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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 16:17

Cet été, j'ai récupéré quelques épis de blé. J'apprécie les expériences et celle-là m'a inspiré une réflexion à laquelle je ne m'attendais surtout pas. J'ai décidé de regarder pousser du blé. Tout comme j'avais regardé pousser des haricots après en avoir planté les graines, sujet qui intéressaient fortement mes enfants qui en vérifiaient la croissance chaque jour. 

De retour chez moi, j'ai commencé à égrainer les épis. Pas une mince affaire. Il m'a fallu bien du temps pour trouver la bonne technique. Et beaucoup de temps pour les dégager de leur gangue. Ca paraissait simple, mais je peux vous assurer qu'il n'en est rien, parce que le grain est enveloppé de plusieurs couches protectrices. C'est précisément en dégagent les grains de blé qu'une pensée m'a traversé l'esprit. Autrefois, on battait les épis sur l'aire. Et puis il y avait les épis qui restaient dans les champs après la moisson et que venaient ramasser les indigents. De fil en aiguille, j'ai fini par découvrir qu'il en fallait des grains et des grains pour produire un kilo de farine. Combien ? je l'ignore. Certainement des milliers. Après les avoir extraits, il a fallu trier. Et là encore cette action requiert du temps, beaucoup de temps. J'ai imaginé ces gens qui récoltaient quelques épis et qui devaient faire ce travail fastidieux. Pour nourrir leurs enfants. La mécanisation de la moisson est encore récente. En ces temps reculés, on travaillait en groupe, en famille, tout le monde participait. Loin d'être une sinécure. Des heures et des heures de travail, jusqu'à la nuit tombée, avant de porter au moulin.

Nous avons oublié tout cela. Parce que nous vivons dans un monde où l'on trouve tout dans les magasins. Nous ne faisons quasiment plus rien pour nous nourrir. Aucun effort. Consommer est facile, tout est à portée de nos mains.

Je ne regarderai jamais plus un champ de blé que comme une peinture clairsemée de coquelicots et de bleuets. J'appartiens à la race des nantis. J'ai vraiment de la chance, même si la vie n'est pas toujours rose, d'être dans un monde où l'on mange à sa faim. En tout cas, chez nous, ici, en France. Les émeutes de la faim, en 2009, en Afrique, sont là pour démontrer que l'on peut crever comme des chiens au prétexte que l'Occident impose, via l'OMC, des cultures qui ne concernent pas ceux qui en ont la charge.  Si je regarde plus loin que le bout de mon nez, je ne peux que mesurer que mon sort est enviable, comparé à celui de millions d'autres individus exploités pour que le monde occidental se repaisse de leur travail.

Oui, un petit grain de blé peut permettre de revenir sur notre façon de vivre, nous faire prendre conscience combien le système en place depuis les colonies est injuste. Quand aurons-nous le courage de reconnaître nos erreurs et faire en sorte que tout cela change ?

 

 

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Published by Le Mousquetaire des Mots
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