraient inscrit dessus:"savez vous que votre grande surface a payé deux fois moins cher ce légume à un agriculteur?"et bien le consommateur reflechirait à deux fois... Il prendrait conscience qu'il est une vache à lait!!Methode pas très catholique mais sûrement efficace.Le tout serait de ne pas se faire coincer et a jouer au chat et a la souris avec les chefs de rayons  idée de dessin tient! bizzz Kaléi

Fred de Roux 26/08/2009 19:13


Bonsoir Kaléi,

L'idée n'est pas mauvaise et la méthode est sensée. Quant à jouer au chat et à la souris entre les rayons, je ne m'y risquerais pas : il faut savoir courir plus vite que les vigiles.


Pascale 26/08/2009 08:05

Dur de changer les mentalités ? Côté consommateur, ce sera très facile. Nous ne demandons qu'à favoriser les producteurs. C'est surtout du côté de la grande distribution que ça coincera. Et quand on sait qu'Edouard Leclerc est un intime du Chef de l'Etat...

Fred de Roux 26/08/2009 19:08



Bonsoir Pascale,

Eh oui, le copinage est vecteur d'injustice. Le népotisme n'a-t-il pas toujours existé ? Il nous survivra, hélas !
As-tu remarqué que, dès qu'il y a du pognon, ces gens-là fricotent systématiquement ensemble ? Autrefois, il y avait les classes aujourd'hui, aujourd'hui il n'y a plus que le clinquant et ce
n'est pas réservé à une élite mais à ceux qui savent se positionner et écraser les pieds des autres. Donc, effectivement, si  nous consommateurs sommes prêts à changer, c'est le reste qui ne
suivra pas.



Tagazou 26/08/2009 07:11

Je veux bien que le rapport de force soit désavantageux pour les agriculteurs. Ici je peux aller directement acheter certains fruits et légumes auprès d'eux... mais les prix qu'ils pratiquent ne sont pas toujours incitatifs!

Fred de Roux 26/08/2009 18:59



Bonsoir Tagazou,

C'est vrai qu'ils peuvent paraître pratiquer des prix peu incitatifs. Je dirai à leur décharge, qu'ils se sont tapé tout le boulot et qu'en plus ils vendent, ce qui ajoute encore à leur travail.
Mais ceux qui achètent leurs produits (et là, il s'agit des centrales de distribution gérées par la grande distribution) le font tellement bas qu'ils les incitent à vendre plus cher qu'ils ne le
feraient s'ils n'étaient pas déjà exploités vilement.
Certes, ce n'est pas malin de leur part, mais ça peut se comprendre. Si un accord est signé pour qu'ils reçoivent le juste prix quand ils vendent aux centrales, il y a fort à parier qu'ils
vendront moins cher à la ferme. Il faut bien qu'ils vivent décemment, non ?



des pas perdus 26/08/2009 06:30

c'est tout un système à revoir

Fred de Roux 26/08/2009 07:03


Bonjour des Pas Perdus,

Eh oui, nous vivons dans une crise systémique, et pas seulement financière. C'est toute la chaîne de la production qu'il faut modifier et avant tout, changer les mentalités. Là, ça va être
dur...

Bonne journée


nalou 26/08/2009 02:47

C'est a espérer qu'ils seront écouté, c'est honteux de voir toutes ces exportations plus encore de voir comme s'est cultivé une vraie m.....e des fraises qui n'ont jamais vu la terre idem pour les tomates, et les ananas d'Amérique du sud les cultivateurs meurent tous de cancers merci les engrais et les pesticides ! j'espère bien que tout ça va bouger à la rentrée il y a de faire ....Bises nalou

