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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 18:36

Cet été, j'ai récupéré quelques épis de blé. J'apprécie les expériences et celle-là m'a inspiré une réflexion à laquelle je ne m'attendais surtout pas. J'ai décidé de regarder pousser du blé. Tout comme j'avais regardé pousser des haricots après en avoir planté les graines, sujet qui intéressaient fortement mes enfants qui en vérifiaient la croissance chaque jour.

De retour chez moi, j'ai commencé à égrainer les épis. Pas une mince affaire. Il m'a fallu bien du temps pour trouver la bonne technique. Et beaucoup de temps pour les dégager de leur gangue. Ca paraissait simple, mais je peux vous assurer qu'il n'en est rien, parce que le grain est enveloppé de plusieurs couches protectrices. C'est précisément en dégagent les grains de blé qu'une pensée m'a traversé l'esprit. Autrefois, on battait les épis sur l'aire. Et puis il y avait les épis qui restaient dans les champs après la moisson et que venaient ramasser les indigents. De fil en aiguille, j'ai fini par découvrir qu'il en fallait des grains et des grains pour produire un kilo de farine. Combien ? je l'ignore. Certainement des milliers. Après les avoir extraits, il a fallu trier. Et là encore cette action requiert du temps, beaucoup de temps. J'ai imaginé ces gens qui récoltaient quelques épis et qui devaient faire ce travail fastidieux. Pour nourrir leurs enfants. La mécanisation de la moisson est encore récente. En ces temps reculés, on travaillait en groupe, en famille, tout le monde participait. Loin d'être une sinécure. Des heures et des heures de travail, jusqu'à la nuit tombée, avant de porter au moulin.

Nous avons oublié tout cela. Parce que nous vivons dans un monde où l'on trouve tout dans les magasins. Nous ne faisons quasiment plus rien pour nous nourrir. Aucun effort. Consommer est facile, tout est à portée de nos mains.

Je ne regarderai jamais plus un champ de blé que comme une peinture clairsemée de coquelicots et de bleuets. J'appartiens à la race des nantis. J'ai vraiment de la chance, même si la vie n'est pas toujours rose, d'être dans un monde où l'on mange à sa faim. En tout cas, chez nous, ici, en France. Les émeutes de la faim, en 2009, en Afrique, sont là pour démontrer que l'on peut crever comme des chiens au prétexte que l'Occident impose, via l'OMC, des cultures qui ne concernent pas ceux qui en ont la charge. Si je regarde plus loin que le bout de mon nez, je ne peux que mesurer que mon sort est enviable, comparé à celui de millions d'autres individus exploités pour que le monde occidental se repaisse de leur travail.

Oui, un petit grain de blé peut permettre de revenir sur notre façon de vivre, nous faire prendre conscience combien le système en place depuis les colonies est injuste. Quand aurons-nous le courage de reconnaître nos erreurs et faire en sorte que tout cela change ?

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Published by Le Mousquetaire des Mots
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commentaires

Blanche de Marseille 16/10/2014 11:37

J'ai beaucoup aimé cet article et combien tu as raison ! il m'inspire une réflexion que je me suis faite au cours des années , concernant la manipulation dont sont victime " les masses " dont je fais partie évidemment : histoire de nous diriger vers les plats tout-préparés ,achetés en grande surface , des architectes ont imaginés , il y a des décennies , les cuisines-confettis , minuscules , dans lesquelles il est extrêmement difficile de cuisiner justement - haro sur sur les grandes cuisines familiales ( sauf chez les très riches évidement qui peuvent faire bâtir comme ils veulent ) On s'aperçoit de plus en plus de la composition de ces plats et l'on ne s'étonne plus de tant de maladies qui accablent les gens aujourd'hui ...ma foi...c'est rentable ! et pour les pays dont tu parles qui souffrent de la faim ...les morts aussi sont très rentables ! Cher Mousquetaire des mots , je vais me balader à présent sur des blogs plus légers parce que je n'en peux plus de voir ce qui se passe partout dans le monde , de quoi péter un cable ! Toute mon amitié , tu sais combien j'apprécie ton blog :-)

Florentin 08/10/2014 18:13

Je fais partie de la génération qui a vécu les deux situations, le temps où la vie était dure et où il fallait se battre pour se nourrir, le temps aussi de l'abondance, de la consommation, de la facilité de vie. Bon, c'est vrai, tout le monde n'a pas la vie facile. mais, la culture de l'effort a, la plupart du temps, disparu ...

jfvionnet 07/10/2014 11:15

Mais on ne voit plus de bleuets, et les coquelicots sont rares dans les champs de blé d'aujourd'hui. Nos enfants ne verront pas les jolis paysages bucoliques de notre jeunesse. Tant pis ou tant mieux ? Amitiés.

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