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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 09:19
... pour exprimer notre ras-le-bol. En tant que dindons d'une farce géante, il est acquis que nous serons mangés, farcis ou non. Quoi, vous n'êtes pas d'accord ? Pourtant, regardez autour de vous : les multinationales se coulent dans le moule de la crise et au nom de la réorganisation, annoncent non seulement des fermetures, mais surtout des licenciements. Certes, avec en toile de fond, des plans de reclassement. mais ceux qui prennent en pleine poire l'annonce de la perte de leur travail se moquent bien de ces plans. Ils savent déjà qu'ils ne retrouveront pas de travail. Quand on a trente ans, voire davantage, dans une même boîte, on a atteint l'âge des seniors à quelque chose près. Alors se mettre en quête d'un boulot, aller de porte en porte se présenter, on sent tellement le gaz que c'est tout juste si on est reçu. Et quand on l'est, on sent tout de suite que le "réceptionniste" a déjà un point de vue défavorable à notre endroit. Voilà ce que sont ceux que la crise met au tapis : des pestiférés.
A l'heure des réformes, il en est une sous-jacente que personne n'évoque. C'est celle de la baisse des salaires. Le coût de la main d'oeuvre est trop élevé, donc on délocalise. Mais comme le roi veut absolument que ses serfs produisent sur ses terres, il faut bien truquer les dés. Celui qui va pointer est désormais tenu de ne rien refuser. Et tant pis s'il est sur-diplômé, compétent en diable grâce à son expérience, et si on l'oblige à partir loin de chez lui. Le tout est que les stats du chômage baissent (en ce moment, elles enflent, à croire qu'elles se veulent, à l'instar de la grenouille, aussi grosses que le boeuf). Compétent ou pas, expérimenté ou pas, le pointeur doit accepter un salaire bien inférieur à celui qu'il a perçu avant d'être licencié. A lui de se démerder pour vivre et faire vivre sa famille ! C'est ainsi qu'il est programmé pour revenir à un coût moindre de la main d'oeuvre. Ca n'est pas dit, mais c'est bien ce qui se cache derrière les emplois "forcés" proposés aux gueux du royaume. On appelle ça du "management" libéral : la plus grosse partie des bénefs dans la poche du patron, la portion congrue dans celle du salarié.
Pas étonnant donc que ça veuille défiler, seule protestation encore possible dans ce royaume aux abois.

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Published by Fred de Roux - dans actu
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commentaires

Pat59 01/05/2009 11:11

Je viens te visiter à mon tour, je viens de lire quelques uns de tes articles, que je trouve construits et pertinents.Etant sénior moi même, je trouve ton article très pertinent, car crise oblige malgré mon expérience, je vais bientôt rejoindre la liste ANPE...Je travaille dans le secteur automobile (sous traitance) en temps que comptable et bientôt notre firme va fermer pour aller...en Pologne.Et je ne me sens pas d'aller dans ce pays.Egalement, je te mets dans mes liens et viendrais te visiter

Fred de Roux 01/05/2009 12:13



Bonjour Pat, et merci à Olive de m'avoir fait te connaître. Je vois que tu es au coeur du problème et je comprends que tu ne te sentes pas de migrer vers l'Est. J'aurais préféré que mon article
ne t'atteigne pas, c'est toujours triste d'apprendre que des gens se retrouvent sur le carreau à cause d'une logique comptable. Drôle de monde tout de même qui profite d'une conjoncture
défavorable pour créer de nouveaux laissés pour compte. Si seulement nous pouvions changer ce monde...



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