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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 05:18

Ce n'est que du théâtre, mais c'est très parlant (Extrait de la pièce Le Diable Rouge de Antoine Rault, écrivain et dramaturge français). C'est d'un cynisme... qui ne déplairait pas à Machiavel.

Colbert : Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou...

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État..., lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les états font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en crée d'autres.

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c'est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d'un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches... Des français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutent d'être pauvres. C'est ceux-là que nous devons taxer encore plus, toujours plus ! Ceux-là, plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser... C'est un réservoir inépuisable.

Ca vous dit d'être qualifiés de "réservoir inépuisable" ? Moi non ! Cependant, rendons hommage à cet auteur qui a su rendre crédible une conversation tout droit sortie de son imagination.

 

 

 

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Published by Le Mousquetaire des Mots - dans langage
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commentaires

Florentin 25/06/2014 17:17

Du vécu. Un conversation qu'on aurait pu mettre dans la bouche de nos responsables actuels. Pour faire écho à mes tout derniers papiers, on nous prend vraiment pour des cons. Mais que faire ? Les vautours ont toujours été plus forts que les pigeons !

Le Mousquetaire des Mots 02/07/2014 15:50

Bonjour Florentin,
C'est vrai que les pigeons sont moins coriaces, mais quand ils se rassemblent, les vautours reculent. On l'a vu ces derniers mois quand pigeons, puis poussins ont fait caler les décisions gouvernementales. Sans compter les Bonnets Rouges... Des raisons d'espérer ?

les cafards 25/06/2014 12:16

et les banquiers se frottent les mains !

Le Mousquetaire des Mots 25/06/2014 15:34

Eux, ils n'oublient jamais les "bonnes" affaires.

Ségaline 24/06/2014 15:42

Intemporel. Hélas.

Le Mousquetaire des Mots 24/06/2014 20:51

Exact Ségaline,. Les temps passent, les hommes sont toujours là et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. L'argent-roi, il n'y a que ça. Du moins jusqu'à ce que la bulle dans laquelle on est enfermés éclate. Encore faut-il parvenir à la goutte de trop qui fait déborder le vase. A condition que l'apathie généralisée se dissolve.

Pangloss 24/06/2014 12:19

Réservoir inépuisable peut-être (quoique) mais certainement réservoir de plus en plus agaçé.

Le Mousquetaire des Mots 24/06/2014 20:48

Inépuisable, ton "quoique est révélateur" : il arrive toujours un moment où le ras-le-bol fait éclater l'acceptation imposée.

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