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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 19:42

C'était mon chat. Aujourd'hui, après 4 mois de soins pluri quotidiens, le véto a dû lui administrer une dose létale. Elle souffrait trop. Cancer. Chaque jour qui passait, j'espérais. Pour déchanter le lendemain. Les crises succédaient à des mieux transitoires. Je refusais l'évidence : le cancer évoluait, les remèdes étaient pires que le mal. Les nuits étaient entrecoupées de réveils intempestifs : Cachou vomissait, Cachou avait la diarrhée... A la fin, elle ne parvenait plus à sa litière et se laissait aller dans le couloir, la salle de bains, au salon, devant l'entrée de la cuisine... Elle me regardait de ses grands yeux pleins de douleur. J'étais sans pitié : j'ai mis quatre longs mois à faire l'ultime sacrifice. A mon grand regret. Je l'aimais. Elle m'accompagnait depuis 14 ans, elle était arrivée tout bébé, elle était drôle, tendre, câline et aussi très joueuse, voire coquine. Quand elle était très jeune et qu'elle montait sur mes genoux pour que je la cajoles, elle posait sa tête sur mon épaule, levait des yeux langoureux pour attirer mes caresses et mes flatteries. Elle avait mis toute sa confiance en moi. J'en ai pris soin sans qu'elle ait de problèmes. Et puis patatras, l'an dernier, je cours chez le véto qui diagnostique une gastrite. Premiers soins pendant trois jours. Re belote quelques semaines plus tard. A nouveau un traitement. De fil en aiguille, les visites chez le véto se sont rapprochées. Jusqu'à ce qu'on la soumette  à une endoscopie. Le verdict : cancer de l'estomac. Traitable. Deux ans d'espérance de vie. Le choc. Pendant les quatre mois qui ont précédé son euthanasie, j'ai fait tout ce qui m'a été demandé. J'ai même autorisé Cachou à dormir avec moi. Sa dernière nuit, ce vendredi, elle s'est coulée sous les couvertures. Elle me léchait les pieds. Puis a cessé ces cajoleries râpeuses. Ce matin, c'était le dernier. J'avais compris qu'elle méritait de ne plus souffrir. Elle avait tant maigri. Elle mangeait fort peu, quand elle en avait la force, ou quand ses intestins ne la faisaient pas souffrir. Lundi dernier, elle n'a rien mangé. En revanche elle n'a pas cessé de boire tout la journée. J'ai tout de suite pensé que ses reins (déjà atteints) ne fonctionnaient plus ou presque plus. J'ai donc pris rendez-vous malgré mon peu d'envie, tiraillé que j'étais par des pensées contraires. J'avais cru pouvoir la porter au moins jusqu'en mars. Peut-être même au-delà. Mais j'ai dû me rendre à l'évidence : elle n'en pouvait plus et ses regards prolongés de ses yeux tout ronds me suppliaient d'abréger son malheur.

Ce n'était peut-être qu'un chat mais sa présence embellissait mes moments de solitude. Aujourd'hui je l'ai laissée rejoindre le paradis des chats. Après l'injection létale, le véto a écouté son coeur. Très vite (à peine une minute), il a cessé de battre. Il ne pensait pas que son épuisement était aussi grand. Si je n'avais pas pris la décision d'abréger ses souffrances, elle serait morte deux ou trois jours plus tard.

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Published by Le Mousquetaire des Mots
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commentaires

Nikole 28/02/2017 14:51

Un billet qui me serre le coeur. La mort de nos animaux qu'on aime tant est une épreuve déjà quand elle est "normale" ... alors dans ces conditions ... Pensées compatissantes.

nesci marc 27/02/2017 13:52

Plein de tendresses ton geste ,j'ai vécu la même chose il y a 13 ans un 24 juillet 2004 et ça été très dur
Amitiés
marc

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