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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 14:43

Enfin !

Eh oui, sans préambule, sans transition, sans toute cette politesse maladive dont s'entourent les relations sociales de peur de froisser la susceptibilité maladive des humains, je le dis : Enfin ! La situation est débloquée, je travaille, et mon esprit est à nouveau enchaîné à ce labeur qui, du moins je l'espère, portera ses fruits.

Bonjour, madame ma mère. Cela faisait quelques temps que cette phrase, pourtant anodine, n'était revenue dans mes mails répétés à votre auguste personne. Je le dis donc, afin de rattraper cette erreur qui, si elle n'était pas fatale à cette enveloppe que je traîne de jour en jour, l'était tout du moins à l'état de ma conscience. Quelle conscience dites-vous ? En effet, ce mot convient assez peu à la voie tenue qui tente - je dis bien tente - de me ramener (ou de me mener tout court ?) dans ce que la populace, et nos chers hommes politiques - hommes politiques est un propos machiste en soi, mais qui est resté d'usage dans notre langue, preuve que l'égalité homme-femme est une vaste mascarade qui sert à apaiser la population - veulent nous montrer comme étant le droit chemin. Consommer. S'abrutir. Se laisser diriger par des fous ou, dans le meilleur des cas, par des escrocs. Je l'admets, certains sortent du lot, mais admettez que nabot premier, comme je me plais tant à l'appeler, cumule à la folie l'incompétence et la dangerosité d'une personne sachant influencer suffisamment son discours pour captiver les foules, ce qui me rappelle fâcheusement un certain moustachu.

Loin de ces propos séditieux, j'aimerais amener votre regard sur le fait que, quoi que l'on en dise, l'humour n'a aucun besoin d'être gras, comme il plaît tant aux français. Bien que celui-ci puisse avoir grâce quelques secondes à mes yeux et décrocher un sourire, il s’agit plus souvent de politesse hypocrite de ma part que d'un réel amusement, si ce n'est aux dépens du comique, ou plutôt pseudo-comique, car le comique dans le sens strict du terme demande une certaine recherche, chose dont le comique gras me semble malheureusement dépourvu. A celui-ci, je préfère l'humour - mais je suppose que vous l'aviez remarqué, tant votre perspicacité est grande - noir. En effet, l'humour noir nécessite cette capacité à marcher sur la ligne entre l'humour et le sordide, sans jamais tomber d'un coté ou de l'autre. Il y a là une recherche, inexistante dans l'humour gras, sur les sujets à aborder, les non-dits et les sous- entendus. Ainsi, ce frôlement de l'interdit, de ce qui ne doit pas être dit, permet de donner à l'humour une dimension bien plus cérébrale qui me convient mieux.

Sur ce, mes respects.

Votre fils

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Bonjour mon fils,

Votre missive mérite réponse.

Je constate que le mot "Enfin" est de mise : je vous sens soulagé d'enfin avoir du travail digne de vous. Il va de soi que ce job auquel vous vous consacrez cinq jours sur 7, à raison de 35 heures hebdomadaires, requiert de l'attention tant de votre part que de celle de vos employeurs. En effet, sans matière première vous ne sauriez aboutir au résultat attendu. La patience, mon fils, la patience, je vous le disais bien.

Je note que vos divagations sur la nature humaine sont toujours aussi sarcastiques et que vous ne ménagez ni le vocable ni le phrasé pour assassiner incontinent tout ce qui passe à portée de votre esprit critique.

Mais cette tournure d'esprit est contrebalancée par votre humour que vous qualifiez, à raison, de noir. Je ne vous imaginerais pas autrement que vous l'êtes, ce serait faire injure à vos sombres ratiocinations  Votre vision rejoint quelque peu celle de certains individus qui se font fort de secouer le joug de la pensée unique et éreintent volontiers les hommes politiques, quel que soit le moment que nous vivons. Autrefois, on les appelait des chansonniers (votre grand-père y avait goût car il aimait rire), aujourd'hui, on dit humoristes. Pourtant, l'humour, le leur, est grinçant et fort critique. En cela vous les rejoignez sans effort tant votre perception du monde est pessimiste.
 
Vous persévérez et c'est tant mieux car vous êtes dans le vrai. Hélas, vous devez vous sentir bien isolé au milieu de la foule des imbéciles qui ne songent qu'à se divertir afin d'oublier leur misère. Il en faudrait davantage des comme vous pour espérer voir se lever le brouillard de nos vies étriquées. Mais ce n'est pas demain que les matins seront clairs et retentiront de chants joyeux.

Certes, vous avez raison, mais consacrez donc le restant de votre journée à avancer votre travail. Il vous faut donner satisfaction à celui qui vous a accepté dans son entreprise.

Dites-moi, mon cher fils, ce matin j'ai tenté de vous faire parvenir un message mais il m'est revenu. Pourtant c'était de Gmail à Gmail. Incompréhensible donc. mais fi de tout cela, je vous souhaite une fin de règne en votre bureau, penché sur votre PC, les méninges turbinant à toute puissance pour revenir soulagé en notre demeure et goûter l'excellent repas que je vous aurai concocté en vous attendant.

Votre mère

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Published by Fred de Roux - dans fourre-tout
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