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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 15:44

Et pourtant.

Me voilà encore devant l'écran de gmail, l'esprit vide et la plume - ou du moins ce morceau de polymère qui la remplace, si ce n'est habilement, plutôt bien - à la main, ou plutôt sous les mains dans ce cas. Il semblerait que le monde, en sa personnification de la boîte où je travaille, ait décidé que l'attente devait meubler ma matinée, si ce n'est ma journée.

Courage, fuyons, l'esprit lui, ne peut être enchaîné ... ou le peut-il ? Il n'y a qu'à voir l'effet lénifiant des médias sur votre progéniture pour comprendre que même l'esprit peut être enchaîné, mis à mal dans sa liberté pourtant inscrite au plus profond de notre système social, par l'usage abusif que font les médias de ces programmes avilissants que sont les séries, émissions et autres délires popstariens - néologisme atroce s'il en est, mais je ne trouve rien de mieux que ce mot qui n'en est pas un pour qualifier cette horreur qu'est notre usine à fausses célébrités, machine à rêves affligeants et dangereux, illusion d'une possible échappatoire au quotidien ennuyeux qui tente de remplacer celle dont nous a doté la nature - l'imagination – qui finissent par transformer en ruminant l'esprit le plus éclairé.

Que dites-vous ? Hypocrisie ? En effet, il m'arrive de regarder certains des programmes que je critique plus haut. Je mentirais si j'affirmais, tel le scientifique, que je ne me prête à cela que pour tenter de comprendre pourquoi l'on peut se passionner ainsi pour le destin d'étrangers sans réel talent érigés comme des étoiles pour faire oublier à une population les réalités, enjeux et combats. Ceux-ci mêmes que les politiques aiment à tourner à leur avantage, alors que tout esprit un tant soit peu éclairé - chose rare grâce (ou à cause de ? tout dépend du point de vue) aux émissions suscitées - voit clair, et comprend qu'il ne se soucient pas le moins du monde d'autre chose que de l'approbation de cette masse de veaux ruminants qui compose la population qu'elles pourraient leur apporter. Le problème de l'immigration ? Des logements ? La délinquance ? Autant de sujets dont ils nous assurent qu'ils les préoccupent au plus haut point, mais qu'ils visualisent comme des gains de statistiques de votes, avant même de penser - et encore, uniquement pour les plus intègres - à la possibilité qu'il puisse y avoir un coté humain, une réalité.

J'emprunterai finalement une expression à ce philosophe contemporain de mes amis, Pierre B. :
"Profitons de la pluie avant qu'elle ne soit trop corrosive !"  Et j'ajouterai : comme ma plume.

Votre fils,

PS : Cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, mais HAIL TO THE BIG TEXT
BLOCK !

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Cher fils, 

Je constate une fois de plus que votre optimisme naturel prend le dessus sur tout autre considération philosophico-philosophique. Vous ne changerez donc jamais et regarderez la société à laquelle vous 
appartenez malgré vous d'un oeil toujours aussi critique. Certes, c'est une juste vue des choses, mais croyez-vous qu'à vilipender ainsi votre entourage et ses fonctionnalités bassement humaines vouschangerez quelque chose à ce monde bien peu ragoûtant ?

Oui, mon très cher fils, la déliquescence est de mise et notre société finissante s'en contente, préférant l'abrutissement à la réflexion. Pourquoi les pauvres hères dont la société est majoritairement composée ne se délecteraient-ils pas de ces œuvres de peu d'importance puisqu'elles leur permettent d'oublier le vide sidéral de leur existence et de la monotonie des jours qui passent ? Il faut bien se réjouir de quelque chose et comme le dit si bien le proverbe "Faute de grive, on mange du merle". Voilà toute l'explication de ce transformisme zombiaque qu'essuie la population.

Très cher fils, songez donc à plus joyeux et mirez vos  yeux dans les eaux profondes de votre intelligence sans égale. C'est là le seul conseil que je me sens en droit de vous octroyer car, certes, si l'inaction vous pèse, elle n'en est pas moins une part de vous et vous autorise à converser avec votre génitrice via l'internet. N'est-ce pas là un miracle adorable et qui justifie votre oisiveté présente ?

Passez, ô mon doux fils, les heures à venir à vous réjouir d'être à même d'établir des échanges avec votre mère car c'est un cadeau royal qui vous est fait malgré vous.

A ce soir donc !

Votre mère à laquelle il tarde de vous retrouver

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Published by Fred de Roux - dans fourre-tout
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