Fred de Roux 26/08/2009 07:02



Bonjour Nalou,

Les fraises cultivées dans le sud-ouest (mais pas que dans cette région) par exemple ne le sont pas hors sol, mais les producteurs utilisent également des engrais chimiques. C'est tellement du
poison que la première récolte est jetée (si, si, c'est vrai, je l'ai constaté en Gironde). Idem pour les carottes en Normandie. En bord de mer, tu trouves des carottes jetées parce que toxiques.
Celles qui ne le sont pas, sont données aux cochons... A cause des pesticides. Or, quand on est en voisinage de la mer, la terre est encore du sable et il y a le varech, engrais naturel. Donc,
pourquoi utiliser des engrais chimiques alors qu'on pourrait en revenir à des engrais naturels et ainsi produire des fruits ou légumes non nocifs à la santé ?
Si l'on veut que ça change, il faut que le consommateur ne veuille pas des pommes bien luisantes, des carottes raides comme la justice, des patates  tordues et surtout il faut que le
producteur cesse d'inonder ses champs de poisons mortels (sais-tu que certains paysans sont morts sur leur tracteur en déversant les engrais artificiels, à cause des émanations ?)

Bonne journée



Tisserande 26/08/2009 00:19

L'idée de Renard avait été utilisée chez nous il y a quelques mois pour le lait; distribution à l'entrée du supermarché, les gens avaient été sensibilisés, on en avait parler dans les medias aussi. Je suis sûre que pour un agriculteur jeter sa production doit l'écoeurer; j'avais une collègue dont le mari agriculteur devait se débarasser des surplus de lait et ça l'écooeurait. Mais maintenant il y a des réflexions menées par tous ces paysans qui justement imagine des tas de nouveaux systèmes et circuits de production et ça n'est plus aussi marginal qu'il a quelques temps. Personnellement je ne passe plus au supermarché pour acheter ma viande, mais chez l'agriculteur du coin et j'en suis satisfaite. De plus en plus d'AMAP voient le jour; certains amis agriculteurs de mes amis n'ont pas eu à trop changer leurs méthodes car déjà ils étaient un peu marginaux dans leur profession et maintenant ils sont rejoints par d'autres. Bien sûr les paysans qui jettent et ceux qui créent de nouvelles voies ne sont pas les mêmes mais c'est clair qu'il existe une dynamique et c'est à nous consommateurs de les soutenir pour notre intérêt aussi; j'ai comme l'impression (à ce que j'en vois tous les jours) que c'est par eux que un changement dans les relations sociales peut naître, si investis qu'ils sont!

Fred de Roux 26/08/2009 06:51



Bonjour Tisserande,

Ton exemple est instructif : il démontre qu'il existe d'autres moyens que les circuits devenus classiques. L'inconvénient majeur aujourd'hui, c'est que ce n'est pas apprécié par ceux qui
bénéficient des meilleures marges. En outre, revenir à des échanges normaux signifie qu'il faut changer les mentalités, notamment celle (et là ça va être dur) qui consiste à tout acheter dans un
seul et même magasin. Nous avons tous participé à instaurer le mode actuel de la consommation car qui n'aurait pas apprécié de payer moins cher et surtout de n'avoir pas à courir d'un magasin à
un autre ? Si, au départ, l'idée était bonne, elle s'est pervertie rapidement puisque elle a été détournée de son but premier, les marges réalisées étant juteuses.
C'est en retrouvant des habitudes d'échanges perdues que le lien social se tissera à nouveau. Cela risque de prendre beaucoup de temps : on veut toujours payer le moins possible tout en obtenant
la même chose.



Lucien Aymard 25/08/2009 23:21

Re bonsoir Fred,Le problème des producteurs est assez complexe. Chez nous, en Roussillon, beaucoup de fruits et primeurs arrivent d'Espagne sur la plateforme d'expédition ferroviaire et le MIN de Perpignan où ils sont naturalisés français par quelques expéditeur qui font de l'argent avec ce trafic, mais pour se dédouaner, ils ramassent dans la campagne catalane la production des petits paysans qui ainsi n'ont pas à se déplacer. Le tout est expédié sur Rungis, l'Allemagne, la Belgique ... mais le problème, c'est que la production française est prise au même prix que l'espagnole, et le prix de revient n'est pas le même pour le paysan. D'autre part, la grande distribution locale importe directement d'Espagne et court circuite les producteurs catalans.Ainsi, un cercle vicieux s'établit et les seuls à faire du fric sont les super marchés et les expéditeurs, les paysans des deux pays sont grugés et obligés de s'admettre mutuellement.Les intermediaires, voilà l'os à détruire.AmicalementBéa et Lucien

Fred de Roux 26/08/2009 06:42



Bonjour Lucien,

Merci beaucoup de ces précisions qui apportent un éclairage supplémentaire à ce que je pensais. C'est une vérité première que de dire que la suppression des intermédiaires serait une vraie
bouffée d'air pour les producteurs.
Je te donne un exemple frappant qui ne concerne pas du tout l'alimentaire mais qui le rejoint idéalement. Les femmes aiment les bijoux, notamment les perles. Un individu de ma connaissance
importait directement des perles en provenance des Philippines, réalisait des colliers, bracelets et autres pendeloques. Aucun intermédiaire donc. Résultat : il vendait un collier 4000 francs
dans son magasin, alors qu'on achetait le même 15000 francs en bijouterie.
Les bijoux ne sont pas vitaux, en revanche l'alimentaire oui. Mais comparativement, sur les prix, ça parle tout seul.
Moralité : il faut en revenir au plus évident, donc le moins possible d'interlocuteurs d'un bout de la chaîne à l'autre.

Bonne journée          Fred



Renard 25/08/2009 22:10

Je crois qu'il serait plus simple de faire la liste de ce qui n'a pas besoin d'être moralisé dans notre économie..Ce que je regrette, c'st que ces fruits et légumes aient été répandus devant un supermarché, alors qu'il aurait été plus simple de les offrir à tous ceux qui n'ont même plus les moyens de les acheter à prix discount 

Fred de Roux 25/08/2009 23:24



Bonsoir Renard,

Je comprends cette réaction. Ceci dit, si dans l'absolu tu as raison, il faut quand même réaliser que ça n'aurait pas le même impact que de déverser leurs produits par terre. Va distribuer tes
légumes à ceux qui n'ont pas les moyens d'en acheter : personne n'en parlera. Malheureusement. Sauf si tu es le french doctor qui transporte du riz en Afrique sous l'oeil des caméras.
C'est vrai que c'est du gaspillage puisque des gens n'ont pas de quoi manger, mais la véritable honte en revient à ceux qui laissent dépérir une certaine frange de la popultaion et s'enrichir une
autre. Le politique ne peut entendre qu'une réponse politique et c'est ce que font ces producteurs qui perdent tout à cause de la concurrence instaurée par la grande distribution et les centrales
d'achat. Rappelle-toi quand ça bardait en outremer. Tout était beaucoup trop cher parce que tout venait de la métropole. C'était carrément des surtaxes. Le système, où que tu regardes, est
malade. Or rien n'est fait pour que ça change dans le bon sens. Il ne reste donc que la révolte et les gestes symboliques. Jusqu'au jour où le symbolique sera dépassé et là...



Pascale 25/08/2009 21:19

Ok, Fred. Moi, je veux bien. Mais alors, que l'on m'explique : comment se fait-il que les producteurs pratiquent les mêmes prix sur les marchés ? J'ai comparé les prix cet été et force a été de constater qu'il n'y avait aucune différence entre ceux pratiqués dans les grandes surfaces et les prix qu'imposaient le producteur au consommateur...

Fred de Roux 25/08/2009 21:51



Bonsoir Pascale,

J'ai noté la même chose. Cependant, si j'accepte de payer le prix "fort" au producteur c'est parce que non seulement c'est le fruit de son travail mais qu'en plus il fait le déplacement pour
vendre. Cela mérite donc un salaire décent. Ce que je reproche à la grande distribution c'est d'acheter trois fois rien et revendre dix fois plus. En outre, elle ruine ceux auxquels elle impose
des prix d'achat dérisoires.



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